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KINESITHERAPIE
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Guy Postiaux |
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Centre Hospitalier Notre-Dame et Reine
Fabiola. |
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Ces dernières semaines, des informations
alarmistes qui concernent la kinésithérapie respiratoire dans la bronchiolite
du nourrisson ont agité le landerneau de la profession et interpellé parents
et médecins. A l'origine: la publication par le Centre Fédéral d'Expertise en
Soins de Santé - KCE d'un rapport relatant le caractère d'inutilité voire de
dangerosité de la kinésithérapie. Ce rapport objectif (quoique incomplet sur
certains détails) est établi à partir d'une revue de la littérature
internationale. ([1])
Ses conclusions rejoignent dans leurs grandes lignes deux mises au point
internationales bien connues, celle du Cincinnati Medical Group (2001) ([2]), et le rapport récent
de Carla Perotta dans |
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L'ambiguïté voire le malentendu actuel
résident en fait dans la définition même de la kinésithérapie. En effet, de
quelle kinésithérapie s'agit-il? Le rapport du KCE fait état de ces
différences, mais les articles de presse n'ont pas retenu cette distinction
fondamentale. |
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Une définition précise du contenu de la
kinésithérapie respiratoire à partir des approches historique, méthodologique
et scientifique est de nature à nuancer le propos sans prétendre à clore le
débat, si tant est qu'en science une question reste toujours ouverte. |
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A. Des appproches
historiques et géographiques différentes de |
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La kinésithérapie respiratoire a vu le jour dans le monde anglo-saxon
au début des années 1960 sous la forme de la "conventional Chest
Physiotherapy– cCPT" qui s’adressait aux grands enfants et adolescents
atteints de mucoviscidose. La méthodologie de la cCPT repose sur
l’association de percussions manuelles - clapping, drainage postural,
expirations forcées. Critiquable et considérée comme obsolète depuis 20 ans
dans notre pays, cette méthode fut néanmoins transposée au nourrisson
broncho-obstructif et considérée longtemps comme le Golden Standard de la
kinésithérapie anglo-saxonne. ([4]) Un nourrisson n'étant pas un adulte en
miniature, cette méthode pour le moins "énergique" est très mal
tolérée par les tout-petits. D'où sa mise à l'écart dans les publications
précitées. En raison donc du caractère inadapté de cette méthode, de sa
transposition non justifiée au nourrisson broncho-obstructif et de l'absence
de résultats, on ne peut que souscrire à cette opinion négative. Cela n'est
donc pas nouveau! |
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En France au début des années 1970 une
autre approche empirique fut proposée sous l'appellation d'
"Accélération du Flux Expiratoire – AFE". ([5]) Cette méthode très
répandue en France utilise l'une des composantes de la kinésithérapie
anglaise, l'expiration forcée passive qui en présente donc les inconvénients.
Elle constituait cependant une étape innovante et courageuse. Cette technique
qui n'est pas validée, fait appel à des pressions thoraciques soudaines et
énergiques. La publication de Chalumeau rapportant des fractures de côtes
chez les petits concerne vraisemblablement cette technique puisqu'elle émane
d'une équipe parisienne. ([6]) Datant de 2002, cette
étude est confortée par une publication récente de Chanelière (2006). |
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Là encore rien de nouveau. |
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Il convient donc de relativiser le caractère
événementiel de la publication du KCE et des articles de presse afférents,
ces éléments étant connus des professionnels, ce qui explique aussi leur
émoi. |
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Car en Belgique, les kinésithérapeutes
se sont depuis longtemps démarqués de ces méthodes. Nous utilisons une
méthode plus douce et davantage conforme à la mécanique ventilatoire du petit
enfant. ([7]) Elle se fonde sur le
mode expiratoire lent au moyen d'une technique appelée
l’ "Expiration Lente Prolongée - ELPr" proposée par notre
groupe en 1994. ([8])
C'est elle qui fut retenue par la "Conférence de Consensus sur la prise
en charge de |
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B. De quels
arguments disposons-nous pour étayer une approche différentielle? |
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D'un point de vue technique, le
kinésithérapeute exerce une pression bi-manuelle lente
simultanément sur le thorax et l’abdomen lors de l'expiration. Une toux
réflexe lui est associée pour faire expectorer l'enfant. Les séances sont
courtes, d'une durée de 15 à 20 minutes et généralement précédées d'une administration
nébulisée de bronchodilatateurs lorsque ceux-ci sont prescrits par le
médecin. Retenant les caractéristiques anatomo - physiologiques du petit
enfant, cette méthode ne présente aucun caractère de dangerosité. Nous en
avons démontré l'efficacité et l'innocuité dans une publication récente
associant notre Centre Hospitalier Notre Dame et Reine Fabiola et le CHU de
Charleroi. ([12]) Le travail est guidé
par une auscultation pulmonaire soigneuse qui a montré son utilité chez le
tout petit enfant. ([13])
Elle atteste d'une
réduction significative de certains symptômes de l’obstruction bronchique
chez les nourrissons atteints de bronchiolite virale aiguë de gravité
modérée. Cependant, une étude randomisée et contrôlée demeure nécessaire pour
en démontrer l'efficacité certaine. Cette étude est en cours depuis deux
hivers dans notre Centre Hospitalier et montre des résultats préliminaires
prometteurs. |
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B. CONCLUSION |
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Les mouvements médiatiques récents
constituent donc une tempête dans un verre dont nous connaissions le contenu.
Il ne paraît actuellement pas justifié de ne pas recommander la
kinésithérapie "à la belge" dans la bronchiolite du nourrisson. Au
contraire et même s'il convient comme toujours de rester prudent dans nos
prévisions, les résultats préliminaires obtenus, les résultats cliniques
immédiats observés (reprise alimentaire, dyspnée moindre, auscultation
améliorée,…) constituent des éléments d'appréciation suffisants pour
conforter médecins et kinésithérapeutes à poursuivre cette kinésithérapie "à
la belge" qui ne présente aucun risque. Elle s'inscrit dans une relation
étroite entre le médecin prescripteur et le thérapeute et dans ce contexte
est source de sérieuses économies de santé en raison des nombreuses
hospitalisations ainsi évitées. Comme on le voit, de nombreux éléments
doivent être pris en compte et s'en tenir stricto sensu à la raideur des
exigences scientifiques actuelles (essais randomisés contrôlés), auxquels
j'adhère par ailleurs, risque de priver certains malades du bénéfice potentiel
d'un traitement. Il en va d'ailleurs ainsi pour de très nombreux traitements
médicaux. Absence d' "Evidence Based", ne signifie certainement pas
absence d'efficacité. J'espère que cette mise au point sera de nature à
rassurer les familles et les praticiens. |
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Guy Postiaux |
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Kinésithérapeute |
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Centre Hospitalier Notre-Dame et Reine
Fabiola |
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Charleroi. |
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[1] KCE
[2]
[3] Perrotta C, Ortiz Z,
Roque M. Chest physiotherapy for acute bronchiolitis in paediatric patients
between 0 and 24 months old. Cochrane Database Syst Rev 2005(2):CD004873.
[4]
Frownfelter
D. Chest Physical Therapy and pulmonary rehabilitation. Year Book Medical
Publishers, INC.
[5] Barthe
J., Catalano G., Delaunay JP. et al. Kinésithérapie respiratoire dans les
bronchiolites. Journal de Pédiatrie et de Puériculture 1988; 1:41-45.
[6] Chalumeau M,
Foix-L'Helias L, Scheinman P, et al. Rib fractures after
chest physiotherapy for bronchiolitis or pneumonia in infants. Pediatr Radiol. 2002,
32(9):644-7.
[7] Postiaux
G., Lens E. Proposition d'une kinésithérapie respiratoire confortée par
l'équation de Röhrer. Ann Kinésithér 1995;22,8:342-54.
[8] Postiaux
G.. Des techniques expiratoires lentes pour l'épuration des voies aériennes
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[9] Postiaux G. Quelles sont les techniques de
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[10] Stagnara J, Balagny E,
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Recommendations. Long text. Arch Pediatr 2001 Jan; 8 Suppl1:11S-23S.
[11] LIVRE gp De Boeck
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G, Dubois R, Marchand E, et al. Chest physiotherapy in infant bronchiolitis – a
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Lisboa. Fe. 2004. (abstract). Rev Mal Respir 2005 ; 22 :
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[13] Postiaux
G, Ladha K, Gillard C., et al. La kinésithérapie respiratoire du petit enfant
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