Hommage à Mr Mathias Gans
C’était il
y a 20 ans, le 21 mai 1985, Mr Mathias Gans nous quittait, laissant derrière
lui "l’univers des réflexothérapies manuelles" qu’il avait fait
découvrir à
Mathias
Gans était un homme, avant tout, passionné par son métier de
kinésithérapeute ; passion qu’il transmettait aussi bien à travers son
rôle d’enseignant à l’ISCAM que de directeur du Centre Médical Montgomery. Proche de ses élèves, de ses collègues, de
ses patients, il savait être exigeant tout en vous accompagnant dans la
difficulté ! Et, à l’époque, face aux médecins prescripteurs aussi bien
que face au monde scientifique, les difficultés ne manquaient pas !
Alors que
j’étais étudiante en 2e année de kinésithérapie, Mathias Gans m’a,
un jour, prise à part pour me parler longuement des réflexothérapies manuelles. M’intéressant déjà particulièrement à la
physiologie du système nerveux, je l’écoutai avec beaucoup d’attention. J’avoue qu’à l’époque, le doute sur la
question des mécanismes d’action des réflexothérapies manuelles ne m’a guère
laissée en paix ! C’est ainsi, qu’en plein cursus, je me suis formée dans
les techniques réflexes, profitant des cours organisés par Mathias Gans dont la
maîtrise de la langue allemande permettait l’invitation des spécialistes en la
matière ; ces techniques étant
utilisées de longue date en Allemagne.
Il faut dire que les éminents travaux d’auteurs tels que les Dr
Mackenzie et Kohlrausch, ont permis l’avènement de telles
thérapeutiques.
Passionnée
par mes formations et l’utilisation que je pouvais en faire en travaillant aux
côtés de Mathias Gans, je me suis intéressée à diverses pathologies pour lesquelles
les réflexothérapies manuelles semblaient spécifiquement appropriées. C’est donc dès 1983, que je commençai les
premiers travaux de recherche concernant leur application dans le cadre de
l’algoneurodystrophie (SDRC type I). C’est
à la suite de ces premières recherches que, littéralement propulsée par Mathias
Gans, j’ai présenté, dans le domaine, ma première communication de résultats
aux journées scientifiques de
Etant
devenue très proche de la famille Gans, j’avais appris ce que voulait dire "se
donner à son métier". Plus que
cela, il se donnait tout entier à cet art difficile de faire progresser ce en
quoi il croyait puisqu’il en voyait les effets, mais les moyens d’objectivation
de l’époque ne permettaient certainement pas de voir se profiler à l’horizon le
moindre espoir de validation.
Aujourd’hui,
les réflexothérapies manuelles sont toujours enseignées dans plusieurs pays
d’Europe (Belgique, France, Grande-Bretagne, Allemagne, Suède, …) ainsi qu’aux
Etats-Unis. Il est toujours très
difficile de réaliser une revue de littérature satisfaisante, d’une part parce
que peu de travaux sont publiés et d’autre part parce que le niveau de qualité
des protocoles de recherche laisse parfois à désirer. Les premières publications de qualité dans l’
European Journal of Pain ou encore les Archives de Pédiatrie devrait permettre,
d’enfin, poser un autre regard sur ces thérapeutiques mais aussi de mieux les
diffuser à travers l’Europe.
Fidèle à
ce que vous m’aviez demandé après votre terrible accident, Mathias Gans, je
poursuis mon chemin de vie avec les réflexothérapies manuelles, puisqu’un jour,
grâce à Vous, elles m’ont choisies et ne m’ont plus quitté ! Ainsi, pour
elles et pour Vous, dans le respect de la démarche scientifique, je continue à
mener les travaux de recherche nécessaires à leur validation. Permettez-moi de vous dire que mes étudiants
sont aussi un peu les vôtres ! Que certains d’entre eux poursuivent avec
moi, ce difficile "parcours du combattant" !
En
clôturant, je me permets de vous informer qu’un numéro spécial du Kiné 2000
sera consacré en hommage à Mr Gans. Je
fais donc un appel à communication pour ceux de ses collègues qui souhaiteraient
partager une partie de cette tranche de vie passée à ses côtés
(kinésithérapeutes de sa promotion, collaborateurs à
WARDAVOIR Helyett