Jacques Malabœuf, 246 pages, 50 illustrations,
16 x 24 cm, 39 €, Éditions Frison-Roche, Paris, 2003. ISBN 2-87671-401-9
Le titre annonce la couleur : il
s’agit d’une approche conceptuelle de l’école du dos. Le concept étant
musculaire, l’auteur nous apprend tout au long de l’ouvrage qu’il n’y a qu’une
seule solution pour faire céder toutes contractures, quelle qu’en soit
l’origine: l’étirement musculaire dans les conditions définies par Françoise Mézières.
Le fil rouge de ce livre est la prévention
secondaire : la correction. La prévention primaire y trouve également
ses droits.
Quatre parties distinctes forment un
tout :
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Des
notions élémentaires de physiologie et du concept Mézières. C’est la "mise
en bouche" en terme intelligibles pour le grand public.
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Une
deuxième partie est consacrée à la statique : debout, assis, couché.
Mais aussi des théories moins courantes mais intéressantes concernant
l’influence de la statique sur et par l’estomac, les intestins, les seins, les
membres et le cœur.
-
Les
activités physiques avec quelques très bonnes descriptions de réalités
concernant le sport.
-
La
quatrième partie traite de chapitres aussi divers que l’arthrose, les
conséquences des traumatismes, la conception du travail et des efforts,
l’alternance activité/repos, l’auto-correction et enfin des conseils
élémentaires d’hygiène alimentaire.
Les points forts :
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Le
non-initié en sort merveilleusement motivé à entretenir/augmenter sa mobilité
et le sédentaire à passer au sport tel que prescrit. Le kinésithérapeute peut
s’inspirer de ces mêmes clefs pour motiver des tiers. Le but essentiel de cet
ouvrage est ainsi atteint.
-
De
nombreuses réflexions qui, bien que démunies de toute base et/ou référence
scientifique, méritent absolument cette recherche/référence scientifique. Pour
n’en citer qu’une : les différentes positions couchées et l’impact du
concept sur le fonctionnement cardiaque.
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Une
danse linguistique ou le langage technique et la prose se font des courbettes.
Ceci va satisfaire le grand public, mais les professionnels y trouveront
également leur compte. Si le novice devait s’y perdre, un bon lexique le remet
sur le droit chemin.
Quelques regrets :
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Un
excès manifeste d’impératifs ou d’interdits pour une école du dos. Nous pensons
qu’elle est un lieu où l’on (re-)découvre le mot "varier" et où
"toujours" et "jamais" sont mal aimés du corps. Elle est
d’abord un terrain favorisant l’inspiration et l’apprentissage aux très
nombreuses variantes possibles pour
aider à rompre une monotonie ou pauvreté de gestes et de postures. Partant de
là, tout, ou presque, peut être autorisé.
-
L’auteur
cite à propos des "abdos" classiques que les kinésithérapeutes
"n’ont plus aucune excuse actuellement de n’avoir pas compris".
Et de surenchérir que les appliquer "c’est plus qu’une erreur, c’est une
faute". Nous exprimons ce même sentiment quant à l’absence totale des
connaissances neuroméningées dans cet ouvrage. Sur ce point, depuis bien
longtemps maintenant la science a remis en question le concept des chaînes
musculaires. Idem pour l’absence de prévention des incontinences et problèmes
du petit bassin lorsqu’on effectue des "abdos" …
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Pas
une référence à Janda qui a décrit les chaînes musculaires avant Mézières.
Jacques Malabœuf résume son état d’esprit dans
l’épilogue avec entre-autre: "Les conceptions classiques finissent par
imposer une vision tellement partielle des phénomènes que cela confine parfois
à l’aberration". Nous espérons que le concept Mézières n’est pas devenu un
classique.
Un manuel qui a le mérite de ne pas vous
laisser indifférent et qui pousse à la réflexion.
François Biebuyck