LA PRESENCE D’EVENTUELLES RELATIONS EXISTANT ENTRE
LES COURANTS DE RECUPERATION MUSCULAIRE ET LA SURVENUE DE DOMS DANS LES SUITES
D’UN EXERCICE ISOCINETIQUE EXCENTRIQUE MAXIMAL.
Auteur : Karim
SOLTANI
Promoteurs :
Prof. M. VANDERTHOMMEN et Prof. J.-L. CROISIER
(Département de Médecine Physique – Kinésithérapie et Réadaptation.
Université de Liège)
Pour ce faire, chaque sujet
effectue un exercice isocinétique excentrique (3 x 30 répétitions à 60°/sec)
unilatéral (membre inférieur dominant) d’intensité maximale et destiné
exclusivement aux muscles fléchisseurs du genou.
Les sujets bénéficient, après
l’épreuve de provocation, d’une période de récupération consistant, soit en une
séance d’électrostimulation musculaire (ES) susceptible de favoriser la
récupération, soit en un repos passif durant une période de temps égale à celle
de la stimulation électrique.
Chaque sujet effectue les deux
protocoles à 8 semaines d’intervalle et est donc soumis à deux reprises (avec
et sans électrostimulation) et de manière aléatoire à ce protocole
expérimental.
L’importance
des DOMS est évaluée par l’évolution de différents paramètres :
·
La
douleur, s’apprécie subjectivement par le score d’EVA et par la sensibilité nociceptive
à la pression au niveau des ischio-jambiers et des trapèzes. Ces tests sont
réalisés à différentes phases du protocole (pré-ex., post-ex., post-récup., J1,
J2, J3 et J7).
·
L’activité
sérique de CK, reflétant l’importance des lésions musculaires, est mesurée lors
des prélèvements sanguins réalisés en pré-ex., au J1, au J2, au J3 et au J7.
·
La
fonction musculaire, exprimée par les moments de force isocinétique maximaux
est explorée en modes concentrique et excentrique, à 60°/sec. Ces mesures
s’effectuent également à chaque phase du protocole.
Globalement,
tous les paramètres étudiés au cours de ce protocole expérimental (excepté les
pressions mesurées à l’aide du dolorimètre au niveau des ischio-jambiers non
sollicités (dolo I-J n sol) ainsi qu’au niveau des deux trapèzes (dolo T homol
et dolo T control)) présentent un profil d’évolution similaire. Par rapport aux
valeurs initiales, les variations maximales s’observent au J2 ou au J3 pour
chacun des paramètres.
Les scores d’EVA atteignent, au J2, 5,4 ± 2,2
et 6,2 ± 2,6 respectivement pour les protocoles ES et RP. Les pressions
reflétant le seuil de sensibilité nociceptive, mesurées au niveau des
ischio-jambiers à l’aide du dolorimètre, présentent également des valeurs
minimales au J2 : 28,1 ± 13,9 N/cm2 pour ES et 29,3 ± 12,1 N/cm2
pour RP.
L’activité sérique de CK atteint son maximum au
J3 : 47507 ± 19973 U.I./l pour ES et 75887 ± 41962 U.I./l pour RP.
La
chute des performances musculaires est maximale au J2 pour les deux protocoles
ES et RP : les MFM isocinétiques correspondent respectivement à 66,3 ±
24,1 % et 57,4 ± 26,5 % des valeurs initiales mesurées selon le mode
concentrique, et à 55,6 ± 16 % et 53,1 ± 19,4 % des valeurs initiales mesurées
en excentrique.
L’analyse
comparative des deux modalités de récupération (électrostimulée et passive)
fournit les informations suivantes :
·
Une
légère diminution du score d’EVA de post-ex. à post-récup. lors du protocole
ES. Cette tendance ne s’observe pas
lors du protocole RP.
·
Une
activité sérique de CK réduite lors du protocole ES par rapport au protocole RP
au J2 et au J3. Cette différence
approche le seuil significatif : p = 0,082 au J2 et p = 0,054 au J3.
En
conclusion, notre étude n’a pu montrer qu’une efficacité modérée du courant de
récupération musculaire dans les suites d’un effort musculaire excentrique
intense.
Deux
composantes peuvent expliquer l’efficacité de ce type de courant : d’une
part, son effet antalgique immédiat et d’autre part, son effet modulateur de la
réponse inflammatoire.
Nos
résultats mitigés peuvent s’expliquer par le fait que ces courants surviennent
après l’exercice et ne peuvent donc en aucun cas influencer les lésions
d’origine mécanique, déjà présentes. Ces dégâts sont d’une importance telle,
que les effets bénéfiques de l’électrostimulation neuromusculaire
n’apparaissent que de façon modérée.