C. FAYT (MD, PHD), A. BOUTIFLAT
(RPT)
Unité de recherche, Institut
d’Enseignement Supérieur Parnasse-Deux Alice, Avenue E. Mounier, 84, 1200
Bruxelles. E-mail : Cfayt@parnasse-deuxalice.edu
Cependant, l’homme dispose au moins
d’une autre source d’information sur son environnement : le son. Si l’on
sait que l’ouïe joue un rôle dans l’orientation spatiale, par contre l’impact
de stimuli sonores sur les processus d’équilibration est peu connu.
Cette expérience visait à étudier
l’influence du déplacement d’un son dans l’environnement du sujet sur
différents paramètres caractérisant son équilibre statique.
16 femmes et 16 hommes âgés de 17 à
23 ans (moy :19,6 ans) ont été soumis à des tests d’équilibre statique
bipodal, effectués les yeux ouverts et fermés, associés ou non à l’exposition à
un bruit blanc émis alternativement en avant et en arrière du sujet au moyen de
deux haut-parleurs. Cinq fréquences d’aller et retour du son entre les deux
haut-parleurs ont été utilisées: 0,1 - 0,2 - 0,5 - 1 - 2 Hz.
L’équilibre statique était évalué au
moyen d’une plate-forme standardisée à trois capteurs (SATEL). Les paramètres
calculés étaient la position moyenne du centre de pression (CP) en x et en y,
la longueur du statokinésigramme (somme des écarts entre les positions
successives échantillonnées du CP), la surface de l’ellipse reprenant 90 % des positions
échantillonnées du CP, le rapport longueur/surface, la vitesse moyenne de
déplacement du CP, et les
transformées rapides de Fourier (FFT) en x et en y permettant de classer les
oscillations posturales en fonction de leur fréquence.
La durée de chaque enregistrement
était de 25,6 sec et la fréquence d’échantillonnage de 80 Hz.
On observe un effet significatif de
la condition visuelle sur le paramètre surface : celle-ci est plus grande
lorsque le test est réalisé les yeux fermés.
On observe un effet significatif de
la condition sonore sur la longueur de déplacement du CP, la vitesse moyenne de
son déplacement et le rapport L/S : ils sont tous les trois plus petits en
présence du son, quelle que soit la fréquence de déplacement de celui-ci entre
les deux haut-parleurs. Aucun effet de la fréquence d’aller et retour du son
n’a été mis en évidence au niveau des FFT.
Les résultats confirment le rôle de
l’entrée visuelle sur la qualité de l’équilibration.
La condition sonore a un effet
propre : elle ralentit le déplacement du CP, sans modifier la surface. La
réduction de la vitesse des oscillations posturales en présence du son pourrait
être liée à une augmentation de tonus, elle-même à mettre en relation avec une
focalisation de l’attention du sujet sur le déplacement du son.
Il serait intéressant de tester des
sujets âgés chez qui on observe une détérioration de certains paramètres de
l’équilibre statique quand le test d’équilibration est couplé avec une tâche
requérant de l’attention.
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