Manual therapy
for neck disorders : a systematic review
A.R Gross, T.Kay, M.Honduras, C.
Goldsmith, T.Haines, P.Peloso, C.Kennedy, J.Hoving “Manual Therapy” (2002) 7(3),
131-149. Les problèmes de nuque sont très fréquemment
rencontrés dans notre pratique quotidienne. Ils peuvent être fortement
handicapants et coûtent cher à la société. Les auteurs ont analysé des études
randomisées (principalement de 1977 à 2001) pour déterminer les effets de la
thérapie manuelle sur la douleur et voir si elle améliore la fonction et la
satisfaction du patient adulte souffrant de cervicalgies associées ou non à
des céphalées et à des symptômes radiculaires. Les problèmes mécaniques
inclus dans les études sont les suivants : - problèmes cervicaux avec
céphalées cervico-géniques, - problèmes cervicaux de type
mécanique, - problèmes cervicaux de type
mécanique avec des signes et des symptômes radiculaires, - problèmes cervicaux associés à
un « wiplash », - problèmes cervicaux associés à
des changements dégénératifs. Sur les 173 articles sélectionnés
et analysés, 20 articles ont été retenus. Les études étaient très
hétérogènes, à savoir que les traitements étaient constitués de
mobilisations, de manipulations, d’électrothérapie, d’exercices actifs…Il est
toujours difficile de comparer « des pommes avec des poires » mais
les auteurs ont pu faire un choix. Les conclusions étaient les
suivantes. Les traitements constitués uniquement de mobilisations, de
manipulations, de manipulations/mobilisations voire même de massages n’ont
pas montré d’effets supérieurs aux groupes « placébo » ou aux
groupes « contrôle » des études analysées. Par contre, les
traitements « multimodaux » effectués en thérapie manuelle (mobilisation/manipulation
en combinaison avec des exercices et « éducation » des patients)
ont quant à eux montré un résultat supérieur en ce qui concerne la douleur et
la satisfaction du patient. Pour les problèmes de nuques avec céphalées, ces
mêmes traitements sous forme de thérapie manuelle ont montré une réduction de
la durée et du coût de la maladie, mais toujours, par rapport aux groupes
« contrôle » et à certaines autres formes de médecine physique
(électrothérapie) et au traitement « simple » sous forme de repos. Alors que ces résultats restent
non concluants, certaines lignes d’idées en ressortent. Pour les problèmes de
nuques avec ou sans céphalées, il apparaît plus bénéfique, pour augmenter la
satisfaction du patient et diminuer la douleur, d’effectuer un traitement en
thérapie manuelle avec des exercices spécifiques. Les manipulations ou les
mobilisations spécifiques seules apparaissent quant à elles moins adéquates.
Les traitements en thérapie manuelle n’apportent pas de satisfaction
suffisante sur un court terme et sur une petite fréquence de traitement. Dans les études analysées, les
auteurs ne remarquent pas de complications réversibles ou irréversibles dans
l’utilisation des manipulations (thrusts) cervicaux. Selon Gross et al.
(2002), le risque encouru par le patient lors d’une manipulation de la
colonne cervicale varie de 1 pour 3020 thrust en ce qui concerne les
complications mineures et de 1 pour 1.000.000 manipulations thrust pour les
complications majeures. Les risques n’ont pas été clairement mis en évidences
pour les mobilisations et les massages parce que les petites études
randomisées ne permettent pas de les détecter. Renaud HAGE
|