PRATIQUE
en
résistance progressive à l’élastique
José
Curraladas M.K.D.E.
94
Fontenay sous Bois – France
Mots
clés : Kinésithérapie active
Rééducation
Résistance progressive
Elastique
La kinésithérapie
active en résistance progressive à l’élastique est une technique de rééducation simple,
efficace et ludique. Elle ne nécessite aucune infrastructure particulière sinon
un point fixe pour certains exercices. Ce point fixe peut être simplement une
poignée de fenêtre, de porte, l’espalier ou un poteau quelconque. Son
encombrement est nul : il se transporte dans une poche de survêtement et
ne pèse que quelques grammes. La bande élastique s’adapte à toutes les
situations et permet de travailler tous les groupes musculaires et toutes les articulations dans n’importe
quel endroit, de la chambre stérile du greffé de moelle à la salle de
rééducation.
La bande élastique permet de respecter la physiologie
articulaire et les composantes de rotation des mouvements. Sa souplesse
d’utilisation par la résistance progressive à l’étirement et les multiples
possibilités d’accrochage, de boucle, de tension, de longueur, permettent
d’affiner la rééducation proprioceptive dans la phase de reprogrammation
neuro-motrice mais aussi d’éveiller précocement le sens proprioceptif des
membres ou segments de membres lésés. La bande élastique permet aussi le
travail en chaîne musculaire. Toutes les chaînes peuvent être travaillées à
différents niveaux de récupération et selon les possibilités du patient. En effet, beaucoup d’exercices peuvent
s’effectuer debout ce qui implique un travail postural par diffusion de
l’ensemble de la musculature pour maintenir la position érigée. C’est donc
un concept et un outil extraordinaire pour la kinésithérapie active.
L’élastique permet au thérapeute d’intervenir à tous les
stades du traitement :
En phase post-traumatique ou
post-opératoire :
pour une levée de sidération, un réveil musculaire. On utilisera des bandes de
faible résistance.
En phase de récupération articulaire
active : La
résistance de la bande devra laisser la possibilité au patient d’effectuer le mouvement
dans son amplitude maximale. Elle devra donc être de faible résistance.
En phase de remusculation : Les différentes résistances des
bandes élastiques permettent une progression dirigée par le thérapeute en
fonction de la douleur, de la récupération articulaire et des possibilités du
patient.
En phase de récupération articulaire
passive :
On utilisera des bandes de résistance moyene ou forte pour les exercices d’auto
posture ou de posture.
En
phase de reprogramation neuro-motrice : Les bandes élastiques permettent de
commencer très tôt le travail proprioceptif en décharge puis en charge. On
utilisera les résistances adaptées au segment de membre et à l’articulation
concernnée.
Dans les traitements de gymnastique
posturale, de rééducation rachidienne : L’élastique sera de faible résistance
car il est utilisé le plus souvent comme « dérivatif », c’est
l’aspect ludique. Le véritable travail sera en fait le maintient postural du
tronc et des membres. La bande élastique est de ce point de vue très intéressante
dans les traitements rachidiens des
enfants et adolescents.
Cette technique permet d’effectuer des exercices très
difficile a mettre en pratique autrefois ou qui nécéssitaient une
infrastructure importante (cage de poulithérapie). Nous allons voir quelques
exercices comparés ou la bande élastique simplifie au maximum le travail du
praticien rééducateur. L’ élastique ne permet pas, par
contre, de quantifier précisément la force de résistance à l’étirement du
patient. Mais avec les différentes couleurs correspondants aux
différentes force des bandes, cela permet de vérifier la progression
harmonieuse du traitement.
Les principes d’utilisation de la résistance progressive
active à l’élastique sont simples. Tous les exercices doivent être effectué dans
une position corrigée pour éviter les contraintes néfastes sur le rachis
ou les articulations sus et sous jacentes. Le mouvement doit être lent et
maintenu en fin de course. La résistance doit être adaptée aux possibilités du patient pour éviter une fatigue musculaire trop rapide ainsi que des inflammations
d’insertion. Attention ! sous une apparence
ludique et facile, la bande élastique est un véritable appareil de renforcement
musculaire et doit être utilisée comme tel.
Il faut bien-sur faire travailler progressivement le patient.
Au départ, utilisez une bande élastique d’une couleur correspondant à une
résistance pas trop importante pour pouvoir effectuer les mouvements sans
difficulté. Puis au fur et à mesure des séances vous pourrez changer de couleur
jusqu'à adopter la résistance qui convient à une progression sans douleur. Dans la phase de récupération des
amplitudes articulaires, il faut travailler avec des bandes de faibles
résistances de façon à ce que l’amplitude du mouvement soit la plus complète possible.
Le matériel utilisé est une bande élastique
plate en
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Fig. 1 |
Fig. 2 |
Voici quelques exemples d’exercices possibles en résistance
progressive à l’élastique, il en ecxiste des centaines d’autres.
Récupération de le force musculaire des extenseurs du poignet et des doigts.
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Assis, coudes fléchis et mains en opposition avec l’élastique en boucle autour des poignets. Effectuez l’abduction des deux avant-bras contre la résistance de la bande élastique. |
Travil des fléchisseurs du poignet et des doigts.
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Assis,
l’élastique est en point fixe avant et tenu dans la main. Le membre supérieur
est coude fléchi, l’avant-bras en supination. Effectuer la flexion des doigts
et du poignet en tirant sur l’élastique.
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Le
montage en poulithérapie était
beaucoup plus lourd a mettre en place. |
Libération
du passage sous acromial et prise de conscience corporelle.
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Assis, membre supérieur coude fléchi collé au corps.
L’élastique (de faible résistance) passe sous le coude et est en point fixe
supérieur. Pousser avec le coude dans l’élastique sans bouger le tronc.
Maintenir la position quelques secondes. C’est un exercice de prise de
conscience de l’abaissement de la tête humérale pour lequel on utilisera un
rétro contrôle visuel |
Travail des rotateurs externes de la gléno-humérale.
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Fig. Assis ou debout. La bande élastique est maintenue dans
les deux mains, coudes fléchis collés au corps. Tirer en rotation externe (le
travail simultané des deux membres supérieurs évite la compensation du tronc
lors de la rotation externe). La bande élastique sera de faible résistance
pour un travail de récupération des amplitudes articulaires. |
Stabilisation de la gléno-humérale après luxation.
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Fig.
Debout, bras collé au corps, coude fléchi avec la bande élastique en point
fixe latéral et maintenue dans la main.
A partir d’une rotation externe de la gléno-humérale, effectuer une
rotation interne contre la résistance de l’élastique. C’est un travail
spécifique pour les luxations récidivantes ou opérées. |
Récupération musculaire du genou.
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Fig.
Assis avec l’élastique sous le pied au sol
et qui passe sur le pied du membre inférieur a travailler (ou attaché
par une chevillère comme sur la figure). Effectuer une extension du genou en tirant sur la bande élastique. C’est un
travail concentrique en chaine ouverte du Quadriceps crural ou Quadratus
fémoris. La bande élastique sera placée au départ sous la tubérosité tibiale, puis on
augmentera le bras de levier progressivement en la déplaçant vers l’extrémité
inférieure de jambe |
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Un montage bien compliqué pour un geste si simple. |
Travail de renforcement des Ischio-Jambiers.
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Fig. Debout face à l’espalier avec la bande élastique en
point fixe avant et attachée autour de la cheville (elle passe dérrière le talon)
du membre inférieur a travailller. Effectuer une flexion de genou en tirant
contre la résistance de l’élastique. |
Prise de conscience corporelle du rachis en « auto-grandissement actif ».
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Fig.Décubitus, genoux fléchis, pieds au sol. L’élastique
est passé sur la tête et maintenu avec les deux mains. Tirer simultanément
avec les mains vers les pieds et
pousser avec la tête, en
maintenant un « double menton », dans l’élastique (exercice
« d’auto grandissement »). Cet exercice est très efficace pour les
petits muscles rachidiens comme le Transversaire épineux ou Rotator
multifidus même s’il paraît facile. |
Renforcement de la musculature du cou.
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Fig. Assis sur ballon de Klein avec la bande élastique
passée autour du crâne et maintenue par une main. Tirez sur l’élastique
en maintenant la rectitude du rachis
(travail isométrique). On effectuera successivement l’exercice avec le point
fixe avant, latéral droit et gauche. On
placera de préférence le patient devant un miroir pour un
rétro-control visuel. |
Gymnastique posturale chez l’adolescent.
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Fig.Position chevalier servant avec le tronc légèrement penché
en avant. La bande élastique est maintenue dans les deux mains. Tirer sur
l’élastique en effectuant une rétropulsion des deux membres supérieurs et en
serrant les omoplates. On changera régulièrement de membre inférieur d’appui. |
Renforcement des muscles du rachis.
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Fig. Debout en légère fente avant face au mur avec
l’élastique en point fixe avant et qui passe autour du talon du membre
inférieur arrière. Effectuer une
extension de hanche contre la résistance de la bande élastique. C’est un travail
de renforcemt des muscules spinaux par diffusion dysto-proximale. |
Travail du psoas et des abdominaux dans les lombalgies.
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passe en boucle sur l’extrémité inférieure de cuisse. Effectuer
une flexion de la hanche en ramenant le genou vers la poitrine contre la
résistance de la bande élastique. C’est un travail sélectif du Psoas iliaque
ou psoas iliacus qui joue un rôle important dans la stabilisation
antérieure du rachis lombaire. |
Conclusion.
La rééducation en résistance progressive à l’élastique est
un concept nouveau qui va permettre aux praticiens rééducateurs de diversifier
leur arsenal thérapeutique au quotidien. Avec sa souplesse d’utilisation et son
coût minime, la bande élastique permet de réaliser très simplement des
exercices de kinésithérapie active impossible a
effectuer avec du matériel « classique ». Pour la seconde année
consécutive, l’I.F.M.F. Lariboisière à Paris me permet d’apporter cet enseignement
aux étudiants de deuxième année. J’espère qu’il en sera de même pour les autres
écoles de kinésithérapie et que dans l’avenir, ce concept fera partie
intégrante du cursus de formation en masso-kinésithérapie.
Bibliographie.
J. Curraladas; Elastiques et
rééducation.
Kinésithérapie Scientifique.Février 1997
J. Curraladas ; La musculation à l’élastique.
Editions J.C. Paris 2001
F. Plas et E. Hagron ; Kinésithérapie Active 1 et 2.
Masson Paris 1979