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GROUPEMENT D’ISOCINETISME BELGE ET LUXEMBOURGEOIS. 5e Journée Belge
d’Isocinétisme Campus ERASME - Bruxelles
Isocinétisme et techniques d’évaluation de la fonction musculaire
Abstract
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INTÉRÊT DE L’EXERCICE
EXCENTRIQUE DANS LE TRAITEMENT DE L’ÉPICONDYLITE CHRONIQUE J.L. Croisier, M. Foidart-Dessalle, J.M. Crielaard, B. Forthomme Département de Médecine Physique
et Kinésithérapie-Réadaptation, Les tendinopathies représentent
une pathologie de surmenage fréquente, résultant particulièrement de tensions répétitives exercées sur le tissu tendineux au
cours de mouvements spécifiques. Les traitements conservateurs
classiques (réduction de l’activité ou repos strict, cryo- et
ultrasonothérapie, laser, électrothérapie antalgique, massage transverse
profond, acupuncture, injection de corticostéroïdes, ...) [1,2] demeurent «
passifs » et ne peuvent réellement modifier la structure histologique
tendineuse. Cette observation semble contradictoire avec une théorie étiopathogénique : une capacité de résistance tensionnelle
réduite exposerait le tendon à des contraintes extérieures provoquant des
micro-ruptures fibrillaires. La tendinopathie se développerait en raison d’un
déséquilibre entre les sollicitations imposées et la capacité de
cicatrisation du tendon. Cette conception justifie une adaptation nécessaire
du tissu tendineux, afin de le protéger et de réduire le caractère
fréquemment récidivant de la tendinopathie. Les résultats préliminaires de
Stanish et al. [3] ont suggéré l’effet bénéfique de protocoles excentriques
dans le traitement de la pathologie tendineuse. Cependant, les modalités
d’application proposées (simples exercices isotoniques sans contrôle de la
vitesse du mouvement ou de l’intensité de la contraction, durée du traitement
et fréquence d’application, etc.) ne semblaient pas optimales et
n’envisageaient l’exercice qu’au membre inférieur. La littérature ne rapporte pas, à
notre connaissance, l’application de programmes
excentriques adaptés à la prise en charge de l’épicondylite chronique. Après
des essais préliminaires encourageants portant sur différentes localisations
de tendinopathies chroniques [4,5], nous avons apprécié spécifiquement l’influence
d’entraînements isocinétiques excentriques adaptés à
l’atteinte épicondylienne (résultats soumis pour publication). L’exercice
proposé impose l’allongement répétitif de l’unité musculo-tendineuse, en
modulant trois paramètres : la longueur du complexe,
la vitesse du mouvement et la charge imposée. Les modalités initiales
prévoient une intensité de contraction faible (30 %
du maximum), une vitesse angulaire lente, selon une amplitude de mouvement
qui intègre progressivement l’allongement musculo-tendineux maximal (piste
externe). 92 patients présentant une épicondylite chronique (recul moyen : 8 mois) ont été inclus de façon aléatoire dans un
groupe contrôle (GC) ou un groupe entraîné (GE). Le GC a bénéficié d’un
traitement rééducatif conventionnel (cryothérapie, courant TENS, ultrasons,
MTP, étirements). En plus de ce programme classique, le GE s’est vu appliquer un entraînement isocinétique excentrique des
extenseurs du poignet et des supinateurs de l’avant-bras. Chaque patient a
bénéficié d’une évaluation des sensations douloureuses subjectives, d’un
questionnaire sur la symptomatologie lors du retour aux activités initiales,
d’une évaluation isocinétique des performances musculaires et d’un examen
échographique. Au terme du traitement, d’une durée de 20 à 30 séances (à
raison de 3 par semaine), les sensations douloureuses subjectives
apparaissaient préférentiellement réduites dans le GE comparativement au GC
(p < 0,001). Les performances musculaires maximales après traitement
restaient perturbées (différences bilatérales > 15 %) chez plus de 60 %
des sujets du GC et dans seulement 13 % des cas au
sein du GE. Lors de la reprise des activités, respectivement 74 % et 35 % du
GE et du GC décrivaient une disparition marquée ou complète des symptômes. Les
observations échographiques, portant sur l’échogénéicité et l’épaisseur
tendineuse (ainsi que la présence de fissurations
longitudinales et/ou de calcifications intratendineuses), ont également
démontré une évolution nettement plus favorable au sein du GE. Il nous paraît judicieux de
préciser que l’efficacité du traitement excentrique repose sur plusieurs
facteurs : un diagnostic positif précis, excluant la présence d’autres
lésions associées (intra-articulaires, neurologiques, …), la réelle
motivation du patient, qui devra bénéficier d’un traitement prolongé, une
application postérieure à la phase aiguë initiale : la phase de remodelage,
caractérisée par un accroissement des liens de collagène, apparaît plus
favorable, la présence de calcifications intra-tendineuses,
plus que l’existence de fissurations, complique le pronostic. Cette
observation confirme l’intérêt de la technique échographique afin d’orienter
le traitement et de situer le stade évolutif de la pathologie. En conclusion, nos résultats démontrent l’intérêt d’appliquer, complémentairement aux
techniques classiques, un programme excentrique adapté dans la prise en
charge de l’épicondylite chronique. Un traitement excentrique prolongé,
comportant une intensification progressive de la charge, de la vitesse et du
degré d’allongement, réduit significativement la symptomatologie douloureuse
lors de la reprise des activités physiques pré-lésionnelles. Références Whaley A.L., Baker
C.L. Lateral epicondylitis. Clin Sports Med 2004; 23 :677-691. Ollivierre CO, Nirschl RP. Tennis
elbow – current concepts of treatment and rehabilitation. Sports Med 1996;
22:133-9. Stanish WD, Rubinovich RM, Curwin
S. Eccentric exercise in chronic tendonitis. Clin Orthop Rel Res 1986;
208:65-8. Croisier JL, Forthomme B, Foidart-Dessalle
M, Godon B, Crielaard JM. Treatment of recurrent tendinitis by isokinetic
eccentric exercises. Isokinetics Exerc Sci 2001 ;
9:133-141. Croisier JL. Exploration
fondamentale et clinique de l’exercice isocinétique excentrique, Thèse d’Agrégation de l’Enseignement Supérieur, Faculté de
Médecine, Université de Liège, 2002. |