XXIVe Journée scientifique de l’AMISEK du
samedi 10 décembre 2005
CONTROVERSES EN CHIRURGIE ET
REEDUCATION DE
Chairmans :
Dr M. Jeanjot et M. Y. Xhardez - Président d’honneur : Dr M. Clemens
Auditoire
de l’Institut Supérieur d’Ergothérapie et de Kinésithérapie (Haute Ecole P.-H.
Spaak)
Dr Pierre
Maldague
La pathologie des entorses de la cheville est souvent mal
comprise et mal traitée.
Une bonne connaissance de l'anatomie ligamentaire permet de
comprendre le mode d'apparition des lésions et de préciser leur gravité.
Le diagnostic est essentiel. Il doit inclure une
stadification précise de l'entorse. Il commence par un interrogatoire complet à
propos des antécédents du patient, du mode de survenue et des circonstances de
l'accident. Il est suivi par un examen clinique systématique des deux colonnes
et de l'arrière pied pour finir par l'examen de la cheville. Dans les entorses
graves, la recherche d'une laxité est indispensable en urgence ou lors du
contrôle ultérieur à cinq jours. La radiographie est essentielle afin d'exclure
des lésions associées. Les clichés dynamiques permettent de confirmer la
présence d'une éventuelle laxité pathologique.
Le traitement doit toujours comprendre une période de mise
au repos afin de permettre une cicatrisation des lésions. Le non-respect de
cette règle est la première cause de retard d'évolution.
Les complications des entorses de la cheville sont
fréquentes. On distingue les complications des entorses externes proprement
dites, les lésions associées et les erreurs de diagnostic.
Les entorses externes peuvent notamment entraîner une
instabilité chronique, une synovite articulaire ou un conflit tissulaire
antéro-externe (impigement syndrome).
Un bilan insuffisant peut faire ignorer la présence de
lésions associées telles que fracture ou arrachement, lésion des fibulaires ou
du tibialis postérior, fracture du tubercule externe, lésions du tubercule
postérieur ou de l'os trigone et lésions ostéochondrales. Non diagnostiquées ces
lésions ralentiront l'évolution et risquent de laisser des séquelles à long
terme.
Enfin, tout traumatisme de la cheville ne conduit pas à une
entorse externe. Il faut savoir reconnaître et éviter une série de pièges.
Parmi ceux-ci, les entorses internes, les entorses calcanéo-cuboïdiennes ou la
rupture du tendon d'Achille. Ici aussi leur méconnaissance conduit souvent à
des complications plus ou moins sévères.
En conclusion, il n'y a pas qu'une forme d'entorse externe
et un seul mode de traitement. Le diagnostic et la prise en charge sont parfois
délicats. Ils réclament expérience et vigilance au quotidien.