DLM ET OSCILLATIONS PROFONDES
POUR UNE MEILLEURE
DÉCONGESTION DES ŒDÈMES ?
RÉSULTATS PRÉLIMINAIRES S. Theys Dr Kinésithér Clin Univ Godinne B – 5530 Yvoir Serge.theys@uclouvain INTRODUCTION
En présence d’un déficit lymphatique, le
drainage lymphatique manuel (DLM) est la première proposition thérapeutique.
Toutefois, ce massage a ses limites. En prévention, il ne réduit pas la
fréquence des lymphœdèmes secondaires au traitement du cancer du sein [1]. De
plus, une fois le lymphœdème développé, le DLM - seul - ne le réduira jamais [2]. Face à ces
constats, il peut y avoir deux réactions. Soit le DLM est à abandonner dans
les oubliettes de la paléokinésithérapie décongestive, soit il faut en revoir
les composants pour en améliorer les bénéfices. C’est dans cette dernière
optique qu’une étude a été entreprise. Partant du constat que seule une combinaison
thérapeutique peut améliorer la décongestion, un adjuvant au DLM a été
cherché. L’Hivamat® 200 (Physiomed
Elektromedizin™ ; Hutweide 10 ; D 91220
Schaittach/Laipersdorf ; info@physiomed.de) en fait partie. Son principe actif repose sur la production d’une
oscillation produite par un champ électrostatique pulsé. Ce phénomène n’agit
que sur le tissu conjonctif et n’est actif que par le mouvement d’une de ses
deux électrodes. Le déplacement de cette électrode peut s’obtenir de deux
manières : par glissement d’un applicateur ou par massage, les mains
gantées. Cette technique est le fruit de longs
travaux entrepris au début des années 1980 par Seidl et Walder [3]. Mais
depuis, il reste encore beaucoup de travail pour en valider les effets [4,5].
C’est ce qui a orienté notre question : est-ce que la combinaison du DLM
à des oscillations profondes améliore la décongestion des œdèmes ? MATÉRIEL ET MÉTHODE
L’étude s’est
ouverte à toutes les formes d’œdèmes chroniques. Y sont inclus des œdèmes
post-thrombotiques, des lymphœdèmes primaires, des lymphœdèmes secondaires.
Avec un peu moins de 30 sujets, il est trop tôt de détailler les différents
groupes. Ce n’est pas le sujet de ce papier. Toutefois, il est bon de
préciser que tous les cas présentent une forme ancienne et volumineuse
d’œdème. Afin de répondre à
la question sur le bénéfice d’une association thérapeutique, trois essais
sont réalisés. Les réponses du couplage DLM et Hyvamat® 200 ont été comparées
à celles obtenues par chacune de ces deux procédures, réalisées isolément. RÉSULTATS
Il n’est pas dans
notre intention de noyer le lecteur de KINE2000 de chiffres, de tableaux ou
de statistiques dont les formules, longues de cinq lieues, sont hérissées de
racines et de logarithmes dont la seule vue donnerait l’envie de changer de
métier. Amener une preuve,
dans un sens ou dans l’autre, n’est pas ce qui y est demandé. L’attente est
ici plus la répercussion, dans la pratique quotidienne, pour le
kinésithérapeute de terrain. Nous passerons donc outre de la discussion pour
aborder quelques conséquences pratiques. Tout ce qui peut
être précisé, c’est que toutes les possibilités de réponse ont été observées.
Dans certains cas, la réponse était semblable quelle que soit la procédure.
Dans d’autres, l’une ou l’autre procédure donnait une meilleure décongestion.
Dans d’autres cas encore, l’une ou l’autre ou l’ensemble des procédures restait
sans effet. CONSÉQUENCES
PRATIQUES
Actuellement, il
est impossible d’avancer que les oscillations profondes de l’Hyvamat® 200
soient d’un apport supplémentaire au DLM dans la décongestion des œdèmes.
Avancer le contraire que l’Hyvamat® 200 n’a aucune action sur les œdèmes
anciens et chroniques serait faux également ! Isolément, il peut amener
une réduction de certains œdèmes. Mais voilà, lesquels ? La question
reste sans réponse. L’effet n’est pas fonction du type d’œdème, de son ancienneté
ou de son volume. Bref, l’Hyvamat® 200 peut avoir une action positive sur les
œdèmes. Mais comme pour le DLM, les indications restent à cerner. Que l’Hyvamat®
200, comme le DLM, ne produise aucun effet, dans certains cas, ne doit pas
être pris comme une sentence péjorative. La nature des œdèmes étudiés
biaisent probablement les chances d’obtenir un résultat. Il faudrait des
œdèmes moins figés, moins anciens, moins volumineux. Bref des œdèmes qui sont
à adresser chez le kinésithérapeute de première ligne, œuvrant près du
domicile du malade, et non dans un centre spécialisé. Ce qui est à
retenir et souligner, c’est que, malgré la sévérité et l’ancienneté des
œdèmes, il est des cas qui répondent encore à ces oscillations profondes. Il
est des cas même chez qui l’Hivamat® 200 produit une meilleure réponse que le
DLM. RÉFÉRENCES
1.
Ferrandez
JC, Bourassin A, Debeauquesne A, Philbert C : Étude prospective
ambulatoire multipraticien du lymphœdème du membre supérieur après cancer du
sein – À propos de 76 cas. Oncologie 2005;7:316-322. 2.
Földi
E, Földi M : Physiothérapie complexe décongestive. Paris,
Frison-Roche, 1993. 3.
Michelini S, Failla G, Moneta G, Vinicola V,
Macaluso B, Cardonne M, Antonucci D. Treatment of lymphedema with shokwave
therapy: preliminary study. Eur
J Lymphology
2007;17(51):29. 4.
Theys S, Deltombe Th, Legrand C, Hanson Ph: Manual
drainage with or without deep oscillation® in lower extremity oedema. 16th
Eur Congr Phys Rehab Med; Brugge – 5.
Seidl , Walder : op cit Physiomed : mode d’emploi HIVAMAT® 200 |