KINE 2000 y était
Congrès ABKS – 15-16-17 mai 2008
Montdorf-Les-Bains (Luxembourg) Thème : La réathlétisation |
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REATHLETISATION APRES LIGAMENTOPLASTIE DU
LCAE : PRISE EN CHARGE AU CNTNFS J. Andral
A
l’heure actuelle, la rééducation qui suit une ligamentoplastie du ligament
croisé antérieur du genou répond à des protocoles validés et appliqués par la
majorité des équipes soignantes. Cependant, passé cette première phase et en
vue d’une reprise sportive, arrive le temps de la réadaptation sur le terrain
de sport, La singularité de la réathlètisation réside dans le fait qu’il faut
prendre en compte les contraintes de l’activité sportive pratiquée tout
autant que les données liées à Dans le cadre du football, pendant un match, l’activité du joueur est composée à 90% par des temps de jeu à faible ou moyenne intensité (dont 35% apparenté au repos) pour seulement 10% à haute intensité (120 à 140 sprints de 10 à 15 métres). Cependant, ces 10% sont les plus importants car ils correspondent aux actions décisives du match. L’amélioration de la vitesse de course et de l’explosivité est donc
une piste de travail importante à prendre en compte pendant - les appuis et la coordination - la musculation - la pliométrie - le travail avec ballon Le travail de course sans ballon, nécessaire au développement des qualités aérobie et anaérobie du joueur, étant plus général, se fera conjointement aux séances spécifiques. Les appuis et la
coordination C’est sûrement l’un des domaines où le risque encouru pour la plastie est le plus grand. Il convient d’être particulièrement vigilant dans les exercices proposés et une fois encore, de bien respecter la notion de progression. Les sollicitations en rotations engendrant bien plus de contraintes sur le ligament croisé antérieur qu’un simple déplacement dans l’axe, celles-ci seront abordées en dernier lieu. Avant cela, le joueur aura travaillé ses déplacements avant - arrière, latéraux, et en slaloms. La quantité et l’intensité des appuis évoluent au fur et à mesure des séances, en fonction du ressenti du joueur pendant et après celle-ci. L’idée principale étant d’augmenter en premier lieu le volume puis l’intensité. Même si le déficit proprioceptif diffère en fonction de l’intervention chirurgicale choisie, il est admis qu’aucune reconstruction ligamentaire du LCAE ne peut recréer et restaurer les propriocepteurs du genou. De ce fait, quelque soit la technique opératoire, il est primordial d’améliorer la proprioception du sportif. Le travail des appuis, avec ou sans ballon, va dans ce sens. Par la répétition des exercices, le joueur passe par une étape d’apprentissage, puis d’anticipation avant d’automatiser le geste. Ce travail, commencé avant la reprise de la course, se poursuivra et s’intensifiera jusqu'à la fin de la prise en charge. La musculation L’intervention chirurgicale a comme conséquence directe, entre autre, une amyotrophie importante du quadriceps et des ischios –jambiers qui peut perdurer au-delà de la période de rééducation. Il n’est pas rare en effet d’observer d’après les tests isocinétiques à 3 mois post-opératoires des déficits sur les différents groupes musculaires évalués par rapport au côté sain. A partir de ce délai, le renforcement du quadriceps peut s’effectuer soit en chaîne cinétique fermée, soit en chaîne cinétique ouverte, en concentrique, sur appareil isocinétique à vitesse rapide par exemple (300°/s, 10 séries de 6-7 répétitions). Petit à petit, la vitesse peut être réduite afin d’augmenter le nombre de ponts actine - myosine formé, et ainsi développer un couple de force plus important. Concernant les ischios-jambiers, ils seront renforcés de préférence en excentrique, afin de se rapprocher de leur physiologie à l’effort (comme lors d’un shoot par exemple). Leur contraction entraînant une diminution des contraintes sur la plastie, de par leur action anti-tiroir sur le tibia, ce groupe musculaire peut être travaillé sans crainte. L’intérêt dans cette phase est de lier le geste sportif au groupe musculaire renforcé. Ainsi, le renforcement des groupes musculaires des membres inférieurs se fait en adéquation avec le travail de pliométrie, pendant lequel sont intercalés des situations liées au football. La pliométrie Effectuée en parallèle avec le travail de musculation, la pliométrie
est un élément important de De ce fait, la recherche de la qualité plus que de la quantité doit guider le thérapeute. Cela implique des temps de repos suffisant entre chaque série (1 temps d’effort pour 15 à 20 temps de récupération) et un nombre de bonds limité (60 pour une première séance, 200 pour la dernière). La séance est construite de manière à alterner un exercice dynamique et un exercice de renforcement avec charge. C’est ce travail qui permettra au footballeur de retrouver son explosivité. Enfin, les bonds latéraux étant plus contraignant mécaniquement que les bonds verticaux, de par la stabilité plus difficile à assurer, ils seront travaillés dans un second temps Le travail avec ballon Moment tant attendu pendant la rééducation, la première séance sur le terrain où le joueur retouche le ballon constitue un moment fort pour ce dernier. C’est l’occasion pour lui de retrouver des sensations, et de répondre en partie aux questions qu’il se pose depuis longtemps : mon genou va-t-il tenir, vais-je avoir une douleur quand je vais frapper dans le ballon ? Evidemment, il n’est pas encore question de frappes au but, ni de dribbles incontrôlés. L’enjeu de telles séances est tout autant le développement des habiletés du footballeur, que la prise de conscience par ce dernier qu’il est capable de le faire. L’appréhension étant le frein principal rencontré, il convient de respecter la règle de la progression, les séances s’articulant selon une chronologie logique. D’abord du jonglage simple, où toutes les parties du corps peuvent être utilisées, puis de la conduite de balle, du travail de passe (de courtes à longues), pour enchaîner sur les centres et transversales, et finir sur le travail de frappes au but avec duel. Tant qu’une étape n’est pas validée, il ne faut pas passer à la suivante, faute de quoi on place le joueur dans une situation délicate. Conclusion La prise en charge d’un sportif pendant la phase de réathlétisation comporte plusieurs enjeux. Le fait de l’amener progressivement vers son activité, en ayant pris soin de découper chaque composante de celle-ci, doit lui permettre d’aborder sereinement la reprise de la compétition, tant au niveau physique que psychique. La répétition des mises en situation contribue à lever les appréhensions inhérentes au traumatisme vécu. |