KINE 2000 y était
Congrès ABKS – 15-16-17 mai 2008
Montdorf-Les-Bains (Luxembourg) Thème : La réathlétisation |
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PRISE EN CHARGE DU SPORTIF LOMBALGIQUE : Marc Vanderthommen et Christophe Demoulin
Département des Sciences de la Motricité,
Université de Liège Les
études épidémiologiques internationales précisent que, dans une population
générale, les prévalences vie entière, annuelle et instantanée de la
lombalgie atteignent respectivement 49-85%, 15-45% et 19%. L’impact possible
du sport sur la lombalgie dépend de différents facteurs parmi lesquels le
niveau de la pratique est habituellement considéré comme prépondérant. Dans
le cadre d’une activité sportive de loisir, les publications concluent
en l’absence de différence significative dans la fréquence des lombalgies [1]
et des hernies discales entre les sportifs de loisir et des sujets témoins.
Certains travaux démontrent même une prévalence plus faible des lombalgies
chez des anciens sportifs que dans une population générale [2]. L’activité
sportive jouerait un rôle protecteur en évitant le déconditionnement
physique, habituellement présent chez le lombalgique chronique, et qui se
traduit par une altération des performances des muscles du tronc, de la
souplesse et de l’endurance cardio-respiratoire [3]. Dans
le cadre d’une pratique sportive de haut niveau, la prévalence des
lombalgies est supérieure à celle de la population générale [4] et
s’accompagne quasi systématiquement d’anomalies radiologiques (lyses
isthmiques, pincements discaux, hernies intraspongieuses, déformations des
corps vertébraux) [5,6]. Chez les gymnastes, ces signes radiologiques sont
d’ailleurs corrélés avec le niveau de la pratique et la durée de
l’entraînement hebdomadaire [7]. Les sports pourvoyeurs de lombalgies sont
l’aviron, la gymnastique, le golf, la lutte, le tennis, le football et
l’haltérophilie. Le
jeune âge du sportif constitue également un facteur de risque [8] : les
microtraumatismes liés à un entraînement intensif favorisent, chez le jeune
sportif, l’apparition de la dystrophie rachidienne de croissance (skieurs),
de la dégénérescence discale (gymnastes) ou de la lyse isthmique (plongeurs). La
prise en charge du sportif lombalgique comprendra la prescription du repos
nécessaire à la cicatrisation tissulaire, la correction du geste technique,
la mise au point d’un programme d’entraînement progressif, la correction des
déséquilibres musculaires et/ou ligamentaires (harmonisation du ratio
fléchisseurs/extenseurs du tronc, étirements de la chaîne musculaire
postérieure et des muscles pelvi-trochantériens,…) mais également une
évaluation et une rééducation de la fonction musculaire stabilisatrice du
rachis [9]. Plusieurs études suggèrent, en effet, que l’instabilité fonctionnelle constitue une source potentielle de lésions articulaires et de dysfonctions lombaires et ainsi un facteur de risque de l’apparition et de la récurrence de lombalgies [10]. Elle se caractérise par des sensations d’instabilité accompagnées d’épisodes douloureux très fréquents et a été décrite comme « une diminution significative de la capacité du système de stabilisation de la colonne à maintenir les zones neutres intervertébrales dans les limites physiologiques afin de prévenir une dysfonction neurologique, une déformation et une douleur invalidante » [11]. Le
système de stabilisation fonctionnelle comporte trois sous-systèmes
[12] : le sous-système « passif » (vertèbres, disques,
ligaments, capsules et apophyses articulaires), le sous-système
« actif » (muscles et tendons) et le sous-système
« neuro-musculaire » (nerfs et système nerveux central). Une instabilité peut résulter d’un déficit d’une des trois composantes du système de stabilisation. Néanmoins, l’interdépendance des trois sous-systèmes autorise des compensations. D’après
plusieurs auteurs, la dégénérescence discale, semble contribuer au
développement d’une instabilité structurelle. Hides et al. rapportent chez le
lombalgique aigu, une atrophie du multifidus située ipsilatéralement aux
symptômes [13]. Par ailleurs, chez le lombalgique, le muscle transverse de
l’abdomen présenterait une anomalie de la réponse motrice automatique
anticipée [14]. Ce muscle perdrait sa fonction tonique et anticipative [15]
et cette réponse tardive diminuerait
la stabilité de la colonne lors de l’initiation d’un mouvement. Ces anomalies
dans le pattern de recrutement de la musculature stabilisatrice (transverse
de l’abdomen et multifidus) pourraient s’exprimer même chez le sujet sportif
présentant une musculature mobilisatrice performante. L’origine de ces
hypothétiques changements sensori-moteurs demeure inconnue. Plusieurs auteurs
considèrent que ces modifications constituent la résultante d’épisodes de
lombalgies et des lésions qui y sont associées [14]. Exercices de stabilisation lombaire Les
exercices de stabilisation lombaire (co-contraction du muscle transverse de
l’abdomen et du multifidus en position neutre, intégrée progressivement dans
des positions et des exercices de plus en plus complexes et fonctionnels)
visent une reprogrammation sensori-motrice des muscles stabilisateurs de la
colonne afin d’améliorer leur potentiel, leur temps de réponse et ainsi
compenser des déficits du système passif de stabilisation. Bibliographie [1] [2] Videman T., Sarna S.,
Battie M.C., Koskinen S., Gill K., Paananen H. et al. The long term effects
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associated factors. J Spinal Disord 1994 ; 7 : 374–379. [9] Demoulin C., Distrée V., Tomasella
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a role for transversus abdominis in lumbo-pelvic stability? Man Ther
1999; 4(2) : 74-86. |