KINE 2000 y était

 

Congrès ABKS – 15-16-17 mai 2008

Montdorf-Les-Bains (Luxembourg)

 

Thème : La réathlétisation

 

 

LES LESIONS MUSCULAIRES ET TENDINEUSES NON OPEREES : EVOLUTION ECHOGRAPHIQUE D’UNE LESION MUSCULAIRE OU TENDINEUSES

 

Dr E Fumière

CHU Charleroi

 

Les lésions musculaires et tendineuses du sportif sont largement l’apanage de l’échographie en raison de sa disponibilité, de sa bonne résolution spatiale, de son large champ d’exploration et de la possibilité d’évaluation dynamique.

 

Elle reste néanmoins une technique matériel et opérateur-dépendante, souffre de la difficulté de transmission de l’information vers le clinicien et du manque de reproductibilité des images. Le bilan musculaire doit intégrer l’anamnèse ( aigu, chronique, mécanisme intrinsèque, extrinsèque…), l’examen clinique ( localisation douloureuse, impotence fonctionnelle, hématome cutané…) et l’échographie.

 

Le but de l’examen ultrasonographique est de préciser le délai de revalidation, ponctionner un éventuel hématome, orienter vers la chirurgie (rupture totale), faire le diagnostic différentiel avec une éventuelle tumeur et évaluer les complications ( rechute, hématome secondaire, cicatrice fibreuse, myosite ossifiante ).

 

Il ne s’agit pas de contrôler la normalisation de l’aspect avant la reprise de la compétition ni de mesurer en 3D la lésion. La connaissance anatomique est un préalable indispensable à l’examen quoique l’exploration avec le coté controlatéral permet généralement de dépister l’anomalie. L’échographie est sensible à l’architecture des tissus mais pas à la nature ( graisseuse, hématique, fibreuse ) tissulaire contrairement au CT ou IRM.

 

La caractérisation d’une lésion se fera donc essentiellement sur des critères morphologiques ( hyperéchogénicité à limite floue, désorganisation des fibres musculaires, collection anéchogène ou hypoéchogène, hyperéchogénicité à limite nette pour une cicatrice fibreuse ou à limite nette et avec cône d’ombre acoustique en cas de calcification ).

 

La difficulté de stadification et de mensuration est une source de discordance entre échographistes et nuit à la transmission de l’information vers le clinicien ( intérêt d’un référent habituel, d’une éventuelle classification subjective écho-clinique :

A ( 10 j, élongation-hyperéchogénicité à limite floue sans désorganisation des fibres musculaires ) ;

B ( 4 sem, petite lésion extrinsèque, doute qd à l’existence d’une cicatrice fibreuse, …) ;

C ( 6 sem, déchirure-hyperéchogénicité à limite floue avec désorganisation des fibres musculaires et éventuel hématome sous aponévrotique ou intramusculaire ) ;

D ( 8 sem ou plus, lésion sévère, voisinage de jonction musculo-tendineuse, haut risque de récidive ).

 

L’ IRM est l’examen de choix en deuxième intention : pour dépister une lésion profonde, en cas de discordance écho-clinique, pour bilan préchirurgical de rupture totale ou subtotale, diagnostic différentiel entre cicatrice fibreuse et déchirure récente ou semi-récente, exclusion ou bilan de tumeur.