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ACTIVITÉS
DU BRAS APRÈS
TRAITEMENT DU CANCER DU SEIN : EN
USER SANS EN ABUSER. S. THEYS Dr en Kinésithérapie Clin Univ Godinne 5530 YVOIR Fit2PRO – Soc Scient Kinésithér. Heysel, le 13 février 2009. En Europe, la proportion de cancer du sein croît graduellement.
Estimée à 1 femme sur 11 dans les années ‘80, elle approche actuellement
celle de 1 pour 9. Elle place ce cancer au premier rang chez Bien sûr l’échantillon est très peu représentatif. Mais ces remarques
sont consolidées par une autre enquête portant, elle, sur 142 femmes traitées
pour cancer du sein [2]. 71 d’entre elles n’ont pas développé un « gros
bras » malgré le fait qu’elles n’ont pas modifié leurs activités
physiques et de loisirs. Certaines déclarent même avoir augmenté ces
activités. Les autres 71 femmes ont vu un œdème déformer leur bras alors même
qu’elles ont diminué leurs activités, pensant ainsi s’en protéger. Cette
seconde enquête révèle également ne pas avoir observé une association de
l’oedème avec le membre dominant, le plus sollicité par les activités
quotidiennes. De ces enquêtes, le rapport entre un exercice physique – même
vigoureux - et le lymphœdème n’est pas aussi évident que comme décrit. Ce qui
amène Harris à vouloir combattre ce qui semble bien n’être qu’un mythe [3].
Pour cette infirmière canadienne opérée du cancer du sein, il ne faut
« pas menacer, effrayer d’un inévitable œdème suite à toutes activités
physiques du bras homolatéral » [3]. Et d’ajouter une prière : «
Ne pas réduire à néant la nouvelle joie de vivre qui peut naître d’activités
physiques du bras » [3]. Ces notes contrastent avec ce qui est le plus souvent enseigné. C’est
ce qui nous a amené à poser quatre questions aux participants à la présente
conférence. Le questionnaire a été remis, rempli et collecté, avant et après.
La
formulation des questions amenait une réponse binaire : oui ou non. 22
questionnaires ont été collectés. 5 ont été complétés par des non
kinésithérapeutes. Vu ce faible nombre, seuls les 17 formulaires de
kinésithérapeutes ont été retenus. Le dépouillage a révélé qu’aux
yeux des kinésithérapeutes, l’exercice physique n’est pas une des principales
causes du « gros bras » consécutif au traitement du cancer du sein.
La réponse « non » a été unanime, autant avant qu’après Question 1 : L’exercice physique
est-il une des principales causes du « gros bras » consécutif au
traitement du cancer du sein ?
L’avis est plus contrasté et plus changeant quant à savoir si ces
femmes doivent éviter tout effort physique important, brutal et/ou répétitif
(question 2). Avant la conférence, 11 kinés le pensaient. Après, ils
n’étaient plus que 6. Moins d’hésitations ont été formulées pour recommander
d’éviter de riper ou de porter des charges lourdes (question 3). Avant la
conférence, 15 le recommandaient ; après, il y en avait encore 11. Question 2 : Ces femmes doivent-elles
éviter tout effort physique important, brutal et/ou répétitif ?
Question 3 : Ces femmes doivent-elles
éviter de riper ou de porter des charges
lourdes ? Question 4 : Pensez-vous que ces femmes
soient bien informées des facteurs de risque d’un lymphœdème secondaire?
Ce risque est réel, certes mais il ne faut pas en exagérer la
fréquence : 80 % des patientes n’auront jamais un « gros
bras » [4] ! Bien sûr, suite au traitement, un œdème immédiat peut inonder le membre
supérieur. Il ne s’agit là « que » d’une réaction inflammatoire.
L’œdème s’effacera avec sa disparition. Le vrai lymphœdème du bras se
manifeste bien plus tard. Aussi, au lieu d’alarmer la femme, il faut la rassurer : avec ce
que la presse-people véhicule comme fausses informations, tout gonflement
du bras risque de réveiller les démons de la maladie et de replonger la femme
dans l’inquiétude d’une récidive qu’elle refoule le plus souvent. En conclusion, le mécanisme
qui mène à un œdème du bras est très complexe. De nombreux paramètres
rentrent en ligne de compte. Bien sûr, sans l’agression thérapeutique, il n’y
aurait jamais eu d’œdème. Toutefois, l’implication du traitement n’est pas
suffisante pour suivre la filière pathogénique : isolément, un tel
mécanisme est rarement le facteur déclenchant. Contrairement à une idée
préconçue, la responsabilité de l’activité physique n’est pas non plus
déterminante. Paradoxalement, le risque serait
plus grand chez les femmes réduisant leurs activités physiques. Alors que les enquêtes mettent en exergue une
diminution du risque relatif d’œdème chez les personnes ayant gardé ou
amplifié leurs activités physiques. Cela ne nous autorise,
toutefois, pas à négliger l’adage qui dit que « l’excès nuit en
tout ». A partir de ces
considérations, de nombreuses pratiques sportives seront déconseillées :
tennis ou squash, ski (surtout de fond), alpinisme ou spéléologie, la plupart
des sports de ballon. Par contre des promenades à pied ou à vélo seront
encouragées. Pour le vélo, l’appui du corps sur les bras doit être évité par
adaptation de la hauteur de la selle et du guidon. Le jogging peut aussi être
entrepris en choisissant un terrain non accidenté. La fréquentation régulière
d’un bassin de natation ne peut que faire du bien pour autant de se limiter
soit à une douce mobilisation dans l’eau soit à la nage de brasse ventrale en
dehors de tout esprit de surpassement ou de compétition.
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