CONGRES DE KINESITHERAPIE : LA CERVICALGIE

Samedi 23  février 2008 – HELB Ilya Prigogine

 

 

Gestion de l’instabilité cervical

Paul Thiry

 

La stabilité fonctionnelle de la nuque dépend à 20% du système ostéo-ligamentaire et à 80% du système musculaire (Pandjabi, 1998).

 

Les ligaments, par exemple, sont des stabilisateurs passifs de fin de course de mouvement.

 

En position neutre et autour des amplitudes moyennes, la musculature permet la stabilisation dynamique des articulations. Ce rôle est  primordial pour le bon fonctionnement de la colonne cervicale.

 

Un recrutement trop précoce et trop intense des muscles poly-articulaires superficiels associé à une perte d’extensibilité, de souplesse et à un recrutement tardif des muscles profonds entraînent une perte de travail de stabilisation en piste courte (Comerford, Mottram 2001).

 

Une perte de fonction des muscles stabilisateurs est du à une altération, par la douleur, du recrutement moteur normal provocant une diminution du contrôle segmentaire. (Richardson et al.99). Ainsi, il existe un lien étroit entre la réduction de la proprioception, les afférences, et le développement d’état douloureux (Woolf 1994). La douleur et la perte de fonction cervicale provoquent une diminution du sens kinesthésique (Revel et al. 1994; Heikkila & Wenngren 1998; Loudon et al. 1997). Même les muscles hétérolatéraux à la douleur verront leur comportement moteur changer (Falla et al. 2006).

 

Chez des patients ayant des douleurs cervicales chroniques il existe une diminution du contrôle des fléchisseurs profonds et une augmentation du travail des muscles superficiels: trapèzes, scm, scalènes, sus et sous-hyoidiens. (Falla et al. 2004).

 

La diminution de fonction stabilisatrice de muscles locaux apparaît donc après le développement de douleur et de pathologie cervicale (Comerford & Mottram 2000). Si les muscles mono-articulaires ne sont plus capables de se contracter de manière adéquate, s’ils sont trop distendus ou étirés, ils rendent possible trop de mouvements dans l’articulation qu’ils doivent normalement stabiliser (Sahrman 2000). Dans les mouvements fonctionnels, les articulations contrôlées de façon inadéquates par les mono-articulaires auront une relative hypermobilité. Une irritation des tissus peut en résulter (Comerford et Mottram 2000). On entre là dans un cercle vicieux.

 

En présence de pathologies cervicales, il existe un déséquilibre entre les muscles mobilisateurs et les muscles stabilisateurs il apparaît dès lors indispensable de rééduquer la fonction musculaire dans son rôle stabilisateur.

 

Buts du traitement de stabilisation des fléchisseurs profonds (Jull, Falla, Sterling, 2004):

·      Activer les unités motrices des fléchisseurs profonds : petite charge et très spécifique.

·      Déplacer la courbe vers la gauche (Gossman 1982) ‘’raccourcir les muscles locaux’’. Equilibrer les stabilisateurs et mobilisateurs. 

·       

·      Reconstruire l’endurance de façon tonique.

·      Entraîner les schémas d’activation en co-contraction des fléchisseurs profonds et superficiels de la nuque.

·      Exercices en co-contraction (fléchisseurs profonds et extenseurs).

·      Entraîner l’utilisation des muscles en posture et dans les activités fonctionnelles.

·      Entraîner la force et l’endurance dans des activités fonctionnelles.