CONGRES DE KINESITHERAPIE : LA CERVICALGIE

Samedi 23  février 2008 – HELB Ilya Prigogine

 

 

Les cervicalgies, les exercices et l’EBM

 

Emmanuel Simons

 

 

Les douleurs cervicales sont un élément important de préoccupation dans les pays industrialisés ;mais dans la littérature peu d’évidence scientifique indique l’effet bénéfique d’un traitement conservateur.

 

La cervicalgie est un symptôme lié à une pathologie dégénérative (arthrose par exemple), traumatique ou à des troubles statiques ou fonctionnels. Son importance grandissante nécessite une approche intégrée impliquant des équipes composées de médecins, de psychologues cliniciens, d’ostéopathes, de kinésithérapeutes, d’ergothérapeutes et d’infirmières.

 

Comme dans toutes les douleurs d’origine vertébrale, on retrouve une douleur peu illustratrice des lésions: des incidents de fonctionnement peuvent occasionner des douleurs très vives. Le passage aux douleurs chroniques est particulièrement fréquent après un traumatisme de la colonne: le classique "coup du lapin" lors d'un accident de voiture.

 

La prise en charge des cervicalgies aiguës et chroniques nécessite pour les praticiens et les étudiants une approche fondée sur des preuves scientifiques d’efficacité des traitements. La douleur cervicale est actuellement le principal centre d’intérêt de la recherche sur le rachis grâce aux nouvelles études sur la cervicalgie, le whiplash et la céphalée cervicogène.

 

L’objectif de cette présentation est de donner des informations sur les différentes études de haute qualité retrouvées dans la littérature pour un traitement conservateur (p.e. exercice) dans le cadre des cervicalgies simples sans signe neurologique.

 

Une cervicalgie prolongée peut mener à un ensemble de difficultés physiques, psychologiques et sociales. Pour cette raison, la mise en application des principes de traitement cognitivo-comportemental dans la prise en charge de la cervicalgie (maintien, apprentissage d’exercices spécifiques) peut être intéressante.

 

Différentes études de haute qualité démontrent  l’efficacité non seulement d’une rééducation proprioceptive pour des douleurs cervicales mais aussi celle de la rééducation avec un entraînement d’endurance des muscles cervicaux qui a démontré son efficacité sur la  diminution des douleurs à long terme.

 

La re-programmation proprioceptive occulo-cervicale permet d'utiliser la liaison fonctionnelle entre les yeux et le cou pour permettre une bonne récupération de la mobilité et une bonne coordination musculaire. Le travail musculaire fait appel aux contractions statiques, d'abord analytiques puis globales.

 

Les rééducations posturale et proprioceptive portent sur le rachis cervical, dorsal et sur la ceinture scapulaire avec  des exercices d’étirements et d'équilibre de l’ensemble de la colonne sur ballon ou sur plan instable.

 

La rééducation du rachis cervical doit être envisagée dans l'optique d'un traitement à long terme, cherchant à replacer tous les mécanismes de la statique et de la dynamique cervicale aussi près que possible de la normale physiologique. Il s'agit d'une thérapeutique de fond à visée préventive, indispensable pour prolonger le bénéfice des traitements symptomatiques et pour limiter la fréquence et l'intensité des récidives.

 

La prévention des récidives fait appel à l'apprentissage de l'hygiène de vie, à l'étude de la position de moindres contraintes, à l'utilisation de bonnes positions au cours du repos et dans la vie quotidienne, lors des activités sportives, à un entraînement quotidien utilisant les postures, les exercices d’étirement et les exercices actifs de musculation du cou par des contractions isométriques.