A l’initiative du Groupement d’Isocinétisme Belge et Luxembourgeois

 

6ème Journée Belge d’ISOCINETISME

Vendredi 14 et samedi 15 mars 2008

 

QUEL PROTOCOLE POUR L’EVALUATION DE LA RESISTANCE A LA FATIGUE DU GENOU ?

 

J.L. CROISIER 1, D. MAQUET 1, B. FORTHOMME 1, N. NOWAK 1, C. LEHANCE 1,

J.M. CRIELAARD 1, L. BOSQUET 2

 

1  Département des Sciences de la Motricité, Université de Liège

2  Département de Kinésiologie, Université de Montréal, Canada

 

Email : jlcroisier@ulg.ac.be

 

Les épreuves isocinétiques maximales de courte durée, destinées à apprécier la qualité de force musculaire, ont fait l’objet de nombreux travaux de validation.

Ces protocoles comportent un nombre réduit de répétitions et reconnaissent des applications dans des domaines variés : traumatologie et chirurgie de l’appareil locomoteur, affections neurologiques, insuffisances pulmonaire et cardiaque, prévention lésionnelle …

Selon les contextes, les protocoles comportent des exercices concentriques et/ou excentriques à différentes vitesses angulaires.

 

D’autres qualités musculaires, fondées sur des filières énergétiques différentes, pourraient s’explorer au moyen de la dynamométrie isocinétique.

Une application potentielle concerne l’étude de la résistance à la fatigue, correspondant davantage au métabolisme anaérobie lactique.

Cependant, les épreuves isocinétiques de résistance à la fatigue n’ont, à ce jour, pas bénéficié de la même attention méthodologique, rendant leur application clinique plus confidentielle.

Il semble légitime de s’interroger sur les critères actuels d’interprétation d’un test de résistance à la fatigue, et en particulier sur la définition d’un résultat « anormal » impliquant une prise en charge thérapeutique ou un entraînement de compensation.

 

Les points suivants doivent être pris en considération :

-      groupes musculaires à explorer ;

-      choix du mode de contraction et de la vitesse angulaire ;

-      durée optimale de l’épreuve (nombre de répétions) ;

-      reproductibilité et caractère discriminant des paramètres mesurés et calculés ;

-      conséquences physiologiques de ce type d’effort et risques potentiels ;

-      domaines d’application spécifiques.

 

Des résultats récents indiquent, chez des sujets masculins sains, pour les muscles quadriceps (Q) et fléchisseurs (Fl) du genou :

-      une meilleure reproductibilité des paramètres (ex. : Travail total, Wtot) mesurés au cours d’une épreuve à 180°/s comportant 30 répétitions comparativement à 50 répétitions ;

-      les index de fatigue classiquement calculés par les dynamomètres isocinétiques mettent en relation les performances au terme de l’épreuve (3-5 dernières répétitions) avec la performance au début de l’exercice (3-5 premières répétitions). Sur base de la qualité de reproductibilité, de tels index de fatigue devraient laisser place à des index de fatigue rapportant la performance à la fin de l’exercice (3-5 dernières répétitions) au Travail maximum (Wmax) développé durant l’épreuve ;

-      les muscles ischio-jambiers se caractérisent par une résistance à la fatigue réduite en comparaison avec le quadriceps. Il pourrait s’avérer tentant d’ajouter cette particularité à la liste des facteurs intrinsèques de risque lésionnel des ischio-jambiers ;

-       les épreuves isocinétiques de résistance à la fatigue s’accompagnent d’une sollicitation cardio-vasculaire majeure : ainsi la fréquence cardiaque (FC) s’élève à 83 % de la FC maximale théorique dès la 20ème répétition, et atteint 87 % à la 50ème répétition. Une telle réponse indique clairement le risque potentiel des épreuves de résistance à la fatigue sur le plan cardio-vasculaire.