A l’initiative du Groupement d’Isocinétisme Belge et Luxembourgeois

 

6ème Journée Belge d’ISOCINETISME

Vendredi 14 et samedi 15 mars 2008

 

 

OUTILS DE MESURES EN EVALUATION DE LA FONCTION MUSCULAIRE : ANALYSE CRITIQUE

 

CALMELS P., DEGACHE F., EDOUARD P.

 

Médecine Physique et Réadaptation, Université Jean Monnet et CHU de Saint Etienne,
F. 42055 SAINT ETIENNE

 

Email : paul.calmels@chu-st-etienne.fr

 

Introduction :

Le bilan musculaire constitue une des méthodes courantes d'évaluation de la fonction motrice, à des fins diagnostiques, pronostiques et de suivi thérapeutique. Il est d’abord connu selon la méthode la plus simple du testing analytique manuel avec une cotation à 5 niveaux. C'est une méthode simple, permettant une évaluation analytique très fine, muscle par muscle, fiable après formation de l'examinateur, déterminante dans l'analyse diagnostique le plus souvent, et non coûteuse. Elle est peu reproductible, insuffisamment fiable et insuffisamment sensible pour de faible changement. C'est une méthode trop subjective en rapport à l'examinateur, et en rapport à la détermination du sujet à effectuer une contraction musculaire volontaire. Cette fiabilité, sensibilité, son manque de valeur pronostique et de suivi, est plus important dans le cas de certaines conditions physiopathologiques particulières comme dans les affections rhumatologiques, orthopédiques ou dans le cadre du sujet sportif.

 

Vers une évaluation instrumentalisée :

Les techniques d’évaluation musculaire instrumentalisées sont de plus en plus développées compte tenu des bénéfices métrologiques qu’elles offrent.

Il existe diverses procédures instrumentalisées, depuis des techniques habituelles et simples de mesure « globale » de la force (force de préhension par exemple), à des mesures plus analytiques d’un groupe musculaire avec EMGs associé.

Plusieurs conditions doivent cependant être prise en compte : la modalité de contraction (statique isométrique, ou dynamique isocinétique ou isotonique ; concentrique ou excentrique), le groupe musculaire (analytique sur un muscle ou globale ou fonctionnel sur un groupe (test de force de préhension ou fléchisseurs/extenseurs)), le mode d’activation (volontaire et maximal ou passif en stimulation électrique par exemple). Cette évaluation nécessite un matériel, parfois coûteux et une méthodologie plus longue, rigoureuse à mettre en place, donc souvent moins routinière.

 

Valeurs métrologiques des données :

La fiabilité des mesures et leur reproductibilité lors des bilans instrumentaux été largement validé par de nombreuses études, pour divers groupes

 musculaires, en mode isométrique, isotonique ou isocinétique, en mode concentrique ou excentrique avec divers types d’appareils et même en comparaison des divers modes de contraction. Cette fiabilité est conditionnée par une procédure bien précise des tests (donc un apprentissage de l’évaluateur), une installation rigoureuse et une méthodologie d'information et d'apprentissage de tests.

 

La sensibilité au changement, élément important dans le suivi thérapeutique, doit être prise en compte selon la sensibilité propres des mesures effectuées, les propriétés mécaniques de l’appareil, et les propres « variabilités » individuelles.

 

La question essentielle reste cependant la validité externe qui peut être déterminée par les valeurs des tests dynamométriques avec d'autres modalités d'évaluation de la fonction musculaire (typologie musculaire, performance musculaire,...) ou de la clinique, de la fonction ou de la performance qui reste encore partiellement à déterminer dans l'évaluation du sportif ou en rééducation fonctionnelle en général.

 

Conclusion :

l’évaluation de la fonction musculaire, de manière prépondérante en médecine physique et de rééducation doit être effective, fiable et pertinente, et doit s’appuyer sur des travaux de sa validation dans les conditions physiopathologiques des situations prise en charge en rééducation.