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A l’initiative du Groupement
d’Isocinétisme Belge et Luxembourgeois 6ème Journée Belge
d’ISOCINETISME Vendredi 14 et samedi 15 mars
2008 LA CREATINE EXOGENE
AUGMENTE-T-ELLE LA MASSE PROTEIQUE SQUELETTIQUE ? ETUDE EXPERIMENTALE CHEZ LE
SPORTIF HUMAIN POORTMANS J.R. 1., FRANCAUX M. 2,
BERRE J. 3, RENNIE M. 4, MOURAUX D. 5 ET
BRASSINE E. 5 1 Institut
des Sciences de la Motricité, ULB ; 2 Institut
d’Education Physique et de rééducation, UCL ; 3 Unité des
Soins Intensifs, Hôpital Erasme ; 4 Graduate
Medical School, University of Nottingham ; 5 Service
d’Orthopédie, Hôpital Erasme jrpoortm@ulb.ac.be La complémentation en créatine exogène est largement
répandue dans le monde sportif. Elle s’accompagne, dans des conditions
spécifiques, d’une augmentation de la puissance développée par l’individu
lors d’un entraînement d’exercices intensifs, brefs et répétés. Plusieurs travaux soulignent la concordance entre la
croissance de la masse musculaire squelettique et la prise de créatine tout
en concluant à une plus grande synthèse protéique sous l’effet de la
complémentation. Il a en effet été démontré que la créatine stimule in
vitro la synthèse des myocytes embryonnaires de modèles animaux. Cependant,
cet effet n’avait pas été investigué chez le sujet humain. Il nous est apparu
intéressant d’utiliser un modèle expérimental qui associe, d’une part la
répétition d’exercices isocinétiques et, d’autre part, le suivi de la
synthèse protéique musculaire chez le sujet jeune supplémenté en créatine. Sept hommes (moyenne 23a) ont absorbé 21g de créatine
monohydratée par jour (3 x 7g), pendant 5 jours. Avant et après
complémentation, ils ont été perfusé pendant 4h avec un mélange d’isotopes
stables de leucine (13C) et de phénylalanine (D5). Au début de la perfusion,
les sujets ont réalisé des exercices isocinétiques de 30 min sur Cybex. Les
muscles fléchisseurs et extenseurs d’une seule cuisse furent contractés à 75%
de leur puissance maximale à raison de 10 séries de 20 contractions. Une
complémentation orale en maltodextrine (0,3g/kg poids.h) et protéines de lait
(0,083g/kg poids.h) fut administrée, dès l’arrêt des séries d’exercices,
toutes les 20 min pendant 3 h. Des échantillons de sang artériel et de sang
veineux (fémoral) furent recueillis au repos, à l’arrêt de l’exercice et dans
la phase de récupération. Une biopsie musculaire (vaste externe du
quadriceps) fut réalisée en début et à la fin de la complémentation
alimentaire sur chaque jambe, de même que la mesure du débit sanguin fémoral. L’incorporation de 13C-leucine dans les muscles
quadriceps indique une synthèse de protéines myofibrillaires et
sarcoplasmiques augmentée en moyenne de 3,0 fois et 2,0 fois, respectivement dans
la jambe à l’exercice et la jambe au repos, après complémentation alimentaire
protéique comparée à l’état pré-prandial. Par contre, la complémentation en créatine
ne montre pas de différence significative par rapport à l’effet placebo. Ces observations
se répètent pour l’analyse de la distribution de D2-phénylalanine musculaire
et sanguin ce qui permet de conclure que la protéolyse n’est pas modifiée
sous l’influence de la créatine exogène. Pour conclure, cette expérimentation démontre que la
complémentation en créatine n’a aucun effet sur le métabolisme protéique
(synthèse et dégradation) et que la complémentation alimentaire en acides
aminés joue un rôle important dans le maintien de la masse musculaire. |