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A l’initiative du Groupement
d’Isocinétisme Belge et Luxembourgeois 6ème Journée Belge
d’ISOCINETISME Vendredi 14 et samedi 15 mars
2008 PROTOCOLE DE RESISTANCE A LA
FATIGUE ADAPTE AUX ROTATEURS INTERNES ET
EXTERNES DE L’EPAULE B. FORTHOMME 1, D.
MAQUET 1, C. LEHANCE 1, N. WINTGENS 1, F.
DEGACHE 2, J.M. CRIELAARD 1, J.L. CROISIER 1 1 Département
des Sciences de la Motricité, Service de Médecine Physique et
Kinésithérapie-Réadaptation, CHU SART TILMAN, Université de Liège 2 Service de Médecine Physique et Réadaptation, CHU
Bellevue, Saint-Etienne Email : bforthomme@chu.ulg.ac.be Les épreuves de résistance à la fatigue sur dynamomètre
isocinétique, adaptées aux membres inférieurs, apparaissent plus classiques
que pour l’épaule. Certaines activités sportives (natation) ou professionnelles
faisant appel à la filière anaérobie lactique, la mise au point d’un
protocole dédié aux membres supérieurs semble ainsi pertinente. En outre, la
fatigue semble induire des perturbations proprioceptives sur l’épaule [1].
Néanmoins, une des difficultés méthodologiques réside dans les nombreuses
possibilités d’installation de l’épaule pour l’exploration isocinétique [2]. Afin de sélectionner la position d’évaluation la plus
pertinente, ce travail préliminaire compare deux installations de l’épaule
(90° et 45° d’abduction frontale) utilisée lors du test de résistance à la
fatigue. Nous avons étudié les éventuelles modifications des paramètres
isocinétiques ainsi que les conséquences délétères immédiates ou différées
sur l’épaule, et l’évolution de la fréquence cardiaque dans les deux
conditions. Les muscles explorés sont les rotateurs internes (RI) et
externes (RE) de l’épaule. Douze sujets masculins (21,5 ± 1 ans) sédentaires
et non pathologiques participent à ce travail. Le protocole isocinétique
comporte, après échauffement et familiarisation, 30 répétitions maximales à
180°/s en mode concentrique sur une amplitude totale de 120° (50° en rotation
interne, 70° en rotation externe). Le sujet, installé en décubitus dorsal, place l’épaule à
45°, et ensuite à 90° d’abduction dans le plan frontal (ordre aléatoire). Les
paramètres « travail total » « (Wtot) en joules (J) et le « travail maximal »
(J) développé ainsi que la variation du ratio RE/RI sur le travail lors du
test ont été retenus. L’évolution de la fréquence cardiaque ainsi que les conséquences
délétères (échelle de Borg, tests cliniques, mobilité articulaire et
dolorimétrie) sont analysées pour les deux positions. Une évaluation
isocinétique des performances maximales des RE et RI se programme également
avant et jusqu’au 7ème jour après le test de résistance à la fatigue. Au terme des 30 répétitions, une différence hautement
significative (p < 0,001) apparaît sur le travail total entre les muscles
RI et RE, pour une même position de test, en faveur des RI. Seuls les RE
présentent une majoration significative (p < 0,05) du Wtot à 90° par
rapport à 45° d’abduction (> 20 %). Les ratios RE/RI, plus élevés à 90°
d’abduction qu’à 45° (p < 0,001), ne présentent pas de variation
significative au cours des 30 répétitions. L’évolution de la fréquence cardiaque pendant l’épreuve
apparaît semblable dans les deux positions ; elle revient à sa valeur
initiale une minute après l’épreuve. Les conséquences délétères, bien que plus
marquées à 90° d’abduction frontale, restent relativement limitées. Une
diminution des performances maximales développées sur les RI et RE persiste 7
jours après le test de résistance à la fatigue à 90° d’abduction. L’utilisation du décubitus dorsal, épaule à 90° d’abduction
frontale, reste plus spécifique à la gestuelle sportive. Cette position, chez
le sujet sédentaire sain, ne déclenche pas de conséquences délétères majeures
immédiates ou différées. Cependant, le suivi longitudinal exige l’utilisation
de la même position étant donné l’influence du degré d’abduction sur les paramètres
isocinétiques récoltés. Références [1] MYERS J.B., GUSKIEWICZ K.M., SCHNEIDER R.A., PRENTICE
W.E. Proprioception and neuromuscular control of the
shoulder after muscle fatigue. J Athl Train 34 :362-7, 1999. [2] FORTHOMME B. - Exploration musculaire isocinétique de
l’épaule. Thèse de Doctorat en kinésithérapie et Réadaptation. Faculté
de Médecine, Université de Liège, 2005. |