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A l’initiative du Groupement
d’Isocinétisme Belge et Luxembourgeois 6ème Journée Belge
d’ISOCINETISME Vendredi 14 et samedi 15 mars
2008 INTERET DU RENFORCEMENT
MUSCULAIRE ISOCINETIQUE DES MEMBRES INFERIEURS SUITE A UNE POUSSEE DE
SCLEROSE EN PLAQUES B. GILLARD, E. OSIADLY, D.
HORENT, E. VERRAEGHE, S. BOULLIANT, T. APPELBOOM Service de kinésithérapie –
Hôpital Erasme – Bruxelles – Belgique Email : bruno.gillard@ulb.ac.be Objectif Evaluer l’intérêt et la faisabilité du renforcement
musculaire isocinétique des ischio-jambiers et son efficacité sur la marche
chez des patients dans les suites d’une poussée de sclérose en plaques. Méthode Après avoir reçu l’accord du Comité d’Ethique, 22
patients (15 femmes, 7 hommes) d’âge moyen de 33,9 ± 4,5 ans atteints de
sclérose en plaques de diagnostic récent (< 3 ans) et présentant un recurvatum
du genou ont accepté de participer à l’étude. Dans un premier temps, ils ont
réalisé un programme de revalidation neurologique conventionnel pendant 3
mois consistant en : un apprentissage du contrôle du genou au passage du pas
sous contrôle direct du kinésithérapeute en terrain plat, avec si nécessaire
l’utilisation d’une aide technique. Puis le réapprentissage se continuait sur
tapis roulant avec travail de la marche sur terrain instable et par un
travail de l’endurance. Un traitement de la spasticité par des étirements et
des mobilisations excentriques des muscles ischio-jambiers et quadricipitaux
était également réalisé. Les patients bénéficiaient tous d’une séance de
bains froids, à température de 20 degrés, 30 minutes avant et après la réalisation
du programme de rééducation. Ce programme était complété pendant les 3 premières
semaines par un programme de renforcement musculaire isocinétique des
ischiojambiers. Après ces 3 mois de prise en charge, les patients ont été
randomisés en 2 groupes. Le premier groupe (Gr 1 ; n=11) a réalisé une
seconde session de renforcement musculaire isocinétique puis une rééducation
conventionnelle pendant un mois (selon le protocole indiqué plus haut), le
second groupe (Gr 2 ; n=11) a réalisé une rééducation neurologique conventionnelle
pendant un mois. Puis les 2 groupes ont reçu des conseils d’hygiène de vie et
de pratique d’activités pour le maintien des performances musculaires pour
une prise en charge totale de 6 mois. L’évaluation a été faite à l’inclusion,
à 1 mois, à 3 mois et à 6 mois. Cette évaluation a porté sur plusieurs paramètres
: une mesure de la douleur, du handicap lié à la sclérose en plaques (SEP)
par l’échelle Expanded Disability Status Scale (EDSS), du degré de tonus musculaire
(spasticité) par l’échelle d’Ashworth modifiée, du degré de satisfaction de
la rééducation à la marche par une échelle d’auto-évaluation, de la
perception de l’effort fourni par le patient par l’échelle de Borg, un
testing clinique de la force musculaire, la mesure des moments de force
maximaux en Newton-mètre (N.m.) développés sur dynamomètre isocinétique et la
vitesse de marche par l’analyse du mouvement dans un laboratoire de la
marche. Par ailleurs, la faisabilité a été estimée en tenant compte de la
compliance des patients au programme (proportion de patients ayant terminé le
programme de 6 mois), par la mesure des effets indésirables apparus au cours
du programme de rééducation. Résultats A 1 et à 3 mois, aucune amélioration statistiquement
significative de la douleur, du handicap, du tonus musculaire, du degré de
satisfaction et du testing musculaire n’a été observée. Par contre, les pics
de couple et la vitesse de marche étaient améliorés de façon significative
dès le premier mois (p<0,001). Ainsi, à 1 mois, les valeurs des pics de couple des
ischio-jambiers passaient de 35,0 ± 3,4 N.m. à 53,1 ± 4,6 N.m. (51% de gain)
à 60°/s et de 12,0 ± 2,4 N.m. à 20,2 ± 3,1 N.m. (66% de gain) à 180°/s. Pour les quadriceps les valeurs de pics de couple
passaient de 80,4 ± 12,5 N.m. à 104,6 ± 15,8 N.m. (30% de gain) à 60°/s et de
50,7 ± 8,6 N.m. à 71,2 ± 12,6 N.m. (42% de gain) à 180°/s. Ce bénéfice se
maintenait à 3 mois. Dès le premier mois de traitement, la vitesse de marche
passait de 0,41 m/s ± 0,03 à 0,69 m/s ± 0,05 (p<0,001) chez tous les patients
(soit une marche à plus de 1,5 km/h) et 10/22 patients étaient déjà capables
de marcher à plus de 2,5 km/h. A 3 mois, la vitesse passait à 0,77 m/s ± 0,04
(p<0,001) et tous les patients avaient acquis une vitesse de marche supérieure
à 2,5 km/h. A 6 mois, les patients du groupe 1 présentaient une
amélioration de leur handicap (EDSS) passant, par rapport à l’inclusion, d’un
score de 4,3 ± 0,5 à un score de 3,5 ± 0,5 (p=0,01) et une réduction de la
spasticité (Ashworth modifié) passant de 1,7 ± 0,7 à 0,90 ± 0,5 (p=0,02). Les
autres évaluations fonctionnelles (douleur, degré de satisfaction de la
marche, testing musculaire) n’étaient pas modifiées significativement. Les moments de force maximaux étaient améliorés de façon
significative uniquement dans le groupe 1 (p<0,005) ; les valeurs de pics
de couple atteignaient 60,5 ± 8,4 N.m. (71% de gain) à 60°/s et 26,2 ± 6,2
N.m. (116% de gain) à 180°/s pour les ischio-jambiers. Pour les quadriceps, l’amélioration
atteignait 120,1 ± 15,6 N.m. (50% de gain) à 60°/s et 82,6 ± 14,2 N.m. (64%
de gain) à 180°/s. Par contre, dans le groupe 2, l’amélioration des pics de
couple n’était pas significative malgré les valeurs observées : 42,4 ± 7,2
N.m. (20% de gain) à 60°/s et 16,9 ± 5,6 N.m. (33% de gain) à 180°/s pour les
ischio-jambiers et 92,6 ± 18,5 (15% de gain) à 60°/s et 68,2 ± 11,4 N.m. (36%
de gain) à 180°/s pour les quadriceps. A 6 mois, les patients du groupe 1 ont continué à
améliorer leur vitesse de marche qui atteignait 0,99 m/s ± 0,05 soit 3,5 km/h
(p<0,0001) et le groupe 2 arrivait à 0,80 m/s ± 0,04 soit plus de 2,5 km/h
(p<0,05). Ce bénéfice se retrouvait au niveau du score de
satisfaction de la qualité de marche des patients avec des valeurs de 8,2 ±
0,4 (cotation sur 10) dans le groupe 1 et à 6,8 ± 0,8 dans le groupe 2
(p<0,01 dans les 2 groupes). Le testing manuel initial (cotation 0-5)
n’objectivait pas d’amélioration significative de la force à 6 mois. Aucun
effet secondaire n’a été rapporté au cours des 2 programmes de rééducation.
Tous les patients ont terminé leur rééducation. Conclusion Un renforcement isocinétique des ischio-jambiers, réalisé
dans les suites d’une poussée de sclérose en plaques, permet d’augmenter dès
le premier mois la force musculaire des ischiojambiers et la vitesse de marche,
mais le bénéfice du traitement sur le handicap (EDSS) et la spasticité
(Ashworth modifié) nécessite de prolonger la rééducation à 6 mois. Le
maintien des performances musculaires à long terme (6 mois) implique dès lors
de compléter la rééducation kinésithérapeutique conventionnelle par un second
programme de renforcement isocinétique. Cette étude montre une excellente
compliance des patients et l’absence d’effets indésirables. |