CONGRES DE
KINESITHERAPIE : LA CERVICALGIE
Samedi 23 février 2008 – HELB Ilya Prigogine
ANALYSE DE LA PROPRIOCEPTION
CHEZ DES PATIENTS CERVICALIGUES.
Karin Van Loon, Simon Bacziewicz, Maxime
Henon
Haute Ecole Paul Henry Spaak, département
paramédical, kinésithérapie
La majorité des auteurs s’accordent
à dire que la proprioception est un élément capital au maintien d’une posture,
à la prévention des douleurs et blessures rachidiennes ainsi qu’au passage à
la chronicité de celles-ci [9,10,12,19,20].
De nombreuses études ont permis
l’élaboration de programmes de réentrainements proprioceptifs pour les
lombalgiques, peu d’entre elles se sont intéressées aux cervicalgiques.
Une étude que nous avons menée en
2007 [21], confirme l’amélioration objective et subjective des patients
lombalgiques ayant suivi un programme d’entrainement proprioceptif :
amélioration du positionnement de la colonne, de la stabilisation en faisant
apparaître des mécanismes automatiques de protection (feed-forward) et de la
symptomatologie douloureuse.
Nous nous posons donc la question de savoir si
ce modèle d’entrainement du patient lombalgique est transposable au patient
cervicalgique.
Par le biais de deux études nous tenterons de répondre aux
questions suivantes :
-
Existe-t-il une différence de proprioception cervicale et de
mobilité chez des sujets « asymptomatiques » et chez des sujets
« cervicalgiques » ?
-
L’entrainement proprioceptif cervical améliore t’il la mobilité,
la vigilance musculaire et la
proprioception de la tête et du cou
?
Les
outils de mesure que nous utilisons sont :
a.
Le test de mobilité :
Nous
mesurons ici la distance entre deux repères osseux préalablement marqués et
ce en flexion, extension,
rotations et inclinaisons
b.
Le test de posture :
Nous
prenons des photos de profil du patient dans différents angles :
o
Tête / tronc dans le plan sagittal
o
Inclinaison de la tête dans le plan sagittal par rapport à
l’horizontale
o
Inclinaison des épaules par rapport au tronc dans le plan sagittal
c.
Le test de repositionnement : il a pour but d’évaluer la proprioception
cervicale et plus particulièrement la sensibilité au positionnement de la
région cervicale. En effet, le sujet tentera de retrouver une position cible.
Cette sensibilité
au positionnement de la colonne cervicale est évaluée lors de ce test, grâce à l'erreur de repositionnement
qui est la différence d’amplitude entre
la position cible et la position que le patient estime comme étant la position
cible.
Pour cela le
sujet aura sur la tête un casque, sur lequel sera posé un faisceau laser. Le
faisceau est projeté sur un mur blanc.
La personne prend une position cible de départ, position qui est enregistrée,
ensuite elle incline la tête et doit retrouver ensuite retrouver la position
cible de départ.
Pour rappel, la physiologie de la rééducation
proprioceptive repose sur la boucle réflexe récepteur- système nerveux central
(SNC) - effecteurs.
Cette boucle fonctionne lors de l’apprentissage
sur le mode feedback et, progressivement, grâce à la mise en mémoire
d’informations motrices et kinesthésiques, elle va fonctionner sur le mode
« feed-forward » qui est le mode de l’autonomie. Cela va permettre
d’envoyer en périphérie des ordres moteurs synthétiques préprogrammés
(pattern), responsables de phénomènes de pré activité musculaire. Cette pré
activité musculaire va être traduite par la mise en place d’une pré tension
musculaire ce qui assurera une stabilisation du segment perturbé.
On voit donc que cette rééducation est basée
sur :
- la perception kinesthésique
- la répétition d’un programme moteur

Figure 1 : Arc réflexe
proprioceptif : feedback (apprentissage, en noir), feed-forward
(Autonomie, en rouge). J. Lempereur [11].
La réalisation d’ exercices de proprioception permet :
-
d’acquérir ou retrouver une vigilance
perceptive du positionnement de la région
-
de
retrouver un meilleur niveau de vigilance musculaire (par un contrôle permanent
de la stabilité articulaire et de l’équilibre, débouchant sur l’anticipation du
mouvement déstabilisant).
-
d’
aider le patient a apprendre à détecter un mouvement (kinesthésie) se
produisant au niveau de la colonne et à corriger un déséquilibre sans en avoir
conscience
Nous aurons l’occasion de vérifier si le
programme d’exercices proposé répond à ces objectifs.
Bibliographie
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Etudes
réalisées à la Haute Ecole Paul Henri Spaak, département paramédical
21.
Balestra
C, Van Loon K, Bootz E. « Les exercices de proprioception
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22.
Balestra
C, Van Loon K, Marionneau S. « La vibothérapie pour les lombalgiques chroniques ?
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