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Utilisation de la pompe à
baclofène dans le traitement
de la spasticité chez les enfants infirmes moteurs cérébraux
Sophie CESSION
Promoteur : Dr. Allington
Université de Liège, 2002
La spasticité
est un symptôme très fréquent des maladies motrices d’origine cérébrale. Elle
apparaît suite à une lésion du cerveau et/ou de la moelle épinière et résulte
d’une libération insuffisante de GABA (acide gamma-aminobutyrique), un
neurotransmetteur inhibiteur de la moelle épinière. Une hyperexcitabilité du
réflexe myotatique accompagne cette défaillance.
Une spasticité sévère peut avoir des
implications non négligeables, tant au niveau des activités quotidiennes que
sur les possibilités fonctionnelles. Ces désagréments renferment d’avantage
l’enfant dans son handicap et rendent l’intégration sociale difficile.
Le traitement de la spasticité approprié à
l’enfant IMC constitue donc une étape importante de la recherche.
De nombreux traitements existent. Parmi
ceux-ci, l’administration de baclofène par voie intrathécale peut constituer
un traitement de choix lorsque le traitement médicamenteux classique par voie
orale nécessite, afin d’obtenir l’effet désiré, des doses telles que
s’ensuivent des effets secondaires indésirables ou lorsque les autres
méthodes traditionnelles n’ont pas permis d’atteindre l’objectif fixé. Le
baclofène ou Liorésal® est une substance chimiquement analogue au
neurotransmetteur inhibiteur GABA. Il permet une réduction de la libération
des neurotransmetteurs excitateurs tels que l’aspartate et le glutamate.
Le baclofène injecté par voie intrathécale
est plus efficace que celui administré par voie orale, traversant
difficilement la barrière hémato-encéphalique. De plus, l’ITB (baclofène
intrathécal) réduit considérablement les effets secondaires.
Il est délivré dans la moelle épinière
grâce à un cathéter amenant directement le médicament au contact des
récepteurs de la moelle épinière. Une pompe contenant le baclofène est placée
sous la peau, au niveau de l’abdomen.
Pour être inclus dans cette étude, les enfants
devaient répondre à des critères de sélection précis. Pour évaluer
l’efficacité du baclofène intrathécal, une période d’essai a été établie, suivie
éventuellement de l’implantation de la pompe. Lors de cette période, l’enfant
entre à l’hôpital pour cinq jours et reçoit chaque jour une dose croissante
de baclofène par injection intrathécale. L’évolution de la spasticité est
évaluée chaque jour deux heures après l’injection, et ce, à l’aide de trois
échelles : l’échelle d’Ashworth, l’échelle de Tardieu et l’échelle
d’Owestry.
Les premiers effets bénéfiques de
l’administration de baclofène par voie intrathécale chez les enfants IMC ont
été rapportés par Dralle et al. en 1985. La littérature décrit des
résultats encourageants. Le traitement par injection intrathécale de
baclofène est corrélé avec une diminution de la spasticité des membres
inférieurs, une diminution de la douleur ainsi que du recours à la chirurgie
orthopédique, une amélioration nette de la qualité de vie, du confort, des
soins de nursing pour certains et des fonctions motrices pour d’autres.
Bien que le traitement par ITB (bacofène
intrathécale) permette de réduire les doses de baclofène à administrer en
agissant directement au niveau des récepteurs présynaptiques, il est
cependant associé à certaines complications (liées au cathéter, aux
infections, à la fuite de liquide céphalo-rachidien) dont les risques peuvent
être fortement diminués, si l’évaluation et le suivi de l’enfant se font
rigoureusement par une équipe pluridisciplinaire.
En conclusion, le traitement par injection
intrathécale de baclofène pour les enfants IMC, encore peu connu dans nos
pays, s’avère efficace pour la spasticité sévère et diffuse.
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