Intérêt de la stimulation des nerfs afférents dans les troubles de la sphère périnéale.

 

Aurélie TROMME

Promoteur : Mme A. Agnessen

Université de Liège, 2002

 

Introduction

L’instabilité vésicale est un problème fréquent (environ 10 % de la population) dont le retentissement psychologique et socio-professionnel peut être important.

Elle se traduit par des urgences mictionnelles, des pollakiuries, parfois des fuites urinaires et des douleurs pelviennes.

Lorsque les traitements conservateurs (techniques rééducatives, traitement pharmacologique) se sont avérés inefficaces, une nouvelle option thérapeutique s’offre aux patients : il s’agit de la neuromodulation.

La neuromodulation périphérique consiste à stimuler électriquement le nerf tibial postérieur en insérant une aiguille sur la face interne de la jambe à environ 4 cm au-dessus de la malléole interne.

L’appareil réalisant cette stimulation s’appelle « SANS » (Stoller Afferent Nerve Stimulator) et a été développé par le docteur Stoller de l’université de Californie. L’impulsion du courant est réglable de 0 à 10 mA avec une durée d’impulsion de 200 µs et une fréquence de 20 Hz.

 

Population étudiée

La population étudiée se compose de 33 patients : 5 hommes et 28 femmes souffrant d’instabilité vésicale. Ils ont été traités pendant 12 semaines à raison d’une séance hebdomadaire d’une durée de 30 minutes.

 

Evaluation

L’évaluation du traitement a été réalisée grâce à 3 questionnaires distribués à chaque patient respectivement à la première, le cinquième et la onzième séance. Ils comportaient 4 parties : qualité de vie, état de santé, état mental et un calendrier mictionnel.

 

Résultats

En comparant les moyennes des scores obtenus aux questionnaires grâce au test t de Student pour échantillons appariés, on obtient :

-         Une amélioration significative (niveau d’incertitude de 5 %) du score de qualité de vie.

-         Une diminution significative du nombre de mictions diurnes. La moyenne est passée de 10.81 mictions par jour avant le traitement à 8.28 après la thérapie.

-         Une diminution significative du nombre de mictions nocturnes. La moyenne est passée de 1.66 mictions par nuit à la première séance à 1.28 après la onzième.

-         Une diminution significative du nombre de fuites sur 24 heures. La moyenne est passée de 2 fuites par 24 heures à 1.35 après le traitement.

 

Conclusion

Le SANS semble être un outil efficace dans le traitement de l’instabilité vésicale.

Un autre argument en sa faveur est le fait qu’il est peu invasif et peu coûteux.

De plus, aucun effet secondaire important n’a été observé pendant ou après les stimulations.

En ce qui concerne l’approche subjective, plus de 80 % des patients traités ont ressenti une amélioration de leur état.