|
EXPLORATION
FONDAMENTALE ET CLINIQUE DE L’EXERCICE ISOCINÉTIQUE EXCENTRIQUE Thèse d’agrégation de
l’enseignement supérieur présentée par J.L. Croisier à l’Université de Liège
le 6 mai 2002 Cette Thèse d’Agrégation de l’Enseignement
Supérieur s’appuie sur des recherches entreprises dans le domaine de
l’exploration musculaire isocinétique depuis 1991. Elle se compose de deux
parties. Dans la première, l’auteur
présente l’état de la question sur l’évaluation isocinétique, en se référant
au mémoire de Doctorat en Kinésithérapie déposé en 1996 (« Contribution fondamentale et clinique à
l’exploration musculaire isocinétique »). Ce chapitre initial situe la dynamométrie
isocinétique parmi les techniques d’exploration de la fonction
musculaire. La définition des
modalités optimales de l’évaluation et l’interprétation de l’information
isocinétique reposent sur une analyse critique du concept. La technique autorise l’étude in vivo de relations physiologiques
musculaires et précise la spécificité de la force isocinétique, influencée
par le dimorphisme sexuel, l’âge, une pratique sportive ou un éventuel
contexte pathologique. La seconde partie est consacrée à
l’exposé des travaux personnels dans le domaine de l’exercice isocinétique excentrique. Plusieurs études fondamentales abordent
certaines modifications biochimiques liées aux contractions musculaires
excentriques et l’étiopathogénie des douleurs musculaires différées (DOMS
pour delayed onset muscle soreness)
qui peuvent en résulter. Une étude
comparative de protocoles concentriques et excentriques de provocation porte
sur les DOMS, la libération plasmatique d’enzymes myocellulaires et de
marqueurs d’une éventuelle réaction inflammatoire, ainsi que sur l’activation
des polymorphonucléaires neutrophiles.
L’efficacité de plusieurs méthodes destinées à réduire l’intensité des
DOMS consécutives à un effort excentrique intensif est ensuite évaluée : un entraînement excentrique
préalable, sous-maximal et de courte durée, protège la musculature striée
squelettique des lésions induites par l’exercice maximal ; par contre, la prescription d’un
anti-inflammatoire non stéroïdien ne constitue pas une alternative
thérapeutique efficace. Dans une approche clinique
complémentaire, divers protocoles excentriques adaptés sont appliqués à des
pathologies locomotrices rebelles aux thérapeutiques conventionnelles : l’intérêt évaluatif de
l’isocinétisme a pu être démontré dans le cadre de lésions musculaires
ischio-jambières récurrentes : la présence d’asymétries bilatérales et
de déséquilibres agonistes / antagonistes suggère l’adaptation des protocoles
classiques de rééducation ; un entraînement isocinétique
individuel destiné à corriger ces anomalies autorise la réduction des
plaintes douloureuses et surtout l’absence de toute récidive lésionnelle lors
de la reprise sportive (suivi longitudinal de 12 mois) ; l’étude du profil isocinétique du
joueur de football de haut niveau démontre l’intérêt d’évaluations
préventives permettant la détection et ensuite le traitement de diverses
anomalies musculaires ; l’application rééducative de
protocoles isocinétiques excentriques apparaît efficace pour trois
localisations de tendinopathies chroniques, rebelles aux traitements
classiques antérieurs. L’ensemble de ces travaux s’appuie
sur des publications dans des revues internationales. Note de la rédaction : nous tenons à féliciter
J.L. Croisier, membre de notre comité de rédaction, pour son remarquable
travail qui, lors de la défense de thèse, a fait l’objet de félicitations
unanimes des membres du jury. Son travail fait grandement honneur à la
kinésithérapie et constitue la meilleure preuve du sérieux des recherches
menées dans le cadre d’une « kinésithérapie basée sur le niveau de
preuve ». Nous profitons de l’occasion pour le remercier chaleureusement
pour tout ce qu’il apporte à notre revue. Yves XHARDEZ |