HAUTE ECOLE CHARLEROI EUROPE – DEPARTEMENT DE
KINESITHERAPIE
Année Académique 2003 – 2004
ACTUALISATION
DU SYNDROME D’HYPERVENTILATION EN KINESITHERAPIE RESPIRATOIRE
(EN
EUROPE ET OUTRE-ATLANTIQUE)
ROUSSEAUX
M.-A.,
sous la direction de Boone L.
IESCA Haute-Ecole Charleroi Europe
Ce mémoire fait le point, à partir de 79 sources bibliographiques, sur l’état actuel des connaissances concernant cette pathologie peu connue ou reconnue.
Le syndrome
d’hyperventilation (SHV) serait particulièrement fréquent
puisque touchant environ 10% de la population, mais resterait largement
sousdiagnostiqué. Sans doute
est-ce dû au fait qu’aucun consensus n’existe tant sur la
définition de la maladie que sur ses signes cliniques et ses moyens de
diagnostic. Certains auteurs doutent même de sa réalité. Le
SHV est le résultat d’un réseau complexe
d’interrelations entre des symptômes physiques et les fonctions
corticales supérieures cognitives et psychoaffectives. Il est
caractérisé par une diversité de signes somatiques,
affectant plusieurs systèmes, induit par une hyperventilation
physiologiquement inappropriée. Le SHV serait un continuum qui aurait
à l’un des pôles une cause purement mécanique l’hyperventilation,
c’est-à-dire une mauvaise habitude respiratoire favorisant une
respiration thoracique au détriment d’une respiration
diaphragmatique ; au pôle opposé la cause primaire serait une
entité psychopathologique telle que la panique.
Folgering
(1999) définit le SHV comme une dérégulation de la
ventilation causant une hypocapnie en l’absence de toute cause organique
induisant une hyperventilation, avec des symptômes et des plaintes non
exclusivement associés à une hypocapnie. L’hyperventilation
peut survenir sans anxiété bien que celle-ci puisse être
induite par l’hyperventilation.
Il paraît dès lors utile d’envisager
les deux abords du SHV, anxiété et hyperventilation, afin de le
traiter dans sa globalité.
La prise en charge kinésithérapique
reposerait sur deux versants, l’une éducatif, l’autre
technique permettant une amélioration clinique se caractérisant
par une raréfaction (voire une disparition totale) des crises ainsi que
du nombre et de l’acuité des plaintes et symptômes au cours
de celles-ci.
Le versant éducatif permettrait par
l’information-dédramatisation de diminuer l’aspect
anxiogène du SHV. Le patient établirait alors un lien direct
entre hyperventilation, hypocapnie et l’apparition de ses
symptômes. La prise de
conscience et la maîtrise de la ventilation de repos rendues possibles
grâce à l’apprentissage d’une respiration lente et
régulière, amélioreraient les composantes respiratoires,
symptomatiques et psychologiques du SHV.
Le versant technique du traitement serait
tout aussi bénéfique. La rééducation respiratoire
tenterait de normaliser le mode ventilatoire en corrigeant la coordination
respiratoire, par l’acquisition d’une respiration
thoraco-abdominale. La technique d’hypoventilation volontaire,
pratiquée correctement et en situation, favoriserait quant à elle
un retour rapide à une normocapnie lors de manifestations aiguës,
en agissant sur la rythmicité respiratoire et sur la reconnaissance des
prodromes du SHV.
L’exercice physique effectué en
fin de programme apporterait une adaptation physiologique du patient à
l’effort en réduisant l’inconfort respiratoire pour un
même niveau d’activité et contribuerait ainsi à
l’amélioration de la symptomatologie (plaintes et
anxiété) et de la confiance en soi.
La relaxation pratiquée en complémentarité de la kinésithérapie respiratoire apporterait au patient anxieux une nette réassurance lui permettant d’aborder son affection avec moins d’appréhension. Sa réactivité à l’environnement et son anxiété d’anticipation peuvent régresser progressivement.