Intérêt du massage chez une population présentant des tensions cervico- scapulaires

 

Affejee Cédric

Promoteurs : Fransoo Patrick et Jeunehomme Martine

HELB I. Prigogine 2004

 

1.     L’expérimentation :

 

Le protocole et la méthodologie :

 

-L’expérimentation s’est déroulée sur un mois et demi, où 40 personnes ont été mesurées et traitées à raison de 4 séances par personne, plus 1 séance de mesure 2 semaines après le dernier traitement.

Les séances incluant les mesures duraient en moyenne 30 minutes, alors que les séances où il n’y avait que le massage duraient en moyenne 15 minutes.

 

- Les outils de mesures utilisés sont valides et fiables et la littérature abonde sur le sujet.

L’algomètre de pression (modèle PTH, pain diagnostics corp.) est un appareil relativement peu onéreux, facilement utilisable et fiable. C’est pour cela que l’algomètre peut être utilisé comme complément à la palpation pour l’évaluation de la tension musculaire.

Les personnes devaient dire « STOP » quand apparaissait la 1ère sensation de douleur ou d’inconfort.

La possibilité de quantifier la tension au niveau d’un trigger-point ouvre la porte à de grandes possibilités cliniques et de recherches pour les problèmes de douleurs myofasciales et des problèmes musculo-squelettiques associés.

 

La population :

 

L’étude s’est portée sur 40 personnes dont 20 hommes et 20 femmes. Cependant, hommes et femmes n’ont pas la même évolution au cours des séances. Il me semble que les femmes sont plus demandeuses et réceptives au côté passif de l’acte de massage en général.

Pour les hommes, une diminution du seuil de pression à court terme peut s’expliquer  par la nature même de l’homme. En effet, au début du massage, ces derniers pourraient ressentir le massage, par un autre homme, comme une atteinte à leur personne et à leur virilité. Cependant, cette appréhension laisserait place à moyen terme à un abandon progressif de soi.

 

Les muscles testés :

 

Nous avons mesuré les TP du trapèze supérieur, angulaire, sus épineux, et rhomboïdes, et ce uniquement du côté droit.

Il a été convenu de mesurer chez chaque personne le TP (trigger point) qui était douloureux à la palpation. Ce TP dit « latent » pouvait ne pas être le même chez tous les sujets. Ainsi, il est apparu au cours de l’exploitation des résultats que toutes les données n’étaient pas exploitables. En effet, il n’y avait pas assez de personnes mesurées pour certains muscles, comme le sus-épineux et le sous-épineux, pour tirer des conclusions sur les évolutions de chacun, et comparer les muscles entre eux.

 

Il est apparu que les muscles les plus souvent repris à la palpation comme douloureux étaient le muscle trapèze et le muscle angulaire de l’omoplate.

Nous avons pu remarquer également que le rhomboïde était souvent présent comme douloureux à la palpation.

Les rhomboïdes sont fréquemment en cause dans les douleurs de nuque car ils sont en tension constante sous l’effet des forces exercées par les muscles thoraciques qui tirent l’épaule vers l’avant.

 

Les séances de mesures :

 

Observations recueillies au cours de l’expérimentation :

 

- L’orientation de la tige peut biaiser l’emplacement du trigger-point et la mesure. Je recommande donc d’être particulièrement attentif à l’orientation de la tige qui doit être perpendiculaire à la peau afin de ne pas glisser sur une structure sous-jacente et atteindre le trigger-point.

- Pour certaines personnes, la mesure du seuil de pression était comprise entre 0 et 1 mais n’atteignait pas la 1ère valeur c’est-à-dire 1. Ainsi, certaines personnes ont avoué avoir eu des difficultés quand ils devaient dire le moment où apparaît la 1re sensation de douleur ou d’inconfort. Y a t’il eu confusion entre la sensation de la tige qui entre en contact avec la peau et la réelle sensation de douleur ?

- De plus, la perception de la 1ère sensation de douleur lors de la mesure du seuil de pression, est différente lorsqu’on fait le repérage avec une palpation manuelle par rapport à la mesure avec l’algomètre via la tige.

 

- Nous avons choisi de prendre la moyenne des seuils de pression droite/gauche, car après observation des données expérimentales, il en ressortait que les seuils des points situés de chaque côté de la colonne vertébrale étaient équivalents dans la majorité des cas.

 

-  Environ 75 % des sujets de l’étude auraient préféré être sur le ventre pour être plus relâchée.

- De plus, les 15 minutes de massage ont été perçues comme insuffisantes, et certains sujets ont avoué commencer à se relâcher après ces 15 minutes.

- Les pressions glissées ont été fort bien acceptées par la majorité de la population à l’inverse des pressions statiques. 

Ainsi, les pressions statiques en particulier doivent être lentes, sinon il apparaît une sensation de douleur. Les manœuvres doivent donc être lentes pour être relâchantes.

Les effleurages semblent être, selon les remarques de chacun, la manœuvre la plus appréciée, la plus relâchante.

- Mais certains sujets hommes et femmes ont plus apprécié les manœuvres profondes alors que d’autres préféraient les manœuvres plus superficielles. Cependant, je n’ai pas pu tirer des conclusions plus précises, car les remarques n’ont pas été faites systématiquement. En effet, il a du arriver que chez certaines personnes, j’appuie un peu plus fort que chez d’autres.

- La détente musculaire peut arriver environ 1heure après. La personne se sent relâchée et bien.

- Nous avons observé chez certains sujets une migration du point douloureux. Chez d’autres personnes, cette migration a été ressentie et exprimée par le patient.

 

 

2.     Les résultats :

 

Le test statistique utilisé est le test de Student, avec P<0,05.

 

- Que ce soit avant la prise en charge par le massage, ou après celle-ci, nous voyons que la moyenne algique des hommes est inférieure (de 4,3 à 3,4 à l’EVA) à celle des femmes (de 3,3 à 2,5 à l’EVA).

De plus, le massage semble apporter un effet bénéfique sur la gestion de la douleur chez les personnes présentant des tensions cervico-scapulaires (p=0,024).

 

- Les seuils de pression des femmes sont toujours inférieurs à ceux des hommes. Ce qui est en accord avec des observations faites dans la littérature. Dès lors, le massage est perçu différemment par les hommes et par les femmes.

Il conviendrait alors d’adapter la force du massage et de masser les femmes moins fort que les hommes.

 

Dans notre travail, les femmes ont un seuil de pression douloureux d’environ 34% inférieur à celui des hommes.

Ainsi notre étude confirme les résultats des études menées par Fischer, Jensen et Buchanan qui montrent que les femmes ont un seuil de pression inférieur à ceux des hommes au niveau de tous les muscles.

 

Concernant les améliorations du seuil de pression, il y a eu amélioration significative après massage pour 3 muscles sur 4 :

Trapèze supérieur : p=0,002.

Angulaire : p=0,0006

Sus-épineux : p=0,70

Rhomboïdes : p=0,13

 

Les hommes ont une diminution du seuil de pression à court terme ; ce qui est la traduction d’une augmentation de la tension/sensibilité dans le muscle. Cependant ce seuil augmente chez les hommes au cours de la 4e et 5e séance mais sans réduction significative de la tension  musculaire.

Pour les hommes, il serait semble t-il intéressant d’établir un lien de confiance dès le début de la séance afin d’arriver à la réduction de la tension musculaire et d’utiliser les techniques citées précédemment.

 

- Les seuils des personnes (hommes et femmes) qui ont participé à l’étude, sont inférieurs à ceux retrouvés dans la littérature.

Ceci pourrait s’expliquer par la petitesse de certains échantillons, ou bien par la présence de valeurs extrêmes qui ont pu fausser les moyennes des seuils.

 

3. Conclusion : 

 

Le massage a montré une efficacité significative au niveau des points de tension du trapèze et de l’angulaire.