Apport de l’antibiothérapie administrée par percussionaire dans le traitement des bronchopneumonies des patients intubés et ventilés aux soins intensifs

 

Aurélie Serret (promotion 2004, ULG)

Promoteur de mémoire : Professeur Pierre Damas, chef de service des Soins Intensifs Généraux du C.H.U. de Liège.

 

 

 

Objectif : Les PAVM (pneumonie acquise sous ventilation mécanique) sont classiquement traitées par une antibiothérapie intraveineuse. Le but de cette étude est d’évaluer l’efficacité d’une antibiothérapie par percussionaire concomitante.

 

Méthodes : 20 patients furent randomisés en deux groupes : Groupe IV (n = 8) et groupe IPV® (n = 12). Les deux groupes reçoivent du céfépime par intraveineuse et un traitement de kinésithérapie respiratoire classique. De l’amikacine est administré par IPV® (intrapulmonary percussive ventilation) dans le groupe IPV® et par intraveineuse dans le groupe IV. Ce groupe bénéficie également d’un traitement par IPV® avec du liquide physiologique.

 

Résultats : L’efficacité clinique avec les deux types de traitement ne montrent pas de différence significative : le CIPS (score clinique d’infection pulmonaire) est inférieure à 6 dans les deux groupes et le taux de guérison est de 67% dans le groupe IPV® et de 62,5% dans le groupe IV.

Le taux d’éradication à J7/10 est de 75 % dans les deux groupes.

La créatininemie tend à augmenter dans le groupe IV (passant de 8,3 ± 4,1 mg/l à 10,9 ± 9,5 mg/l), alors que les dosages d’amikacine dans le sang sont indétectables lors de son administration par IPV®, laissant suggérer une moindre néphrotoxicité des aminosides par IPV®.

Les deux populations étudiées ne présentent pas de différence significative en terme de durée de traitement, de durée de séjour en USI et de durée de ventilation après diagnostic.

 

Conclusion : Les résultats observés dans cette étude, à savoir une efficacité clinique et un taux d’éradication comparables et une moindre toxicité rénale lors du traitement par IPV® seront à confirmer par un essai clinique sur des échantillons de plus grande taille et comparables en tout point. L’administration d’aminosides par voie aérienne pourrait alors trouver une place de choix parmi les traitements des PAVM. De plus, la répartition de l’antibiotique serait peut être plus homogène avec l’ IPV® qu’avec un aérosol standard grâce au recrutement alvéolaire de l’ IPV®.