Contribution à l'étude
anatomo-morphologique du
muscle levator ani chez
la femme asymptomatique :
Utilisation de l'Imagerie par Résonance Magnétique
BOUCHANT Benjamin
Haute École Paul-Henri SPAAK, I.S.E.K. – Kinésithérapie, Bruxelles
Mémoire de l’année académique 2004-2005
Objectifs :
L'objet de cette étude est de montrer que la morphologie du muscle releveur de l'anus décrite à partir de dissections cadavériques, n'est pas la même que celle observée sur des personnes vivantes et en bonne santé. Notre étude a pour but d'objectiver les observations faites par les études précédentes à propos de la morphologie du muscle releveur de l'anus. En effet, ces études ont dit que ce muscle avait une forme de double coupole à concavité inférieure.
Méthodologie :
La population étudiée se compose de 11 femmes nullipares âgées de 22 à 26 ans (23,64±1,12 ans), et de 9 femmes multipares âgées de 33 à 47 ans (40,67±4,66 ans). Toutes ces femmes ne présentent pas de signes cliniques au niveau urologie, gynécologie, proctologie.
Nous avons utilisé les coupes frontales passant derrière l'anus, et les coupes sagittales para-médianes afin d'étudier le faisceau ilio-coccygien du muscle releveur de l'anus.
Dans le plan frontal, nous avons calculé le centre de courbure de l'arc de cercle décrit par le faisceau, et nous avons mesuré la différence de hauteur entre les deux coupoles. Dans le plan sagittal, nous avons mesuré la différence d'antériorité d'une coupole par rapport à l'autre.
Au niveau des statistiques, nous avons utilisé le test de corrélation de Fisher, le test t non-pairé de Student afin de comparer les mesures de nos deux populations.
Résultat :
100% des femmes nullipares ont des faisceaux ilio-coccygiens ayant une forme de double coupole à concavité inférieure et postérieure.
On retrouve plus souvent des coupoles gauches plus hautes (P=0,0166) et plus antérieures (P=0,0216) chez les femmes nullipares, alors que le contraire est montré chez les multipares.
Les femmes multipares ont des coupoles significativement moins concaves (P=0,0360) et plus postérieures (P=0,0038) que les femmes nullipares.
Conclusion :
L'utilisation de l'IRM nous a permis de confirmer les observations faites lors de précédentes études. Chez des femmes asymptomatiques, le muscle releveur de l'anus n'a pas une forme de hamac à concavité antérieure et supérieure. Grâce au principe de la voûte avec ses piliers, la concavité inférieure et postérieure permettrait au releveur d'amortir les forces engendrées par les efforts abdomino-thoraciques de la vie quotidienne, et ceci afin de protéger le plexus honteux et hypogastrique.