Etude par échographie, imagerie par résonance magnétique, spectroscopie et histologie de biopsies cutanéo-graisseuses chez des patients lymphoedémateux chroniques.

 

 

 

O. Leduc* ; E. Fumière** ; S. Fourcade* ; C. Becker*** ; C. Garbar** ; A. Leduc*; C. Delcour**. 

 

*          Haute Ecole PH. Spaak

**       CHU Charleroi ULB, Belgique

***     Hôpital Universitaire HEGT Européen Georges Pompidou

 

Buts de l’étude 

1. Définir la nature de l’hyperéchogénicité intralobulaire en échographie.

2. Confirmer la possibilité de détecter des collecteurs lymphatiques en échographie.

3. Décrire la composante des travées du tissu sous-cutané responsable de l’aspect en rayon de miel objectivé par de multiples techniques d’imagerie dans le lymphoedème chronique.

4. Déterminer quelle technique d’imagerie ou quelle combinaison de techniques d’imagerie serait la plus à même d’apprécier avec certitude la part de composante graisseuse, fibreuse, liquidienne d’un lymphoedème chronique ?

 

Matériels et méthodes 

Notre étude a été réalisée sur 8 biopsies effectuées lors d’une chirurgie de transfert d’un lambeau libre lymphonodal. Tous les patients présentent des lymphoedèmes anciens et résistants au traitement de kinésithérapie classique.

Nous réalisons des coupes échographiques au moyen d’une sonde linéaire de haute fréquence de 13,5 MHz.

A l’I.R.M., nous effectuons des coupes de séquences Spin Echo T1 : sagittal, coronal, transversal ; Turbo Spin Echo T2 sagittales avec et sans FatSat ; STIR sagittales.

Puis, nous procédons à une analyse spectrale des pics de graisse et d'eau en spectroscopie protonique CSI (voxels de 6*6*5 mm).

L'analyse histologique a nécessité une inclusion du tissu à la paraffine pour la microtomisation et une coloration spécifique au Trichrome de Masson.

 

Résultats et Discussion

Il ressort de notre étude que dans le lymphoedème chronique, une composante fibreuse est bien présente dans les travées interlobulaires mais également en "intralobulaire".

- L'échographie reste plus sensible que l'I.R.M. aux modifications intralobulaires (interfaces eau ou fibrose-adipocyte) mais la séméiologie écho sonore de l’infiltration aqueuse ou fibreuse intralobulaire est comparable.

- La résolution spatiale des U.S. semble suffisante pour détecter des vaisseaux lymphatiques mais c'est leur situation au sein des travées hypodermiques qui est un facteur défavorable.

- Nous pensons que les travées hypodermiques responsables de l’aspect en «honeycomb pattern» correspondent aux canaux tissulaires élargis par accumulation de liquide et/ou de fibrose. Il serait donc plus correct de dire que l’image de «l’élargissement» des travées hypodermiques donnant un aspect en rayon de miel est typique du lymphoedème chronique.

- C’est la corrélation des résultats en échographie, I.R.M., spectroscopie et histologie qui nous permet d’apprécier avec une certitude la part de composante graisseuse, fibreuse, liquidienne d’un lymphoedème chronique.

 

Conclusion

L'imagerie médicale permet non seulement des diagnostics différentiels mais également l'évaluation du lymphoedème. Il est indispensable de connaître les composants du lymphoedème chronique et de comprendre les modifications engendrées par celui-ci pour faire évoluer le traitement classique de kinésithérapie.