Intérêt de l’électrostimulation des muscles paravertébraux du lombalgique chronique dans le cadre d’un programme de revalidation.

 

 

Auteur : Anne Delvaux

Promoteurs : Prof M. Vanderthommen et C. Demoulin

Section Kinésithérapie et réadaptation, ULG, année académique 2004-05

 

 

 

Cette étude a pour objectif d’évaluer l’intérêt de l’utilisation de l’électrostimulation (ES) comme traitement complémentaire pour le renforcement de la musculature lombaire chez le lombalgique chronique.

 

Ce programme de stimulation excito-motrice, constitué de 12 séances à raison de 3 par semaine est composé d’une alternance de contractions tétanisantes (40 Hz pendant 5 sec) et de contractions non-tétanisantes (8Hz pendant 10 sec) pendant 25 minutes.

 

Il s’inscrit dans le cadre du programme de revalidation lombalgique du CHU de Liège s’établissant sur une période de 4 semaines.

 

Ce programme de reconditionnement physique propose aux patients trois séances hebdomadaires de 2 heures environ incluant un entraînement cardio-vasculaire sur bicyclette ergométrique, une gymnastique collective de tonification et d’assouplissement musculaire, un renforcement de la musculature du tronc à l’aide de machines spécifiques de musculation (DBC) ainsi qu’une prise en charge individuelle du patient par un kinésithérapeute. Deux autres séances hebdomadaires sont également proposées aux patients. Celles-ci, d’une durée de deux heures, abordent les aspects théoriques de la colonne vertébrale et les exercices pratiques de verrouillage lombaire et d’auto-agrandissement. A la suite de ces 18 séances de traitement, les patients qui le désirent peuvent bénéficier e 18 séances supplémentaires de traitement, soit un total de 36 séances maximum.

 

42 patients lombalgiques chroniques participent à cette étude ; ils sont répartis en deux groupes : un groupe RP (reconditionnement physique), constitué de 32 patients (âge moyen : 46,5 ± 9,9 ans ; délai des douleurs : 10 ±  9,1 ans) bénéficiant du programme traditionnel de reconditionnement physique et un groupe RP + ES, constitué de 10 patients (âge moyen 40 ±  13,6 ans ; délai des douleurs : 7,4 ±  5,3 ans) qui reçoivent les séances de stimulation de manière additionnelle au programme de reconditionnement classique. Pour l’évaluation des 36 séances, on ne compte plus que 16 patients dans le groupe RP et 5 pour le groupe RP + ES.

 

Les bénéfices éventuellement acquis suite aux séances de stimulations électriques sont évalués sur base de différents tests objectifs  (mesure de la force isométrique maximale des muscles du tronc, de l’endurance des muscles lombaires et de la mobilité) et subjectifs (EVA, questionnaire EIFEL et questionnaire de Dallas). L’évaluation est réalisée de manière initiale (1re séance) et finale (18e séance) de même qu’à une troisième reprise pour les patients ayant participé aux 36 séances.

 

A l’issue de 18 séances de traitement, l’analyse des résultats montre une amélioration globale des différents paramètres d’évaluation pour les deux groupes. Cependant, aucune différence significative n’apparaît entre ces deux groupes. A la 36e séance, nos variables présentent une amélioration supplémentaire mais la différence intergroupe demeure non significative.

 

Ainsi, il n’apparaît pas y avoir d’intérêt à associer l’électrostimulation au programme de reconditionnement physique classique.

 

Le niveau élevé d’activité physique volontaire des patients ainsi que l’absence de recrutement optimal de la musculature paravertébrale profonde sous ES sont évoqués pour expliquer ces observations. Toutefois, il se pourrait que l’électrostimulation neuro-musculaire puisse jouer un rôle lors de situations plus particulières.