ETUDE DES EFFETS CLINIQUES DE LA COMPRESSE THERMIQUE WELLCARE CHEZ LES PATIENTS GONARTHROSIQUES

 

Auteur : Sandrine Desnoyers

Promoteur : Prof. Y. Henrotin

Mémoire de Licence en Kinésithérapie et Réadaptation, Université de Liège, année académique 2004-2005

 

OBJECTIFS

 

Ce mémoire analyse les propriétés thermiques d’un nouveau moyen de cryothérapie, à savoir la compresse « Fflexx » (Wellcare Products, Wavre, Belgique), et compare ces propriétés à celles des Cold pack et Polar care.

Les effets de la compresse « Fflexx » ont ensuite été étudiés chez des patients gonarthrosiques, candidats à la pose d’une prothèse totale de genou.

 

MATERIEL ET METHODE

 

Afin d’étudier les propriétés thermiques de la compresse « Fflexx », cinq sujets féminins sains ont été inclus. Une compresse thermique munie de sa housse de protection, ainsi qu’un Cold pack et un Polar care ont été nécessaires. Les températures à l’interface peau-objet de cryothérapie ont été relevées à l’aide d’un thermomètre muni de cinq sondes, et relié à une interface informatique. Les cinq sujets ont ensuite été soumis à un questionnaire concernant leur ressenti au cours des différentes modalités d’application du froid.

Dans le cadre de l’étude des effets de la compresse « Fflexx », 15 patients gonarthrosiques au stade pré-opératoire (six femmes et neuf hommes) ont été pris en compte. Le statut algo-fonctionnel de ces patients a pu être analysé grâce à une batterie de tests, comprenant notamment une échelle visuelle analogique (EVA), le questionnaire Western Ontario and Mac Master Universities Osteoarthritis (WOMAC), la mesure des périmètres articulaires et de la cuisse (à 10 et 20 cm au-dessus du bord supérieur de la rotule), l’évaluation de la mobilité articulaire du genou (amplitude en flexion et extension), l’analyse des moments de force maximaux (MFM) des fléchisseurs et extenseurs du genou, à 30 et 60°/s. Une échelle de satisfaction vis-à-vis des compresses thermiques Fflexx a ensuite été remise à chaque patient.

 

RESULTATS

 

L’efficacité de la compresse thermique « Fflexx » a été prouvée, puisqu’elle permettait une descente en température de l’ordre de 5,62 ± 0,3°/minute (plus importante qu’avec les Cold pack et Polar care), au cours des trois premières minutes d’application, engendrant un phénomène de choc thermique. Les températures diminuaient tout au long de l’application, et restaient toujours inférieures à 15°C (« seuil d’efficacité »). La température minimale atteinte à l’aide de « Fflexx » était supérieure à celle atteinte avec les deux autres systèmes. Cependant, 15 minutes après le retrait du froid, les températures cutanées étaient identiques, la vitesse de réchauffement suite au retrait de « Fflexx » étant alors plus lente qu’avec les autres méthodes.

L’analyse des effets de la compresse thermique chez les patients gonarthrosiques a révélé une diminution de la perception douloureuse (EVA) entre les semaines « traitement standard » et « traitement compresse », et une amélioration du déficit de mobilité du genou en flexion. La compresse a permis d’améliorer l’indice algo-fonctionnel des patients présentant le moins de handicap à l’inclusion.

L’application de la compresse a été plutôt perçue comme une gêne que comme une douleur, et un tiers des patients l’ont même trouvé agréable. Au retrait de la compresse, 47% des patients ont éprouvé un certain bien-être.

 

CONCLUSION

 

La compresse thermique « Fflexx » a démontré son efficacité, et l’utilisation de ce système plutôt que les systèmes de Cold pack ou de Polar care semble justifiable. Pourtant, les effets cliniques, établis sur base de l’étude de l’application de « Fflexx » chez des patients gonarthrosiques au stade pré-opératoire, ne se sont révélés que moyennement satisfaisants. Des perspectives d’étude de ce nouveau système de cryothérapie, chez des patients en post-opératoire, ou dans le cadre de la traumatologie sportive, sembleraient envisageables.