Intérêt des
techniques myotensives dans le cadre du traitement de la cervicarthrose
Auteur : Caroline Graff
Promoteurs : R Bastin
et Prof M Vanderthommen
Mémoire de licence en
kinésithérapie et réadaptation, Université de Liège, année académique 2004-2005
Objet
de l’étude
Vu le peu de validations scientifiques concernant le traitement
kinésithérapeutique de la cervicarthrose, il nous a semblé utile de développer
un traitement global, original et raisonné.
Matériel
et méthode
Un seul groupe de 12 patients cervicarthrosiques (âgés de 44 à 74 ans) dont
le délai moyen de la douleur était d’environ 2 ans (extrêmes : 3 mois à 7 ans)
a été évalué.
Chaque patient a bénéficié de 10 séances de kinésithérapie à raison de deux
fois par semaine, soit cinq semaines de rééducation présentant une certaine
progressivité.
Le traitement rééducatif comportait les éléments
suivants :
-
1.
Tractions cervicales.
-
2.
Etirements musculaires.
-
3.
Techniques myotensives.
-
4.
Mobilisations passives.
-
5.
Mobilisations actives.
-
6.
Renforcement musculaire.
Celui-ci s’est déroulé de manière progressive en ajoutant
de nouveaux exercices au fur et à mesure des séances. Il était divisé théoriquement en trois phases :
-
Le 1er 1/3 du traitement : associait des tractions, des
étirements musculaires et des techniques myotensives.
-
Le 2e 1/3 du traitement : les mêmes techniques que lors du
1er 1/3 du traitement furent utilisées et un travail plus intensif
de mobilisations passives leur fut associé.
-
Le 3e 1/3 du traitement : au travail myotensif et aux
mobilisations vinrent s’ajouter des
mobilisations actives et une isométrie axiale de renforcement en luttant contre
la pesanteur suivant les principaux plans de mouvement.
Pour quantifier l’évolution de la douleur, de la mobilité et de la
force nous avons utilisé respectivement le questionnaire algo-fonctionnel
intitulé : Echelle des douleurs et incapacités cervicales (version française
du NPDS), la méthode par projection et trigonométrie et un dynamomètre
spécifique (machine « David
140 » (David Back clinic, Linköping, Suède)).
Analyse
statistique
Pour comparer les résultats de
notre population à différents moments du protocole, nous avons utilisé le test
de student pour échantillons appariés lorsque le test fut réalisé à 2 reprises
(questionnaire algo-fonctionnel) et l’analyse de variance pour mesures répétées
(complété par le test de Bonferroni) lorsque le test fut réalisé à 4 reprises
(mobilité et force).
Le seuil de signification statistique était fixé à 5%.
Résultats
et discussion générale
Le questionnaire algo-fonctionnel de début de traitement montrait que notre
population présentait une réelle incapacité fonctionnelle allant de pair avec
la cervicarthrose.
La réduction importante de mobilité concernant cinq des six mouvements
constituait la 2e gêne principale de nos patients en début de
traitement. L’analyse de la force montrait également une réduction importante
pour les quatre mouvements testés par rapport à une population de sujets
asymptomatiques de même âge.
Le programme de rééducation mis sur pied, permit une amélioration
significative du niveau algo-fonctionnel. Nos patients présentèrent notamment
une nette amélioration sur le plan de la douleur et de la réduction ressentie
de la mobilité.
Une tendance robuste à l’amélioration (non significative) de la mobilité
fut observée pour les six mouvements évalués, les variations les plus
importantes étant relevées en inclinaison droite (+ 22,6 %).
Une amélioration (non significative) fut également observée en force. La
variation la plus importante étant observée en inclinaison gauche (+ 39,3 %).
L’ensemble du traitement rééducatif s’est avéré efficace. Même si le
traitement n’a pas amené les résultats escomptés au niveau statistique, il
semble très prometteur. Il serait donc pertinent de prolonger cette étude sur
un échantillon plus large de même qu’en sélectionnant un groupe contrôle.