Contribution à l’évaluation des performances des muscles extenseurs du tronc chez le lombalgique chronique

 

Auteur :Elodie Jeunejean

Promoteurs : Mr C. Demoulin, Prof.  M. Vanderthommen

Université de Liège, Faculté de médecine, I.S.E.P.K

Mémoire de licence en Kinésithérapie et réadaptation (année académique 2004-2005)

 

Dans ce travail, nous avons évalué la force et l’endurance statique et dynamique des muscles extenseurs du tronc de différentes populations (des étudiants sains ainsi que des sujets sains et lombalgiques âgés de 30 à 60 ans) à l’aide de tests instrumentalisés et de terrain. Cette étude avait pour objectifs de déterminer le test le plus reproductible, le plus discriminant et le mieux adapté pour évaluer des patients lombalgiques chroniques, de comparer les performances des différents groupes expérimentaux ainsi que d’établir des valeurs de références. 

 

            La reproductibilité intra- et inter-séance du test de force isométrique maximale réalisé sur la machine « David Back lumbar extension 110 » s’est révélée très satisfaisante et ce dans chaque groupe expérimental (CV<10%). La reproductibilité des tests d’endurance est apparue plus faible, surtout chez les sujets lombalgiques chroniques où des différences significatives ont été mise en évidence entre les performances réalisées lors de deux évaluations distinctes. Ces résultats suggèrent de soumettre les patients lombalgiques à un premier test de familiarisation avant d’évaluer leur endurance musculaire et ce quel que soit le test d’endurance.

 

            La force et l’endurance des muscles extenseurs du tronc des sujets lombalgiques sont apparues globalement inférieures à celles des sujets sains appariés. Le cercle vicieux de désadaptation à l’effort dans lequel les personnes lombalgiques chroniques sont plongées pourrait expliquer ces observations. Dans chaque groupe expérimental, les sujets féminins ont présenté des moments de force maximaux plus faibles mais des performances en endurance plus élevées que les sujets masculins. La différence de typologie musculaire et l’influence des hormones sexuelles expliqueraient l’endurance supérieure des femmes. L’importance des écart-types et le faible échantillon présent dans cette étude contribuent certainement à l’absence de différences significatives d’une part entre les sujets sains et lombalgiques chroniques et d’autre part entre les sujets masculins et féminins.

 

            Le test de force isométrique réalisé à diverses angulations de flexion du tronc, a permis de constater que plus les sujets sont en flexion du tronc, plus les moments de force développés sont importants, conformément à la relation tension-longueur. Nous avons également calculé des ratios entre le moment de force maximum développé à 30° et le moment de force maximum développé à 15° et 0° de flexion du tronc. Ces ratios permettent de prédire la force qu’un patient développerait à 30° de flexion lorsqu’il est évalué dans une position plus redressée. 

 

            L’étude des corrélations entre les performances aux différents tests n’a montré que peu ou pas de corrélation significatives entre les performances aux tests d’endurance instrumentalisés et non-instrumentalisés, entre les performances aux tests d’endurance statique et celles aux tests d’endurance dynamique et enfin entre les performances au tests de force et celles au tests d’endurance. L’analyse des corrélations entre les performances aux tests et les caractéristiques anthropométriques n’a mis en évidence que de rares corrélations significatives. Cependant, d’après les résultats, le poids corporel et le poids de la partie supérieure du corps sont corrélés (négativement) avec le temps de maintien au test de Sorensen dans la plupart des groupes expérimentaux. Pour les sujets lombalgiques, peu de corrélations ont été observées entre leurs performances aux différents tests et leurs scores aux échelles algofonctionnelles.

 

L’évaluation de la force isométrique maximale des muscles extenseurs rachidien réalisé sur le dynamomètre « David Back lumbar extension 110 » s’est révélé être reproductible et bien toléré par les patients lombalgiques chroniques. Son caractère discriminant doit être confirmé sur un échantillon plus important. Bien que l’évaluation de l’endurance de ces muscles soit pertinente chez les patients lombalgiques chroniques, cette étude a mis en évidence les inconvénients et les difficultés de ces tests à savoir une faible reproductibilité, des difficultés respiratoires ainsi que la nécessité d’une évaluation de familiarisation afin de limiter l’appréhension de ces sujets face à l’épreuve. Il serait pertinent de continuer cette étude afin de pouvoir comparer ces différents tests à l’aide d’un échantillon plus important.