Contribution à l’évaluation des
performances des muscles extenseurs du tronc chez le lombalgique chronique
Auteur :Elodie
Jeunejean
Promoteurs : Mr C. Demoulin,
Prof. M. Vanderthommen
Université de
Liège, Faculté de médecine, I.S.E.P.K
Dans ce travail, nous avons évalué la force et
l’endurance statique et dynamique des muscles extenseurs du tronc de
différentes populations (des étudiants sains ainsi que des sujets sains et
lombalgiques âgés de 30 à 60 ans) à l’aide de tests instrumentalisés et de
terrain. Cette étude avait pour objectifs de déterminer le test le plus
reproductible, le plus discriminant et le mieux adapté pour évaluer des
patients lombalgiques chroniques, de comparer les performances des différents
groupes expérimentaux ainsi que d’établir des valeurs de références.
La reproductibilité intra-
et inter-séance du test de force isométrique maximale réalisé sur la machine
« David Back lumbar extension 110 » s’est révélée très satisfaisante
et ce dans chaque groupe expérimental (CV<10%). La reproductibilité des
tests d’endurance est apparue plus faible, surtout chez les sujets lombalgiques
chroniques où des différences significatives ont été mise en évidence entre les
performances réalisées lors de deux évaluations distinctes. Ces résultats
suggèrent de soumettre les patients lombalgiques à un premier test de
familiarisation avant d’évaluer leur endurance musculaire et ce quel que soit
le test d’endurance.
La force et l’endurance
des muscles extenseurs du tronc des sujets lombalgiques sont apparues
globalement inférieures à celles des sujets sains appariés. Le cercle vicieux
de désadaptation à l’effort dans lequel les personnes lombalgiques chroniques
sont plongées pourrait expliquer ces observations. Dans chaque groupe
expérimental, les sujets féminins ont présenté des moments de force maximaux
plus faibles mais des performances en endurance plus élevées que les sujets
masculins. La différence de typologie musculaire et l’influence des hormones
sexuelles expliqueraient l’endurance supérieure des femmes. L’importance des
écart-types et le faible échantillon présent dans cette étude contribuent
certainement à l’absence de différences significatives d’une part entre les
sujets sains et lombalgiques chroniques et d’autre part entre les sujets
masculins et féminins.
Le test de force
isométrique réalisé à diverses angulations de flexion du tronc, a permis de
constater que plus les sujets sont en flexion du tronc, plus les moments de
force développés sont importants, conformément à la relation tension-longueur.
Nous avons également calculé des ratios entre le moment de force maximum
développé à 30° et le moment de force maximum développé à 15° et 0° de flexion
du tronc. Ces ratios permettent de prédire la force qu’un patient développerait
à 30° de flexion lorsqu’il est évalué dans une position plus redressée.
L’étude des corrélations
entre les performances aux différents tests n’a montré que peu ou pas de
corrélation significatives entre les performances aux tests d’endurance
instrumentalisés et non-instrumentalisés, entre les performances aux tests
d’endurance statique et celles aux tests d’endurance dynamique et enfin entre
les performances au tests de force et celles au tests d’endurance. L’analyse
des corrélations entre les performances aux tests et les caractéristiques anthropométriques n’a mis en évidence que de
rares corrélations significatives. Cependant, d’après les résultats, le poids
corporel et le poids de la partie supérieure du corps sont corrélés
(négativement) avec le temps de maintien au test de Sorensen dans la plupart
des groupes expérimentaux. Pour les sujets lombalgiques, peu de corrélations ont
été observées entre leurs performances aux différents tests et leurs scores aux
échelles algofonctionnelles.
L’évaluation de la force isométrique
maximale des muscles extenseurs rachidien réalisé sur le dynamomètre
« David Back lumbar extension 110 » s’est révélé être reproductible
et bien toléré par les patients lombalgiques chroniques. Son caractère
discriminant doit être confirmé sur un échantillon plus important. Bien que
l’évaluation de l’endurance de ces muscles soit pertinente chez les patients lombalgiques
chroniques, cette étude a mis en évidence les inconvénients et les difficultés
de ces tests à savoir une faible reproductibilité, des difficultés
respiratoires ainsi que la nécessité d’une évaluation de familiarisation afin
de limiter l’appréhension de ces sujets face à l’épreuve. Il serait pertinent
de continuer cette étude afin de pouvoir comparer ces différents tests à l’aide
d’un échantillon plus important.