HAUTE ECOLE LIBRE DE BRUXELLES ILYA PRIGOGINE

2006

 

Validité et fiabilité des moyens d’évaluation du rachis cervical

BERTUIT Jeanne

 

 

 

 

 

 

 

 

                                               

 

                                                     Année 2005-2006

 

 
 


Objectifs :

 

-         Evaluer la validité et la fiabilité des moyens d’évaluation du rachis cervical que le kinésithérapeute tient dans son arsenal d’instruments, en réalisant une revue critique de la littérature qui se base sur des études publiées à partir de 2000.

-         Quelles sont les limites de cette validité et de cette fiabilité ?

-         Et quels sont les instruments que l’on peut utiliser dans le cadre de l’évaluation du cervicalgique ?

 

Protocole :

 

Première partie :

 

Cette partie consiste en l’énumération des différents tests principaux (anamnése, douleur, examens cliniques, force musculaire, mobilité, cinématique, neurologique, tests spécifiques, fonctionnels et proprioceptifs) avec la descrpition de leurs buts.

Une mise au point sur les différentes études parues avant 2000 au sujet de leur validité et de leur fiabilité est réalisée. Ainsi, les tests les plus fiables et valides sont :

-         Douleur: l’échelle visuelle analogique, l’algométre, le Mc Gill Pain Questionnaire, la méthode par Mc Kenzie.

-         Force musculaire : les différents appareils.

-         Cinématique : goniomètre, inclinomètre et electrogoniomètre.

-         Tests neurologiques : sensibilité, motricité et les tests des ULTT.

-         Tests fonctionnels : le Neck Disability Index, le Neck Pain and Disability Scales, le Northick Park Pain Questionnaire et le Oswestry Disability Index.

Les autres tests montrent une fiabilité et une validité inacceptables ou ils n’ont pas été étudiés en terme de leur méthodologie, ce qui nous empêche de les utiliser de manière convenable dans le cadre de l’évaluation du cervicalgique.

 

Deuxième partie :

 

Cette partie a permis de mettre en place une méthodologie claire et rigoureuse pour évaluer chaque étude lors de la revue critique de la littérature. La base de données et les mots clés utilisés pour faire la sélection des articles sont clairement identifiés. Puis, plusieurs facteurs d’inclusion ont été mis en place, ce qui a permis de faire une sélection définitive d’études sur base de la pré-selection .

Deux tableaux ont été construits : le tableau descriptif des études, qui permet de résumer chaque étude de manière simple, rapide et systématique et un tableau d’évaluation des études, qui permet d’apprécier à sa juste valeur les résultats de chaque  étude selon certains critères que nous avons jugé utiles. Le choix de ces critères est justifié et décrit. Ce tableau a permis d’évaluer chaque étude de manière stricte, rigoureuse et systématique .

 

 

 

Troisiéme partie :

 

Cette partie est consacrée à l’ensemble de la revue de la littérature qui est consitué de 24 études dans différents domaines : douleur, examen clinique, force musculaire, test de mobilisation, cinématique, tests neurologique, spécifiques, fonctionnels et proprioceptifs.

 

Résultats :

 

-         quelle est la validité et la fiabilité de l’ensemble des moyens d’évaluation des cervicales ?

 

Les plus acceptables :

 

-         Les tests de la douleur

-         Les différents appareils pour évaluer la force musculaire

-         Les tests de l’évaluation cinématique

-         Les tests fonctionnels

-         Les tests proprioceptifs

 

Les moins acceptables :

 

-         Test de compression et de traction cervicale

 

Tests dont l’avis est divergeant selon les auteurs :

 

-         Les tests de mobilité

-         Les tests neurologiques

 

Ceux qui n’ont pas été étudiés :

 

-         Les tests spécifiques

 

 

- quelle est la limite de cette validité et de cette fiabilité ?

 

Il y a un véritable manque de standardisation des tests. En effet, sans standardisation, il devient difficile de comparer ou de mettre en relation des tests ou des études.

Cela se vérifie essentiellement au niveau de la cinématique, des tests de mobilisation, des tests spécifiques et neurologiques.

 

La plupart des tests ont une importante lacune en ce qui concerne le gold standard (référence standard acceptée et validée). En effet, sans gold standard, il devient difficile d’évaluer la validité de concurrence d’un test car on ne peut le comparer à un autre moyen concidéré comme valide.

 

Il y a manifestement des difficultés quant à trouver une position neutre de la tête.

 

 

Conclusion :

 

La plupart des tests acceptables sont ceux utilisés en laboratoire ou en centre de recherche. Ces derniers ne sont quasiment pas cités dans les ouvrages thérapeutiques et ne sont pas rentrés dans les habitudes de pratique clinique. De plus, ils ne sont pas enseignés dans la formation de base en kinésithérapie. La plupart des tests enseignés pendant les formations de kinésithérapie sont les tests qui se révèlent être les moins acceptables ou qui n’ont fait l’objet d’aucune étude de validité et de fiabilité. Cette situation semble contradictoire, mais doit être relativisée car les études de validité et de fiabilité ne sont mis en place que depuis une vingtaine d’années. Auparavant le statut du kiné ne permettait pas d’élaborer des diagnostics. Or le kiné se trouve actuellement dans une situation où il est en obligation de réaliser un bilan thérapeutique. De ce fait, la validité et la fiabilité des tests et des instruments devraient être une des principales prioritées des recherches cliniques.