Université catholique de Louvain
Faculté de Médecine
Institut d’Education physique et Réadaptation
Influence de l’étirement passif sur la spasticité du muscle triceps
surae du patient hémiparétique.
Baptiste LEZE et Olivier TCHATCHENKO
Sous la direction de Christine DETREMBLEUR et de Gaétan STOQUART
Chez 9 patients présentant
une hémiparésie spastique, l’effet de l’étirement passif de courte durée sur
la spasticité du triceps surae a été étudié.
L’étirement était appliqué par un système de poids poulie pendant 30 secondes
et répété 5 fois en respectant un repos de 3 secondes entre chaque application
et ce, sur le côté parétique comme le côté « sain » . Une mesure
objective de la spasticité par le système de quantification de la raideur mis
au point par Rack , était réalisée avant l’étirement (t0), juste
après (t1) et 10 minutes plus
tard (t2). L’amplitude de la flexion dorsale de la cheville, le réflexe
achiléen, et le tonus musculaire mesuré à l’aide du score obtenu à l’échelle
d’Ashworth étaient également mesurés. Résultats : On a constaté que
l’étirement effectué a eu peu d’influence sur la raideur musculaire que ce soit
du côté « sain » ou du côté parétique avec de grandes variations
inter individuelles. Il n’y a pas de
différence significative entre t0, t1et t2 pour
la raideur élastique (p=0,581),
visqueuse (p=0,274) et totale (p=0,236) du côté atteint. Pour le côté
sain, nous n’observons pas non plus de différence significative entre t0, t1 et t2 pour la raideur élastique (p=0,218) et visqueuse (p=0,357). En revanche, pour la raideur
totale, la différence était significative (p=0,024).
L’amplitude articulaire des deux côtés, a elle aussi été
affectée de façon significative en augmentant entre t0 et t1,
puis en diminuant entre t1 et t2. Les scores obtenus à
l’échelle d’Ashworth et des réflexes n’ont pas montré de différence
significative. Par ailleurs, l’analyse statistique comparant la raideur musculaire
à t0 entre les deux côtés n’a pas montré de différence
significative. L’ensemble de nos résultats et des études
déjà réalisées dans le domaine de la spasticité nous laisse perplexe sur le ou
les choix de traitement kinésithérapique et la manière de l’appliquer ou les
appliquer. En effet, puisque certaines techniques semblent agir sur la boucle
réflexe, ne peut-on pas les cumuler afin d’être plus efficace ?
De nos jours nous ne sommes pas
en mesure de n’utiliser qu’une seule technique qui serait la plus efficace pour
inhiber la spasticité en dehors du traitement médical. Alors, à quand l’unique
traitement ?