UNIVERSITE de
LIEGE
Année académique
2005-2006
Exploration de l’équilibre à l’aide du Balance Master
Auteur : Anne FRISCH
Promoteurs :
Prof JL Croisier (Université de Liège)
Prof A
Urhausen (Université de Sarrebruck, Allemagne)
Université de Liège
L’étude de l’équilibre constitue le sujet
principal de ce mémoire. L’équilibre est une caractéristique importante pour le
sujet sain, qui peut rencontrer au cours de sa vie quotidienne des situations
où la fonction d’équilibre est particulièrement sollicitée, au domicile, au
travail ou dans le sport. Souvent il apparaît primordial de réagir vite pour
contrecarrer un risque de chute. Chez le sujet âgé, chuteur potentiel, qui
souffre souvent de problèmes orthopédiques, la dégradation du système
labyrinthique est très fréquente. La vision se détériorant également avec
l’âge, la sensibilité plantaire et l’ensemble du système proprioceptif
deviennent prépondérants. Certains contextes pathologiques s’accompagnant
également de troubles d’équilibre devront être compensés par un schéma corporel
de qualité. De même, les enfants qui souffrent de troubles d’équilibre
présentent un risque majoré de tomber d’une hauteur ou de subir un accident de
sport.
Il paraît donc judicieux de quantifier la fonction d’équilibre.
Cependant, l’étude de l’équilibre apparaît complexe, car il ne s’agit pas d’un
sens ou d’un organe isolé, mais plutôt d’une association de trois systèmes
différents : la vision, l’appareil vestibulaire et la proprioception. Sur
le marché, plusieurs outils de mesure permettent d’objectiver l’équilibre. Dans
notre étude nous avons utilisé une plate-forme de force statique, le Balance
Master, avec lequel nous avons réalisé des tests en station unipodale, à la
fois yeux ouverts et fermés, au sein d’une population jeune. Les objectifs de
notre étude consistent à établir des normes pour la station unipodale sur le
Balance Master, à tester la reproductibilité du test unipodal dans une
population jeune, à évaluer la force explosive de ces mêmes enfants au moyen
d’un saut vertical et à évaluer l’influence du sport à la fois sur l’équilibre
et sur la force explosive.
La population étudiée est composée de 131 enfants de 12-13 ans, dont 75
garçons et 56 filles, recrutés parmi 5 classes scolaires d’un lycée classique
de la ville de Luxembourg. Il n’y a pas de différences significatives entre
filles et garçons pour la taille moyenne (157 ±
Le test d’équilibre se réalise sur le Balance
Master, qui est constitué d’une
double plate-forme de force d’une
longueur de
L’enfant
se place pieds nus sur la plaque, les mains aux hanches. Lorsqu’il est prêt, il
lève un pied et essaie de maintenir la position unipodale pendant 10 secondes.
Pendant le test, l’enfant regarde l’écran face à lui, où il peut voir le temps
s’écouler. Le test est réalisé 3 fois 10 secondes les yeux ouverts, puis 3 fois
10 secondes les yeux fermés, à la fois sur la jambe gauche et la jambe droite.
Donc chaque enfant réalise 12 tests (6 à gauche, 6 à droite).
Le test de saut consiste en un Counter
Movement Jump. La période en suspension est utilisée pour le calcul de la
hauteur d’élévation du centre de gravité selon la formule h=(gxt²)/8 (h=hauteur d’élévation du
centre de gravité en mètres, g=accélération de la gravité (9,81 m/s²) et
t=temps de suspension en seconde). L’enfant se place avec chaussures sur le
tapis de sol et réalise 3 sauts verticaux. Le meilleur des trois sauts est
retenu pour les statistiques.
Les observations principales de notre étude sont les suivantes :
-
les
enfants maîtrisent bien l’équilibre en station unipodale les yeux
ouverts ; cependant les yeux fermés, la majorité des enfants (80%)
présente des troubles du contrôle postural ;
-
les
filles semblent maîtriser davantage l’équilibre que les garçons en position
unipodale yeux ouverts (p=0,042);
-
le
BMI, les antécédents de blessure et la pratique sportive n’influencent pas la
station unipodale ;
-
la
reproductibilité du test unipodal réalisé les yeux ouverts est très bonne
(CV=1,4%). En revanche la reproductibilité du test unipodal les yeux fermés est
moins bonne (CV=8,9%) ;
-
les
garçons sautent plus haut que les filles lors du CMJ (p=0,002);
-
le
BMI et la pratique sportive influencent la hauteur du CMJ (p=0,019;
p=0,026);
-
il
n’y a pas de relation entre le test unipodal et le CMJ.
En conclusion on peut dire que ce mémoire nous a permis de constater
que l’étude de l’équilibre est relativement complexe et qu’il ne suffit pas de
réduire l’équilibre à une de ces composantes.