mémoires 2006-2007

 

HAUTE  ECOLE  ROBERT SCHUMAN                                   

INSTITUT   D'ENSEIGNEMENT    SUPERIEUR                           

DEPARTEMENTS ECONOMIQUE ET PARAMEDICAL

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Étude comparative de 2 protocoles d’entraÎnement sur la capacitÉ À l’effort de patients transplantÉs cardiaques : entraÎnement en endurance versus endurance + rÉsistif.

 

GIRARD Rachel

 

            BUT : Le but de cette étude était de comparer les effets d’un programme de réentraînement en endurance seul avec un programme combiné d’exercices en endurance et résistifs sur la capacité à l’effort de patients transplantés cardiaques en phase II.

 

            CONTEXTE : Malgré une amélioration de la plupart des paramètres cardiaques après l’opération, la capacité à l’effort des greffés cardiaques reste diminuée de 30 à 60% par rapport à celle des sujets sains. On a cru pendant longtemps que l’inertie de la fréquence cardiaque à l’exercice due à la dénervation était le principal responsable de cette intolérance à l’exercice. Depuis une dizaine d’année on sait que les facteurs périphériques musculaires jouent un rôle prépondérant dans cette incapacité. Il existe en effet chez ces patients des anomalies musculaires engendrées par l’insuffisance cardiaque antérieure et accentuées par le traitement immunosuppresseur, qui sont responsables d’une forte altération des différents paramètres intervenant dans la capacité oxydative du muscle. De nombreuses études ont mise en évidence les effets bénéfiques du travail résistif sur l’activité enzymatique oxydative et l’augmentation de la quantité de fibres I. De plus, il a été démontré que chez les transplantés la force musculaire des membres inférieurs serait très fortement corrélée à la VO2 max.

 

            METHODE : Quarante quatre hommes transplantés cardiaques depuis 1 mois en moyenne ont participé à cette étude. Les patients sont répartis dans 2 groupes d’âge : soit 15-25 ans (n=7), soit 40-60 ans (n=37). Dans chaque groupe d’âge, les patients étaient soumis soit à un programme en endurance pure, soit à un programme combiné d’exercices en endurance et résistifs. Les séances commencent à partir de la 5ème semaine post-opératoire et se déroulent deux fois par jour, cinq jours par semaine durant environ un mois. Les séances du matin sont réservées à la kinésithérapie respiratoire et à la gymnastique globale durant 45 minutes, suivies par 30 minutes de travail sur vélo, et ce quelque soit le programme de revalidation proposé. Les séances de l’après midi durent 45 minutes, durant lesquelles les sujets affectés au programme endurance effectuent une séance sur vélo, tapis roulant, rameur ou stepp et ceux du programme combiné réalisent un travail résistif des membres inférieurs. La fréquence cardiaque et la pression artérielle sont contrôlées régulièrement. A la fin de leur séjour, la capacité à l’effort de ces patients a été évaluée lors d’une épreuve d’effort métabolique sur cycloergomètre. Nous avons comparé les consommations maximales d’oxygène pré et post-opératoires(VO2 max), la fréquence cardiaque maximale (FC max), la puissance maximale par kilo (Pmax/kg). Nous avons ainsi pu comparer l’évolution des VO2 max avant et après l’opération en fonction du programme de réentraînement suivi et la corrélation existant entre la Pmax/kg et la VO2 max.

 

            RESULTATS : Les VO2 max initiales pré-opératoires des patients ne sont pas différentes entre les groupes aérobie et aérobie + résistif. Chez le groupe des 40-60 ans, la VO2 max post-opératoire, l’amélioration de la VO2 max par rapport à sa valeur pré-opératoire et la Pmax/kg sont significativement plus importantes chez les patients du groupe combiné que chez les patients du groupe endurance (respectivement 23,51 ml/min/kg contre 17,70 ml/min/kg, +95,12% contre +63,29% et 1,90 watts/kg contre 1,34 watts/kg). Les mêmes observations sont constatées chez les sujets plus jeunes. Les VO2 max pré-opératoires ne sont pas différentes. Cependant, la VO2 max, l’évolution de la VO2 max après la transplantation et la Pmax/kg sont significativement différentes et plus élevées chez les sujets du groupe combiné que chez le groupe endurance : 29,77 ml/min/kg contre 23,18 ml/min/kg, +117,35% contre +58,10% et 2,31 watts/kg contre 1,49 watts/kg). Pour chaque groupe la différence de FC max n’est pas significative ce qui signifie que les différences de VO2 max post-opératoires, de gains obtenus et de Pmax/kg ne s’expliquent pas par une meilleure adaptation de la FC. Enfin, chez les transplantés, le coefficient de relation entre la VO2 max et la Pmax est de 0,81 ce qui signifie qu’en améliorant la Pmax on peut améliorer le VO2 max.

 

            CONCLUSION : Un programme combiné d’exercices en endurance et résistifs permet une amélioration plus importante de la capacité à l’effort des transplantés cardiaques qu’un programme en endurance pure. Ceci ne s’explique pas par une amélioration plus importante de la FC max. Le travail résistif permet d’améliorer les paramètres musculaires intervenant dans la capacité oxydative des muscles squelettiques ce qu’un programme en endurance pure ne semble pas permettre dans de telles proportions.