UNIVERSITE DE LIEGE
Faculté de médecine - Institut Supérieur d'Education Physique et
Kinésithérapie
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Résumés – Mémoires 2006-2007
Explorations musculaires
comparatives entre patients fibromyalgiques et lombalgiques chroniques.
Auteur : Delphine Delcourt
Promoteurs : C. Demoulin et Dr D. Maquet
Mémoire de
2e licence en Kinésithérapie et Réadaptation, année académique
2006-2007, Université de Liège.
OBJECTIFS
Cette étude a pour objectif d'évaluer et de
comparer les performances musculaires de sujets féminins souffrant de
fibromyalgie et de lombalgie chronique.
Un groupe contrôle comportant des sujets
féminins sains a été inclu dans cette étude afin de comparer les résultats des
populations pathologiques avec des valeurs normatives.
MATÉRIELS ET MÉTHODES:
Notre étude comporte trois groupes
expérimentaux composés de sujets féminins âgés entre 30 et 60 ans: un groupe
fibromyalgique (n=13), un groupe lombalgique chronique (n=11) et un groupe
contrôle (n=15). Tous les sujets évalués
sont sédentaires ou sportifs de loisirs (max 3h/semaine) et ne présentent
aucune lésion traumatique du genou, aucun trouble cardiaque ni d'ostéoporose.
Tous les sujets ont participé à une séance d'évaluation
comportant 4 tests physiques ainsi qu'une série de questionnaires (Fibromyalgia
Impact Questionnaire, Fatigue Severity Scale, HAD questionnaire, Questionnaire
de Dallas, Tampa scale of Kinesiophobia, EVA de la douleur).
Les tests physiques comportaient
successivement:
· l'évaluation isocinétique des
muscles fléchisseurs et extenseurs du genou
· l'évaluation de la force isométrique
maximale des muscles du tronc
· l'évaluation de l'endurance
cardiorespiratoire
· l'évaluation de l'endurance statique
des muscles extérieurs du tronc (test de Sorensen).
RÉSULTATS ET CONCLUSION:
D'après les questionnaires FIQ et de Dallas
soumis aux deux populations pathologiques, la fibromyalgie et la lombalgie
chronique sont deux pathologies chroniques ayant un impact non négligeable sur
la qualité de vie des personnes qui en souffrent. Par ailleurs ces scores apparaissent
significativement plus élevés dans la population fibromyalgique. Le questionnaire HAD indique pour sa part un
score de dépression significativement plus important dans ce groupe par rapport
à la population lombalgique chronique.
Par contre, les deux populations pathologiques semblent présenter des
scores d'anxiété similaires.
Au terme des évaluations physiques, l'ensemble
de la fonction musculaire semble altérée chez les sujets fibromyalgiques. En effet, les MFM relatifs des muscles
fléchisseurs et extenseurs du genou des sujets fibromyalgiques apparaissent
respectivement réduits de 18,2 % et 10,6 % tandis que les paramètres de RMF
sont diminués en moyenne de 16,3 %. De
plus, comparativement à la population contrôle, une réduction significative
comprise entre 18,4 % et 48,3 % est constatée lors de l'évaluation de la force
des muscles du tronc alors que l'endurance des extenseurs du tronc est diminuée
en moyenne de 42,1 %.
Les résultats isocinétiques (force et RMF) des
patients lombalgiques chroniques ne sont pas significativement différents de
ceux de la population contrôle alors qu'un déficit de l'ordre de 10,4 % à 20,7%
est observé pour les MFM relatifs développés par l'ensemble des muscles du
tronc. Le test de Sorensen révèle une
réduction non significative du temps de maintien entre les populations
lombalgiques chroniques et contrôles (117 vs 149 sec.). Enfin, l'évaluation de l'endurance cardiorespiratoire
à l'aide d'un test ergométrique sous-maximal n'a révélé aucune différence
significative entre nos trois populations.
De manière générale, l'analyse comparative des
paramètres de force et d'endurance musculaire entre populations fibromyalgique
et lombalgique chronique révèle des performances significativement inférieures
chez les fibromyalgiques. Cette
diminution s'expliquerait en partie par un déconditionnement physique mais
également par d'autres éléments tels que la crainte de la douleur, la douleur
elle-même, le degré de motivation et les mécanismes d'inhibition musculaire et
de ralentissement psychomoteur. Quant
aux lombalgiques chroniques, ils semblent présenter une altération musculaire
localisée plutôt qu'un déconditionnement physique général.
Ce travail
a par ailleurs mis en évidence une perception nociceptive et une pénibilité de
l'effort significativement accrues chez les sujets fibromyalgiques. La kinésiophobie, évaluée à l'aide des EVAK
et du TSK, est apparue dans nos deux groupes expérimentaux pathologiques,
supérieure à celle de la population contrôle mais reste modérée.