UNIVERSITE DE LIEGE
Faculté de médecine - Institut Supérieur d'Education Physique et
Kinésithérapie
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Résumés – Mémoires 2006-2007
Auteur : Sophie Koninckx
Promoteurs : Christophe Demoulin et Marc
Vanderthommen
Mémoire de deuxième licence en kinésithérapie
et réadaptation, année académique 2006-2007, Université de Liège
Objectifs :
L’augmentation des coûts occasionnés par la lombalgie chronique a conduit à la mise en place de nombreux programmes multidisciplinaires intégrant des dynamomètres permettant une évaluation objective, ainsi qu’un renforcement des muscles du tronc. Dès lors, il était pertinent de comparer différentes de ces machines (David Back, Schnell et Tergumed). Cette étude avait pour objectifs de vérifier la présence de corrélations entre les performances mesurées au moyen de différents dynamomètres conçus pour évaluer les muscles du tronc et de vérifier la cohérence des conclusions issues de la comparaison avec les valeurs de référence propres aux dynamomètres.
Matériel et méthode :
Douze sujets masculins sains et sportifs (minimum cinq à huit heures de sport par semaine) ont participé à notre étude composée de trois séances, espacées de une à deux semaines. Ces séances étaient réalisées dans des centres différents disposant de quatre dynamomètres destinés à évaluer successivement la force isométrique maximale des muscles extenseurs, fléchisseurs, latérofléchisseurs et rotateurs du tronc. Le protocole évaluatif était identique entre les trois centres et les évaluations étaient réalisées selon les recommandations du constructeur afin de pouvoir comparer nos résultats aux valeurs de référence propres à chaque dynamomètre.
Résultats :
Les mesures de force isométrique maximale des muscles extenseurs, latérofléchisseurs droits et gauches, rotateurs droits et gauches du tronc apparaissaient significativement supérieures aux valeurs de référence propres à chaque dynamomètre, excepté les mesures de force des muscles latérofléchisseurs sur le dynamomètre Schnell qui étaient similaires aux valeurs normatives. Les mesures de force maximale des muscles fléchisseurs enregistrées en position standard étaient similaires aux valeurs normatives pour les dynamomètres David Back et Schnell. Par contre, elles étaient significativement inférieures aux valeurs de référence pour le dynamomètre Tergumed.
Les corrélations entre les moments de force des
différents muscles du tronc (exprimés en valeur absolue ou en pourcentage par
rapport aux normes propres à chaque appareil) étaient systématiquement
significatives (r³0,83 et r³0,69 respectivement) entre les
dynamomètres David Back et Schnell.
Conclusions :
L’étude corrélative a confirmé des corrélations significatives entre les
mesures de force des muscles extenseurs, latérofléchisseurs droits et gauches
et rotateurs droits et gauches (exprimées en valeur absolue ou en pourcentage
par rapport à la valeur normative propre à chaque appareil). Ces résultats
suggèrent une certaine cohérence entre les mesures et entre leurs
interprétations sur les différents dynamomètres. Il semble donc que les
résultats de l’évaluation d’un patient lombalgique chronique soient interprétés
de façon identique quelque soit la gamme de dynamomètres
utilisée. Les mesures de force maximale étaient significativement inférieures
aux valeurs de référence pour le dynamomètre Tergumed. Cette dernière
observation est interpellante, car notre population était composée de sujets
jeunes et sportifs. Elle peut cependant être expliquée par une position de test
qui serait différente de celle utilisée lors de l’établissement des normes ou
par un éventuel problème de calibration du dynamomètre. Les mesures de force
maximale des muscles fléchisseurs sont apparues corrélées significativement
entre tous les dynamomètres. Cependant, la corrélation entre les mesures de
force maximale (exprimées en pourcentage par rapport à la valeur normative
propre à chaque appareil) était significative uniquement entre les dynamomètres
David Back et Schnell. L’absence de corrélation significative avec la machine
Tergumed implique que les conclusions résultant de l’évaluation d’un sujet
réalisée sur un type de dynamomètre différaient de celle obtenue sur un autre
dynamomètre. L’obtention de mesures de force supérieures aux valeurs de
référence pour la majorité des évaluations peut être expliquée par le caractère
sportif de notre population.
Perspectives :
Afin de compléter cette étude comparative, il serait nécessaire de
comparer les différents dynamomètres en termes d’activité électromyographique
enregistrée lors des efforts à intensité maximale. Cet enregistrement
permettrait d’étudier le recrutement musculaire et de préciser l’origine des
compensations. Dans une étude ultérieure, il serait également pertinent de
comparer l’évolution de la force des muscles du tronc de patients lombalgiques
chroniques poursuivant un programme de renforcement instrumentalisé sur les
différents dynamomètres.