UNIVERSITE DE LIEGE

Faculté de médecine - Institut Supérieur d'Education Physique et Kinésithérapie

 

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Résumés – Mémoires 2006-2007

 

 

 

Étude comparative des paramètres de marche chez une population de patients âgés : Sains, Mild Cognitive Impairment et Alzheimer, avec sensibilisation des tests à la double tâche cognitive.

 

 

Auteur : Jean-Baptiste LAURIN

Promoteurs : Professeur J.PETERMANS, Professeur J.L CROISIER, Docteur D. MAQUET

Mémoire de 2e Licence en kinésithérapie et réadaptation, année académique 2006-2007, Université de Liège

 

Introduction :

 

Notre travail a été basé sur 3 observations. D’une part d’après la littérature, l’efficacité du contrôle moteur diminue avec l’avancée en âge, entraînant des pertes d’équilibre

. En effet, le contrôle de la marche chez les personnes âgées est cortical, alors que chez les jeunes il est automatique.

 

D’autre part, il apparaît que l’utilisation d’une double tâche augmente la perturbation de l’équilibre chez les sujets âgés. Il a été démontré que lorsque l’on exécute deux tâches en même temps, elles interfèrent si elles utilisent les mêmes systèmes cérébraux. Par exemple dans le cas d’une situation mettant en jeu la marche et une tâche cognitive, toutes deux mobilisent l’attention chez les sujets âgés, elles vont donc interagir.

 

 

Enfin, il a été démontré que la perturbation de l’équilibre est plus marquée chez la population « Alzheimer ». Cependant aucun travail, à notre connaissance, ne montre une altération de la fonction motrice chez les sujets MCI. C’est pourquoi il nous semble intéressant de mettre en place un protocole visant à identifier les troubles de la marche chez les sujets MCI.

 

Objectifs :

 

Dans un 1er temps, il s’agit de tester la mise en place d’un protocole efficace, utilisable en clinique, comportant des mesures assez sensibles pour pouvoir distinguer la population «MCI» des autres populations «Contrôle» et «Alzheimer».

 

 

Dans un second temps, il s’agit de tenter d’isoler les paramètres les plus pertinents, pour pouvoir les suivre de manière longitudinale et peut être par là, déterminer des variables prédictives d’une évolution vers la démence.

 

Matériel et méthodes :

 

Notre travail a inclus 14 sujets « Contrôle », 14 sujets « MCI » et 6 sujets « Alzheimer ». Les participants devaient avoir plus de 65ans selon nos règles d’inclusion mais ils devaient aussi répondre à différents critères d’exclusion. Néanmoins, le nombre limité des sujets « Alzheimer » est dû aux difficultés de recrutement de cette population âgée fragile. Toutefois il existe une bonne homogénéité entre les 3 groupes en terme d’âge, puisque la moyenne d’âge est respectivement de 74ans pour les sujets sains, de 73ans pour les sujets MCI et de 74ans pour les sujets Alzheimer. De plus au sein de chaque groupe, la population est hétérogène puisqu’il y a autant d’hommes que de femmes. (50% d’hommes et 50% de femmes dans tous les groupes).

 

Pour notre étude, nous souhaitions des tests validés, facile à réaliser, demandant peu de temps et de matériels, et ne troublant pas la marche du sujet. Ainsi, chaque participant a subi 3 tests, le « One leg balance », le « Timed get up and go » et une marche sur 40m contrôlée par le système « Locométrix ». Afin de sensibiliser les tests, chaque épreuve a été réalisée en situation de simple tâche (tâche motrice) puis de double tâche (tâche motrice + tâche cognitive). Nous avons choisi un décompte comme tâche cognitive, car d’une part c’est la double tâche la plus facile à exécuter, et d’autre part, comme la marche, il fait également appel à la mémoire de travail. Les deux tâches vont donc entrer en compétition.

 

Enfin, pour limiter tout phénomène de fatigue et d’apprentissage, nous avons randomisé l’ordre de passage des tests.

 

Résultats :

 

L’addition d’une tâche cognitive ne semble pas détériorer le temps de maintien uni-podal.

Ainsi, le test du « One leg » en double tâche ne semble pas pertinent pour dissocier les 3 populations.

 

Comme signalé dans la littérature, le test « Timed get up and go » est valable pour isoler la population Alzheimer. Cependant, les performances du groupe « MCI » semblent proches de celles du groupe « Contrôle », ce qui ne nous permet pas encore une fois, de dissocier les 3 populations.

 

Quant au Locométrix, il permet dès le passage en tâche simple, de différencier 3 profils : les performances les plus élevées pour le groupe « Contrôle », les plus faibles pour le groupe « Alzheimer » et intermédiaires pour le groupe « MCI ». Toutefois en double tâche, ces écarts deviennent significatifs, La  variable vitesse est celle permettant le mieux d’identifier le groupe « MCI », car elle révèle nettement des performances intermédiaires  par rapport aux deux autres groupes. Alors que les paramètres : fréquences de pas, activité cranio-caudale et coût énergétique parviennent à dissocier le groupe « MCI » du groupe « contrôle ». Enfin, dans l’étude de la détérioration des paramètres entre les 2 conditions de marche, on a pu mettre en évidence un résultat original : la symétrie est améliorée pour le groupe « contrôle », alors qu’elle est dégradée pour les 2 autres groupes.

 Cette constatation nous amène à penser qu’un décompte régulier chez les sujets âgés sains, donne un rythme de marche semblable à un métronome.

 

Conclusion :

 

Si de nombreuses études ont montré l’impact négatif d’une tâche cognitive sur la marche des personnes Alzheimer, nous avons pu démontrer que la marche du sujet MCI peut être elle aussi, perturbée par la tâche cognitive.

 

Dans cette analyse l’apport du système « Locométrix » apparaît déterminant. Il se révèle être un outil très sensible qui permet de distinguer les 3 groupes, et ainsi, d’isoler la population « MCI » à l’aide d’un test de marche.

 

Certains auteurs ayant constaté, avec succès, que l’utilisation d’un métronome peut améliorer la marche des sujets parkinsoniens, nous pensons que l’influence d’un décompte régulier permettrait aux participants à notre travail d’augmenter la régularité de leur marche.

 

Dans ces conditions,  il nous paraît intéressant de soumettre les populations « MCI » et « Alzheimer » à ce type de rééducation, afin de vérifier l’amélioration de leur symétrie de marche et peut être par là, de pouvoir prévenir les chutes et le déclin fonctionnel.