Mémoires du département kinésithérapie

IESCA, Haute Ecole Charleroi Europe

2007-2008

 

 

Intérêt de la constraint-induced movement therapy pour la rééducation du membre supérieur chez des patients hémiplégiques vasculaires

 

Pauline Poreye

 

Quinze millions de personnes dans le monde sont victimes chaque année d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Parmi les dix millions de survivants, la moitié de l’effectif conserve un handicap important. L’hémiparésie du membre supérieur est un déficit moteur commun après un accident vasculaire cérébral, rendant souvent les patients dépendants de leurs proches et de la communauté.

 

La Constraint-Induced Movement Therapy (CIMT) est une approche récente de traitement développée par Taub et al répondant à ce déficit moteur unilatéral et se distinguant par une « evidence-based medicine » conséquente et internationale. Ses divers aspects sont explorés dans ce mémoire.

 

La CIMT base son action sur le dépassement du phénomène d’apprentissage de la nonutilisation acquise du membre supérieur parétique après la survenue de l’AVC. Cette thérapie est fondée sur trois principaux composants : un entrainement répétitif et fonctionnel du membre supérieur parétique, une immobilisation du membre supérieur sain dans une écharpe ou un gant de restriction et des techniques de transfert des gains acquis pendant la rééducation dans l’environnement propre du patient. Malgré une efficacité bien établie, particulièrement en stade chronique, le caractère intensif de la CIMT a tendance à rebuter les patients et les thérapeutes concernés. Afin de répondre à leurs attentes, d’autres alternatives de la thérapie, telles que le format allégé de la CIMT (modified Constraint-Induced Movement Therapy) ou le format automatisé de la CIMT (Automated Constraint-Induced Movement Therapy Extension) ont été développées.

 

La réorganisation corticale induite par la CIMT semble être un phénomène à l’origine des améliorations fonctionnelles du membre supérieur parétique induites par la CIMT. Des études utilisant différentes techniques d’imagerie montrent des changements neurophysiologiques à l’étage cortical en lien avec l’application de la thérapie, bien que ces changements ne soient pas uniformes en termes de localisation des territoires activés ou d’intensité d’activation de ces territoires.

 

Bien que de nombreux aspects de l’application et des mécanismes d’action de la Constraint-Induced Movement Therapy doivent encore être éclairés, cette thérapie semble être prometteuse dans la rééducation de l’AVC.