DEPARTEMENT PARAMEDICAL SECTION KINESITHERAPIE MEMOIRE - SYNTHESE DUTOUYA RESUME En rééducation vestibulaire, le patient
vertigineux doit faire face à un conflit sensoriel qui perturberait sa
représentation mentale de l’espace. Cette approche expérimentale évalue les
capacités de rotation mentale, de mémoire spatiale et de navigation spatiale
d’un groupe de sujets labyrinthiques et d’un groupe de sujets sains. Par
l’analyse des résultats à ces trois types d’épreuves, nous parvenons à
interpréter la capacité des sujets à se représenter l’espace. Cette étude
vise à mieux comprendre les conséquences que la pathologie labyrinthique
induit dans le traitement de l’information spatiale. Titre : EVALUATION DE LA REPRESENTATION SPATIALE DU
PATIENT LABYRINTHIQUE Auteur : Pierre DUTOUYA Promoteurs : Docteur Christian VAN NECHEL,
Jean-Marc ALEXANDRE Année : 2007-2008 Promotion : 7ème Promotion Question / problème : La représentation spatiale est un
concept cognitif qui repose sur l’intégration multi-sensorielle des
informations prélevées dans l’environnement, dans l’espace qui nous entoure.
Or, la symptomatologie de la majorité des patients traités en rééducation
vestibulaire est la conséquence d’un conflit sensoriel entre des informations
vestibulaires, visuelles et proprioceptives : le vertige est la résultante
clinique du conflit existant entre l’homme et son espace. Ainsi, nous
suggérons que les plaintes des patients traités en rééducation témoignent de
certains désordres dans la représentation de l’espace. L’intérêt de l’étude
est de savoir si l’altération de la fonction vestibulaire périphérique a une
influence défavorable sur la représentation spatiale. Méthodologie : Il s’agit d’une approche expérimentale
qui repose sur l’évaluation de la représentation spatiale d’un groupe de
sujets labyrinthiques et d’un groupe de sujets sains. Deux tests pré-expérimentaux sont
nécessaires à la sélection de l’échantillon : le test de
Fukuda et le « Head Shaking Test ». Ils permettent également de qualifier dans quelle mesure les sujets de
l’étude ont compensé leur déficit vestibulaire. Trois tests expérimentaux sont utilisés
pour évaluer la représentation spatiale : - Un test de
rotation mentale : il
correspond à une épreuve visuo-spatiale inspirée du “Minnesota Paper Form Board Test – Revised.” ; - Un test de
mémoire spatiale :
Privés de l’entrée visuelle, les sujets doivent évaluer une rotation imposée
sur fauteuil rotatoire. - Un test de
navigation spatiale et de représentation de l’espace : Le patient doit marcher sur les traces d’un
triangle rectangle matérialisé au sol dont le trajet a été préalablement
mémorisé. En évaluant les habiletés spatiales dans
des épreuves expérimentales faisant intervenir des stratégies cognitives
différentes, nous comparerons les résultats de l’évaluation de la
représentation spatiale de sujets sains et pathologiques. Résultats : Au vu des résultats statistiques, aucune
des trois épreuves n’a apporté de données significatives. Cela ne signifie
pas que le patient labyrinthique ne présente pas de troubles de la
représentation spatiale mais plutôt que le méthodologie utilisée ne le met
pas en évidence. Pourtant, les résultats individuels
laissent supposer que les sujets possèdent des habiletés plus ou moins
performantes en fonction de la spécificité de la tâche. Les trois tests expérimentaux mettent en
jeu des processus cognitifs et des stratégies différentes mais ils
nécessitent tous une intégration efficace de l’espace. Cependant, il est
probable que la dispersion des résultats globaux soit expliquée par la
variabilité des épreuves proposées. Les stratégies nécessaires à la
réalisation des trois épreuves proposées font appel à des processus
neurologiques différents étant donné que les modalités d’évaluation sont
différentes : évaluation cognitive (rotation mentale), évaluation perceptive
passive (mémoire spatiale) et évaluation perceptive active (navigation
spatiale en marche aveugle). La manifestation de l’atteinte du
déficit vestibulaire et sa compensation centrale sont extrêmement variables
dans le groupe labyrinthique. La passation successive des trois tests est
longue et couteuse pour les sujets pathologiques. Conclusions : Nous avons considéré que la rotation
mentale, la mémoire spatiale et la navigation spatiale étaient des témoins
mesurables et représentatifs de la « représentation mentale de l’espace». Ainsi, nos résultats offrent en quelque
sorte une vue d’ensemble sans pour autant dégager de données significatives
entre les deux groupes évalués. Toutefois, l’étude des rapports liant le
patient vertigineux et la façon dont il appréhende l’espace, doit rester une piste
à explorer. La connaissance des phénomènes qui relient la physiopathologie
d’une atteinte vestibulaire et la représentation spatiale permettra au
thérapeute de mieux comprendre les plaintes de ses patients. Mots-clés : pathologie labyrinthique, vertiges, représentation spatiale, habiletés
spatiales, mémoire spatiale, rotation mentale, navigation spatiale. |