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DEPARTEMENT PARAMEDICAL SECTION KINESITHERAPIE MEMOIRE - SYNTHESE Titre : place
éventuelle de la «gymnastique corticale» dans le traitement du syndrome
douloureux régional complexe de type I Auteur : L’Hour
Solenn Promoteurs : Ralph Delire et monsieur de Mesmaeker Année : 2007-2008 Promotion : 7ème Question / problème : ce traitement
kinésithérapique à visée centrale est-il efficace pour ce type de patient ? Méthodologie : approche théorique Résultats : la gymnastique corticale permet l’élimination des symptômes en 6 semaines de
traitement. Conclusions : c’est une nouvelle approche de traitement qui mérite d’être expérimentée. Mots-clés : plasticité cérébrale, réorganisation corticale Les Syndromes Douloureux Régionaux Complexes de type I (CRPSI : complex
regional pain syndrome de type I), plus connus sous le nom d’algodystrophie
(ne présentant donc pas de lésion nerveuse), sont souvent source de
controverses et d’interrogations, notamment en ce qui concerne la
physiopathologie, le diagnostic et les traitements. D’autre part, les CRPSI, de causes multiples et variables, sont bien
souvent diagnostiqués tardivement. D’un point de vue thérapeutique, il n’existe actuellement aucun consensus
pour les CRPSI. Toutefois, un profil type de traitement est généralement réalisé : un
traitement médical couplé à un traitement kinésithérapique « classique » de
traitement des symptômes. En effet, les rééducations entreprises en kinésithérapie restent des
traitements périphériques ne tenant pas compte des désordres corticaux
engendrés par la pathologie. Elles sont en général de longue durée et les
résultats cliniques ne donnent pas entière satisfaction. Ce mémoire a pour objectifs la mise en évidence des répercussions de la
pathologie au niveau cortical et d’interpeller les rééducateurs à la place
éventuelle de ce nouveau type de traitement dans le cas de CRPSI. I. Répercussions de la
pathologie au niveau central. -L’origine de la douleur pathologique des CRPSI serait centrale. En
effet, la cause primaire de la douleur
des CRPSI pourrait
résider au sein du système de contrôle moteur, dont le rôle est de gérer le
rapport entre les commandes motrices et le feedback sensoriel (visuel et
proprioceptif) : une activité accrue au niveau du cortex pré-frontal
dorsolatéral droit (zone nommée CIG) lors d’une incongruence entre 4
composantes (l’intention motrice, le mouvement effectué,le feedback visuel,
le feedback proprioceptif) a effectivement été démontrée. Ainsi, la douleur proviendrait et serait entretenue par cette
incongruence. -Les CRPSI possèdent une plasticité cérébrale maladaptive au niveau du
cortex somatosensoriel SI et SII controlatérale à la zone atteinte. En effet,
une réorganisation corticale (RC) est observée : un rétrécissement
correspondant à une fusion des cartes corticales de la zone concernée est
présent. De plus, cette RC est corrélée à la douleur et au déficit tactile
perceptuel. Ainsi, un retour à la normal de la carte corticale est accompagné
par une réduction parallèle de la douleur et de la perception tactile. De plus, le cortex moteur est également sujet à des changements. Le
cortex controlatéral à la lésion serait hyperexcitable. D’autres auteurs ont
également observé une plasticité adaptive de « compensation » au niveau du
cortex ipsilatéral à la lésion. Les CRPSI seraient également caractérisés par des dysynchiria et par des
sensations référées résultant de cette RC. Ainsi, la physiopathologie des CRPSI est corticale. Il serait donc plus
judicieux d’entreprendre des traitements à visée centrale contrairement aux
traitements classiques périphériques qui s’intéressent aux symptômes de la
pathologie. II. Traitement kinésithérapique novateur _ Le traitement novateur
de « Gymnastique corticale » nommé MIP par Moseley est composé de 3 étapes
successives d’une durée de 2 semaines chacune. Le programme de 6 semaines (5 jours sur 7) se déroule de
8H à 20H à raison de 10 minutes par heure d’éveil. Les 3 composantes du
traitement sont : 1- une tâche de reconnaissance de la latéralité : des photos à positions
variées sont présentées au patient (photos de mains gauche et droite
identiques, grâce à la photo de la main saine inversée par traitement informatique).
Il est alors amené à reconnaître la latéralité de la photo. On note
l’exactitude et le temps de la réponse. 2- l’imagination du mouvement : le sujet s’imagine
mouvoir sa main atteinte en imaginant adopter la position montrée sur la
photo (image positive de la main saine) et ensuite s’imagine le retour à la
position de départ (bras le long du corps avec coude à 90°) : l’accent n’est
pas porté sur la vitesse mais sur la performance. 3- la mirror therapy : elle consiste à adopter la
position de l’image (côté sain) avec les 2 mains lentement et sans à coup. Le
miroir est placé perpendiculairement au sujet entre les deux membres
supérieurs de manière à ce que la main pathologique soit cachée et que le
regard soit porté sur le reflet de la main saine (= main virtuelle). Au bout de six semaines des effets remarquables de diminution de la
douleur et de l’oedème et d’augmentation de la fonction motrice sont mesurés
comparativement au groupe contrôle suivant un traitement classique de
kinésithérapie. Le facteur primordial dans la réussite du MIP repose sur la chronologie
temporelle stricte de l’application de ce type de traitement : la
reconnaissance de la latéralité précédant l’imagerie mentale et suivie enfin
par la mirror therapy. En effet, -La reconnaissance de la latéralité n’implique pas de
commande de mouvement ni de feedback visuel : elle active le cortex
prémoteur. - L’imagination
du mouvement active les cortex prémoteur et moteur primaire (MI) à un niveau
infraliminaire (à la réalisation du mouvement) sans déclenchement de douleur.
(Il existe, en effet, des chevauchements des zones actives à la fois lors de
l’exécution, et lors de l’imagerie motrice). - La « thérapie par le miroir » active le cortex moteur primaire et
réconcilie le feedback sensoriel et les efférences motrices sans déclencher
un feedback efférent de douleur. Le MIP peut être complété par un protocole de discrimination tactile. Ce
dernier a comme objectif le remaniement de la carte corticale sensorielle
controlatérale au membre atteint. Il permet ainsi la diminution de la douleur
et le rétablissement parallèle du déficit perceptuel. Conclusion La gymnastique corticale et les taches de discrimination tactile
permettent une participation active du patient dans son traitement et surtout
elles s’intéressent aux dysfonctionnements de la pathologie et non
directement, comme les traitements conventionnels, aux déficits périphériques
quantifiés. De plus, ces techniques sont accessibles à tous les
kinésithérapeutes. Alors que les CRPSI peuvent être résolues spontanément par une
gymnastique corticale couplée à la discrimination tactile, nous sommes
toujours ignorants des manoeuvres thérapeutiques ou des effets des drogues
susceptibles de réaliser un tel effet analgésique presque immédiat. Alors
pourquoi ne pas tenter cette nouvelle génération de traitements
kinésithérapiques qui donnent des résultats aussi concluants ? Cette nouvelle
approche kinésithérapique fournit une autre vision du CRPSI qui mérite d’être
expérimentée. RESUME Actuellement les techniques classiques kinésithérapiques du syndrome
douloureux régional complexe de type I, plus connu sous le nom
d’algodystrophie, visent la composante périphérique de la pathologie.
Pourtant, il est clairement démontré que la physiopathologie des CRPSI
possède des dysfonctionnements corticaux. La gymnastique corticale à visée centrale permettrait ainsi un traitement
rapide curatif et actif de ce type de patients. Ce travail de fin d’étude a pour but d’exposer les répercussions de ce
syndrome au niveau cortical et de présenter la prise en charge
kinésithérapique par ce nouveau traitement remédiant à ce désordre cortical. |