UNIVERSITE de LIEGE

Année académique 2007-2008

 

 

Implication de la MMP-12 (Métalloélastase) dans le remodelage bronchique

 

 

Auteur : Carine Christelbach

Promoteur : Didier Cataldo

Mémoire de Master en kinésithérapie et réadaptation, année académique 2007-2008, Université de Liège

 

Objectifs

Au cours de cette étude, nous avons exploré le rôle éventuel joué par la MMP-12 dans un modèle murin d’asthme allergique et comparé les réponses obtenues par des souris déficientes pour la MMP-12 et des souris de même souche sauvages.

 

Matériel et méthodes

Lors de ce travail, nous avons utilisé des souris homozygotes déficientes en MMP-12 (Knockt-Out) et leurs homologues sauvages (Wild Type). Les souris sont sensibilisées aux jours 0 et 11 par une injection intrapéritonéale d’ovalbumine (OVA). Dix jours après la seconde sensibilisation, les souris sont exposées par inhalation à l’allergène (OVA) pendant 30 minutes par jour, 5 jours par semaine, une semaine sur deux, jusqu’au 90ème jour. Les souris (WT et KO) exposées à l’inhalation de PBS sont utilisées dans cette étude comme contrôles. Deux autres groupes de souris, 1 WT et 1 KO, inhalent une solution d’ovalbumine.

Nous obtenons donc 4 groupes distincts de souris :

1.     Les souris Wild-Type exposées à l’inhalation de PBS (WT PBS) (n=4),

2.     Les souris Wild-Type exposées à l’inhalation d’ovalbumine (WT OVA) (n=6),

3.     Les souris Knockt-Out exposées à l’inhalation de PBS (KO PBS) (n=4),

4.     Les souris Knockt-Out exposées à l’inhalation d’ovalbumine (KO OVA) (n=4).

 

Résultats

Nos principaux résultats montrent que les souris MMP-12 Knock-Out présentent une inflammation à éosinophiles significativement moindre au niveau du lavage bronchoalvéolaire et des tissus péribronchiques. Les scores histologiques, permettant de quantifier l’inflammation péribronchique de manière globale, étaient également diminués chez les souris MMP-12 Knock-Out. En ce qui concerne le LBA, les éosinophiles mis à part, les différentes cellules inflammatoires étaient présentes en quantités similaires. Le nombre de mastocytes détecté dans les lames de section de poumons des souris MMP-12 Knock-Out était en quantités diminuées. Certaines caractéristiques du remodelage bronchique sont modulées en l’absence de MMP-12 ; ainsi, la quantité de muscles lisses bronchiques est significativement moindre dans les parois bronchiques des souris MMP-12 Knock-Out. Afin d’étudier les mécanismes qui sous-tendent ces différences, nous avons effectué diverses mesures. Les taux sériques d’IgE spécifiques de l’ovalbumine augmentent dans chaque groupe de souris exposé à l’allergène sans qu’il n’y ait de différence significative entre les souris Knock-Out et Wild-Type. Les taux de certaines cytokines-clés (IL-4, IL-5, IL-13 et CCL-11) ont été mesurés dans le LBA et dans les extraits de protéines pulmonaires. Nous avons constaté que les taux de ces diverses cytokines varient relativement peu dans le lavage bronchoalvéolaire mais montrent certaines différences dans les extraits de protéines pulmonaires. Ainsi, les taux d’IL-4, IL-5, IL-13 et de CCL-11 sont augmentés après exposition à l’allergène chez les souris Knock-Out et Wild-Type.

 

Conclusion

En conclusion, la MMP-12 joue un rôle dans le développement d’une inflammation à éosinophiles par des mécanismes qui restent à élucider formellement. Par contre, la MMP-12 ne semble pas jouer de rôle significatif dans l’établissement du remodelage et de l’hyperréactivité  bronchique.