UNIVERSITE de LIEGE

Année académique 2007-2008

 

 

METHODOLOGIE DE L’EVALUATION ISOCINETIQUE DE LA RESISTANCE A LA FATIGUE DES MUSCLES ROTATEURS D’EPAULE.

 

Auteur : SOUBEYRAND Gaël.

Promoteurs : Dr.B. FORTHOMME et Prof. J.L. CROISIER.

 

Mémoire du Master en Kinésithérapie et Réadaptation, année académique 2007-2008, Université de Liège.

 

OBJECTIFS :

 

Ce mémoire défini un protocole isocinétique standardisé de résistance à la fatigue applicable aux rotateurs d’épaule. L’évaluation de la reproductibilité des paramètres mesurés, l’établissement de valeurs de référence et l’analyse de l’influence éventuelle de la dominance, du genre, du type de rotation et de la position de l’épaule constituent les autres axes de travail de cette étude.

 

MATERIEL ET METHODES :

 

La population expérimentale ayant pris part à l’étude est  composée de 40 sujets féminins et masculins, sédentaires et sains au niveau des épaules. Apres un échauffement standardisé et une période de familiarisation, les sujets sont testés sur dynamomètre isocinétique de la marque BIODEX. Les épreuves de résistance à la fatigue comportaient 30 répétitions en RI/RE à une vitesse de 180°/s pour chaque épaule. Deux installations des sujets sont explorées : Décubitus dorsal, bras à 90 ou 45° d’abduction, coude fléchi.

Différents paramètres tels que le Wmax, le Wtotal, des index de fatigue et des ratios sont alors calculés.

 

RESULTATS :

 

Pour les filles et les garçons, les paramètres Wmax et Wtot sont reproductibles. Par contre, seul l’index M3D/Wmax est reproductible pour les deux sexes, c’est donc celui-ci que nous sélectionnons parmi les trois proposés.

 

Les paramètres Wtot, Wmax et l’index de fatigue M3D/Wmax étant valides nous avons proposé des valeurs de référence pour les rotateurs internes et externes d’épaule des bras dominant et non dominant, dans les deux positions de test pour cette population. Cette collecte de données constitue l’originalité essentielle de cette étude.

 

Il existe une influence de la dominance chez les garçons pour les RE à 45° et chez les filles pour les RE à 90° et 45°, sur les paramètres Wmax et Wtot. Cette influence se retrouve aussi chez les filles pour les RE à 45°, pour l’index M3D/Wmax. Ces différences sont observées en faveur du bras dominant. Pour le RI, il n’y a pas d’influence de la dominance sur les résultats.

 

Nous observons une influence du genre sur les paramètres Wmax et Wtot pour les RI et les RE et dans les deux positions du test en faveur des garçons.

 

Nous constatons une influence du type de rotation en faveur des RI, sur les paramètres Wmax, Wtot, chez les filles et les garçons, dans les deux positions de test mais aussi, chez les garçons à 90° pour l’index M3D/Wmax. .

 

La position influence le Wmax et le Wtot des RE, chez les filles et le Wmax et l’index M3D/Wmax chez les garçons. C’est dans la position 90° que les valeurs les plus importantes sont observées.

 

Enfin, nous avons exploré des ratios originaux (REmax/RImax et M3D RE/M3D RI), afin d’observer l’évolution entre le début et la fin du test du rapport agonistes/antagonistes. L’analyse des résultats, nous permet d’affirmer que les muscles RI et RE ne fatiguent pas de façon identique au cours du test chez les garçons, dans la position 90° pour le BND et le BD et chez les filles dans la position 45° pour le BND, où l’on constate que les RE fatiguent plus que les RI.

 

CONCLUSION :

 

Cette étude a permis d’établir un protocole standardisé d’évaluation de la résistance à la fatigue des rotateurs d’épaule et de proposer des valeurs de référence pour une population précise. Il nous semble dès lors intéressant de continuer à l’explorer pour d’autres types de populations, sportives, d’âges plus importants et pathologiques notamment, afin de pouvoir élargir son champ d’exploitation.  L’établissement de valeurs dites « normales » par le calcul de limites sur base de ce travail, constitue une prochaine étape essentielle pour l’utilisation clinique de ce genre de protocole.