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UNIVERSITE
de LIEGE Année
académique 2007-2008 Les stimulations
électriques excito-motrices sont-elles susceptibles d’induire des
microlésions musculaires ? Auteurs : Mylène Triffaux Promoteurs : M. Vanderthommen & JL Croisier Mémoire du master en kinésithérapie et réadaptation, année académique 2007-2008, Université de Liège. Objectifs Les courants excito-moteurs sont utilisés en pratique thérapeutique et dans le milieu sportif en tant que technique de musculation. Lors d’une électrostimulation neuromusculaire appliquée de manière adéquate en termes de positionnement d’électrodes et de paramètres de stimulation, il est possible d’atteindre, chez un sujet motivé, des intensités de contractions comprises entre 50 et 90% de la force volontaire maximale. Actuellement, aucune étude n’a clairement démontré l’apparition de DOMS « Delayed Onset Muscle Soreness » à la suite d’une électrostimulation neuromusculaire ni précisé les effets secondaires, potentiellement délétères des courants excito-moteurs. Ce mémoire a pour objectif de déterminer si les stimulations électriques excito-motrices sont susceptibles d’induire des microlésions musculaires. Matériels et méthodes Le groupe expérimental se compose de 20 sujets masculins, âgés de 18 à 30 ans, droitiers, sédentaires ou sportifs de loisirs (pratiquant moins de trois heures de sport par semaine). Ces sujets ne présentent aucune lésion des membres inférieurs et sont vierges de toute électrostimulation neuromusculaire antérieure. Ces 20 sujets sont répartis de manière aléatoire en 2 groupes : un groupe "électrostimulé" (n = 10) et un groupe "témoin" (n = 10). Ce groupe réalise l’ensemble des tests mais ne subit pas l’épreuve de provocation d’électrostimulation. L’épreuve de provocation consiste en une séance d’électrostimulation musculaire de la cuisse droite (quadriceps et ischios-jambiers) à intensité maximale tolérable par le sujet. Quatre tests sont destinés à évaluer des paramètres physiologiques et biochimiques corrélés avec l’apparition des microlésions musculaires : la douleur, la raideur, la perte de force et la libération d’enzymes musculaires dans le sang. Ces tests sont effectués avant et après l’épreuve de provocation selon le protocole suivant :
Résultats L’intensité globale moyenne de stimulation du quadriceps est de 62 ± 22 mA pour le quadriceps et de 59 ± 20 mA pour les ischios-jambiers. Cette intensité de contraction entraîne le développement d’un moment de force évoqué électriquement correspondant en moyenne à 29 ± 12 % pour le quadriceps et à 16 ± 10 % pour les ischios-jambiers. Les jours suivants l’électrostimulation, nous constatons : Un retentissement algique modéré à J+1 (2,7/10) et J+2 (3,5/10), plus important pour les ischios-jambiers. Une altération de la fonction articulaire caractérisée par une perte d’amplitude lors de la mise en tension du quadriceps et des ischios-jambiers. Ce déficit est maximum à J+2 et également plus marqué pour les ischios-jambiers. Une dégradation musculaire objectivée par une augmentation de l’activité sérique des CPK : plus de 20 fois sa valeur basale à J+2. Conclusion Nous pouvons affirmer qu’une première séance d’électrostimulation réalisée, comme le préconise la littérature, à intensité maximale, provoque des DOMS, et ce malgré le développement d’un pourcentage de force sous-maximal (19-31% FIMV). Les altérations engendrées se caractérisent essentiellement par des phénomènes algiques et une raideur musculaire. La fonction musculaire contractile semble moins touchée. Ce retentissement algo-fonctionnel n’est pas corrélé à l’intensité de stimulation mais il varie selon les caractéristiques propres à chaque individu. Ce résultat original suggère la vigilance au cours d’une rééducation ou dans la préparation physique d’un sportif : une séance d’électrostimulation réalisée dans des conditions optimales d’efficacité, peut provoquer des douleurs et engendrer des répercussions fonctionnelles significatives. |