INNOVATIONS TECHNOLOGIQUES ET HANDICAP

Coordination : Frédéric Lofaso, Jean-François Ravaud, Agnès Roby-Brami.

Actes des 17e Entretiens de l’Institut Garches

Broché, 16 x 24 cm, 284 p, Editions Frison-Roche, Paris, 2004, 49 EUR, ISBN2-87671-461-2

 

Pour faire le point sur les innovations technologiques actuelles et les nouvelles orientations de la recherche qui pourront bénéficier de ces avancées, cet ouvrage traite de l’apport direct des nouvelles technologies pour la personne handicapée, mais aussi pour les professionnels de la rééducation.

 

La première partie « Nouvelles technologies, moyens de compensation et suppléance » aborde l’analyse des besoins en aides techniques des personnes handicapées ; elle présente l’apport des nouvelles technologies dans deux grands domaines que sont les aides à la mobilité et à la communication et souligne les perspectives de mettre plus rapidement et directement les innovations technologiques au service des utilisateurs.

 

Une seconde partie « Nouvelles technologies et rééducation » présente les techniques innovantes de mesure des incapacités fonctionnelles et celles améliorant les méthodes d’intervention en rééducation. Elle traite également de l’apport des technologies de l’information et du traitement des signaux biologiques pour la commande et le rétrocontrôle d’une part, et pour l’apprentissage et le biofeedback d’autre part

 


 

 

Ce livre reprend les communications présentées en 2004 aux 17èmes entretiens de Garches par des équipes provenant d’excellents centres de recherche français et américains sur des sujets parfois très différents.

En Europe, environ 50 millions de personnes handicapées sont susceptibles de bénéficier des nouvelles technologies pour améliorer leur qualité de vie en terme d’activités journalières, de communication et de déplacement pour une meilleure intégration dans la société.

Des progrès d’insertion peuvent être réalisés d’une part par une meilleure accessibilité à la société grâce à une conception adéquate de l’environnement et d’autre part par des compensations individuelles des incapacités.

Le développement de la recherche suscite un espoir légitime de la population handicapée et en même temps la crainte que l’inégalité devant l’accession aux technologies de l’information et de la communication n’accentue les situations de handicap vis-à-vis des valides.

Pour aider les personnes en situation de handicap à choisir le(s) moyen(s) de compensation de leurs incapacités les plus pertinents et pour faciliter et accroître leur financement, des sites ou dispositifs fonctionnent en France dans chaque département, soutenus financièrement par l’Etat. Leurs prestations sont ouvertes à tous les types de déficiences et comportent une évaluation pluridisciplinaire.

L’ergonomie évalue l’environnement de la personne handicapée et propose des solutions techniques pour que l’impact des déficiences soit minimisé tant au travail qu’à domicile ou dans les lieux publics.

Après trois chapitres consacrés à l’analyse des besoins en aides techniques des personnes handicapées, le livre aborde des aspects plus précis d’innovations technologiques pour l’aide à la mobilité (nouveaux systèmes de commande pour fauteuil roulant électrique (FRE) pour en faciliter le pilotage, aide à la navigation en FRE avec évitement d’obstacles et atteinte de cibles choisies par le pilote, adaptation des systèmes d’aide aux particularités des patients) et l’aide à la préhension ( augmentation des performances des effecteurs et des capteurs des prothèses de membre supérieur).

Un chapitre est consacré aux innovations technologiques dans le domaine de la communication verbale et non-verbale avec présentation de logiciels adaptés à des handicaps temporaires ou définitifs empêchant une communication orale ou écrite mais préservant les capacités cognitives.

Trois exemples d’apport des nouvelles technologies dans la mesure des incapacités sont présentés : la modélisation des différentes variables qui interviennent dans une prise de décision ( aide au choix de la meilleure attitude thérapeutique pour une scoliose), l’évaluation de la locomotion chez des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde et l’évaluation de la préhension du patient tétraplégique.

Des techniques innovantes de rééducation sont présentées dans différents domaines :

-         chez l’hémiplégique, la rééducation assistée par robots montre des bénéfices significatifs tant à la phase aiguë qu’à la phase chronique notamment pour la récupération fonctionnelle du membre supérieur,

-         chez les patients héminégligents, la rééducation par adaptation prismatique est capable, par la mise en jeu de représentations sensori-motrices, d’influencer des représentations cognitives ayant trait à la représentation mentale de l’espace,

-         pour la rééducation de la main du patient hémiplégique, des exercices en réalité virtuelle par informatique avec feedback des mouvements permettent d’obtenir des résultats intéressants en terme de récupération par stimulation de la plasticité cérébrale,

-         chez les cérébrolésés et chez les blessés médullaires, les techniques de reproduction du schéma de marche avec ou sans support partiel du poids du corps sont utilisées avec des résultats prometteurs,

-         pour l’incontinence urinaire, la neurostimulation transcutanée du nerf tibial postérieur sajoute à l’arsenal thérapeutique,

-         pour l’insuffisance respiratoire, les nouvelles technologies permettent un ajustement plus précis de l’assistance ventilatoire mécanique aux besoins du patient,

-         les troubles de l’équilibre et de la posture sont améliorés par des techniques de pointe qui fournissent au patient, par stimulation cutanée, des informations en provenance de deux accéléromètres miniaturisés.

 

Ce recueil de travaux de recherche technologique de pointe devrait constituer un formidable encouragement pour les cliniciens et les patients handicapés qui pourront bientôt bénéficier des progrès liés à ces innovations technologiques.

 

 

Prof. Ph. Hanson

Service de Médecine Physique et Réadaptation

Clin. Univ. UCL Mont-Godinne

B 5530  Yvoir

Belgique